[DOSSIER] Au Mont-Dore, ils en ont fait leur cheval de bataille

Agir pour le bien-être animal est une des priorités de la commune. Particulièrement touchée par les chiens errants, elle intervient sur plusieurs fronts pour tenter d’enrayer le problème.

Ils traînent la journée, la nuit. À chacun de leur passage, ils émeuvent, effraient ou réveillent tous les habitants du quartier. Les chiens et les chats errants sont un vrai problème sur la commune du Mont-Dore. C’est d’ailleurs le sujet de prédilection (et d’exaspération) durant les conseils de quartier. « Il y a des plaintes pour nuisances sonores provoquées par ces animaux. Il y a aussi parfois des attaques. C’est rare mais ça arrive », indique Élodie Ferrali, adjointe au maire en charge de la cause animale.

Des problèmes de sécurité et de nuisance qui durent chez les Mondoriens. « On a du mal à lutter contre cette surpopulation. Les gens n’ont pas forcément conscience de la portée de laisser leur animal sans le stériliser, sans l’identifier », ajoute-t-elle. La commune a donc relancé dernièrement sa quatrième campagne de stérilisation avec la Société protectrice des animaux de Nouvelle-Calédonie (Spanc).

Les habitants à faible revenu et n’ayant pas les moyens de financer l’opération peuvent s’inscrire auprès de l’association pour en bénéficier. « On aide la Spanc à hauteur de 500 000 francs par an par le biais d’une convention. Avant, on ciblait par quartier. On avait fait Saint-Michel, Yahoué, La Coulée. En général, on a entre 30 et 40 chiennes stérilisées par an. »

Des actions positives en faveur des animaux

La ville du Mont-Dore a mis en place plusieurs projets qui participent au développement du bien-être animal. D’ici deux mois, les propriétaires de chien devraient pouvoir profiter du caniparc sur la promenade Robinson-Boulari. Un endroit idéal pour nos compagnons à quatre pattes et leur maître qui pourront tisser des liens et participer à différentes actions organisées dans cet espace.

Le 5 novembre, c’est aussi le retour de la Fête des animaux, de 8 h à 12 h 30, au stade de Boulari. L’Apanc sera présente pour récolter des dons, toujours pour la stérilisation. « Ce sera un événement festif pour informer les plus jeunes sur les bons comportements à adopter avec son animal, les bons réflexes à avoir », indique Élodie Ferrali. « Le but, c’est de célébrer l’animal et de sensibiliser les gens. Il y aura des chiens à l’adoption », annonce Virginie Sala.

Un défilé de chiens, qui ont été recueillis dans un état catastrophique (photo à l’appui), est au programme de cette matinée.

UN ARRÊTÉ EN COURS DE PRÉPARATION

Les efforts ne s’arrêtent pas là. La commune travaille sur un arrêté depuis plusieurs mois en faveur du bien-être animal, de leur identification et de la régulation de ceux en divagation. « C’est en cours de traitement. Il va nous permettre de quantifier la population sur la commune en identifiant les animaux », déclare Élodie Ferrali.

Il permettra aussi de veiller à leur sécurité et, surtout, de responsabiliser les propriétaires. « Notre rôle, c’est vraiment d’axer sur la prévention et la sensibilisation ». Il y a ceux qui ne savent pas que leur chien est parti à la fourrière et qui s’en rendent compte souvent trop tard. Et ceux qui sont contraints de l’abandonner, faute de pouvoir payer leur sortie. « Ils ne sont pas forcément au fait du fonctionnement. Il y a un manque de connaissance. »

MOINS DE CAPTURE SYSTÉMATIQUE

Sur ce constat, la fourrière a changé son mode opératoire depuis quelques mois. « On est plus sur la capture systématique. Ils vont essayer de chercher le propriétaire immédiatement. Ils leur remettent l’animal en leur faisant payer une amende et en les sensibilisant », précise Élodie Ferrali. Seuls les chiens qui n’ont pas retrouvé leur maître partent à la fourrière.

Une nouvelle méthode appréciée des associations qui réclament un autre mode de capture depuis des années. « Ils passent aux heures où les gens sont chez eux. Pour la première opération, sur 19 chiens de capturés, il n’y en a que trois qui sont allés à la fourrière. Les autres ont été rendus à leur propriétaire. C’est absolument ça qu’il faudrait faire partout, insiste Virginie Sala, porte-parole de l’Apanc et présidente d’Animal action.  Ce que tente le Mont-Dore, c’est pédagogique. Les gens sont mis face à leurs responsabilités. »

La commune incite tous les habitants à se sentir concernés en déclarant les animaux errants ou les cas de maltraitance. Pour Élodie Ferrali, c’est clair : « Il ne faut pas se dire que ce n’est pas son problème, car, au final, c’est le problème de tout le monde ».

Photo : La commune du Mont-Dore travaille en collaboration avec les associations animales et notamment la Spanc. / E.B.

Edwige Blanchon

La fourrière du Grand Nouméa constate une « nette progression d’animaux errants »

Les animaux trouvés sur la voie publique dans l’agglomération sont récupérés par la fourrière, gérée par le Syndicat intercommunal du Grand Nouméa (SIGN). Ils sont ramassés par les onze gardes champêtres qui interviennent sur demande ou sur constatation dans les quatre communes. Toutes, « sans exception », sont concernées par la divagation.

Chaque semaine, en moyenne, ce sont 15 animaux qui sont capturés à Nouméa, 10 au Mont-Dore et à Païta contre 6 à Dumbéa. Avec une capacité de 75 places pour les chiens et de 20 pour les chats, le chenil arrive vite à saturation. « Depuis 2018, on a une nette progression d’animaux errants. On atteint désormais plus de 1 000 animaux à l’année », révèle Sonia Nagopae, gestionnaire de la fourrière intercommunale.

En 2021, 1 030 animaux ont été admis en fourrière. Lorsque les animaux sont identifiables (puce électronique, collier, tatouage), les propriétaires sont avisés par téléphone que leur animal a été capturé et de la démarche à effectuer pour le récupérer. « D’autres se présentent spontanément à la fourrière. Le taux de restitution est en nette augmentation depuis les trois dernières années », précise la gestionnaire.

Une démarche qui a tout de même un coût pour les maîtres. En plus de l’amende de 3 000 francs pour divagation, ils doivent payer les frais de capture (4 500 F/animal) et de garde (3 500 F/jour). À cela, peuvent s’ajouter des frais d’identification (2 000 F) ou encore de récidive pour les animaux capturés et placés en fourrière (3 500 F/ animal).

En cas de non restitution, les animaux sont soit adoptés, soit euthanasiés au bout de huit jours. « Tous les animaux admis sont vus une fois par semaine par un vétérinaire et sont proposés à l’adoption avant l’euthanasie qui intervient en dernier recours. » La fourrière est conventionnée avec les associations œuvrant pour la protection des animaux (Spanc, Apanc et le Ranc). Ce sont elles qui font ensuite le nécessaire pour leur offrir de meilleures conditions de vie

 

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