[DOSSIER] Le miel de Lifou, un avant-goût du paradis

La plus grande des îles Loyauté est une référence en matière de miel. Récompensé à de multiples reprises pour sa qualité, le miel de Lifou se différencie grâce à la biodiversité unique que l’on trouve sur place. La végétation endémique fait de lui un miel d’exception.

Il a ce je ne sais quoi que d’autres n’ont pas et qui met tout ceux qui le goûtent dans un drôle d’état. Connu et reconnu, le miel de Lifou est le produit phare que tout le monde s’arrache. Il séduit tous les palais qui ont le bonheur de croiser son chemin.

À la fois gouteux, fruité, parfois clair, parfois brun. « Le miel de Lifou ressort parmi les plus appréciés statistiquement. Ses arômes sont associés naturellement à des choses agréables », souligne Emmanuel Récamier, membre du jury du Concours des miels de Nouvelle-Calédonie.

Quel est donc le secret d’un tel succès ? Il suffit de regarder dans le hublot le paysage qui défile lorsque l’on survole l’île. De la forêt à perte de vue. Presque impossible d’apercevoir les tribus. Et c’est cette nature encore sauvage, cette biodiversité exceptionnelle, qui fait de l’île de Lifou le paradis des abeilles.

Un élixir multirécompensé

« Nous avons une flore endémique, les abeilles produisent un miel doux qui est très convoité », affirme Paul Neköeng. Elles butinent les fleurs de cerisiers bleus, d’avocat ou de letchi. Une végétation qui fait toute la différence. Que ce soit au Concours de miel local ou au Salon de l’agriculture de Paris, les apiculteurs de l’île reviennent toujours décorés depuis quelques années.

Les dernières distinctions en or ont convaincu Paul Neköeng et son cousin Philippe Xuma d’ouvrir la Case du miel, en 2019. Objectifs : valoriser la profession et rendre la filière apicole économiquement viable. « On centralise la production et ensuite on commercialise. On achète le miel aux apiculteurs et quand on le revend, 50 à 60 % revient au producteur. On a créé ce système sur le principe gagnant-gagnant », explique Paul Neköeng, qui s’occupe de l’aspect commercialisation.

Entre 2011 et 2019, le nombre d’apiculteurs a progressé́ dans les trois provinces et surtout dans la province des Îles qui enregistre + 522 %, selon la dernière enquête apicole de 2019

Actuellement, elle regroupe une quarantaine d’apiculteurs qui produisent 16 tonnes par an. La Case du miel a son propre rucher et a encore reçu des médailles pour son élixir le mois dernier. « Le miel de Lifou c’est le meilleur », assure Philippe Xuma, qui plaisante à moitié.

À la Case, il est chargé de la partie production. Il récolte, extrait et conditionne du miel de l’entreprise mais aussi celui des apiculteurs du réseau. Technicien apicole au service des Loyauté depuis de nombreuses années, Philippe Xuma apporte ses conseils et son expérience auprès des habitants. « En dix ans, l’activité s’est bien développée », remarque-t-il.

Une clientèle bien ciblée

Plus nombreux, les apiculteurs de Drehu se démènent pour séduire leur principale clientèle : les Nouméens. Une toute petite partie de la production seulement franchit les frontières. « On est membre du cluster NCT&I. On envoyait déjà quelques pots dans les grands hôtels de Paris. Ça s’est arrêté avec la crise sanitaire, mais on relance la machine doucement », précise Paul Neköeng.

Pas question pour autant de trouver ce mets d’exception à chaque coin de rue. Les gérants de la Case du Miel veulent garder une stratégie de niche. « Le plus gros est vendu dans les épiceries fines », indique Philippe Xuma. Les Parisiens qui veulent se régaler en trouveront seulement dans quelques boutiques. Une clientèle bien spécifique pour un produit de haute qualité, qui mérite de se faire désirer.

Edwige Blanchon

Photo : Le miel de Lifou est reconnu à l’international et médaillé, chaque année, au Salon international de l’agriculture de Paris depuis 2017. / Case du Miel

 

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