Vivre avec le risque requin

Une équipe du Centre de ressources et d’appui pour la réduction du risque requin de La Réunion et deux chercheurs australiens sont actuellement en Nouvelle-Calédonie afin de réaliser une série de tests sur les équipements individuels permettant de repousser les requins. L’idée est de déterminer scientifiquement l’efficacité de ces dispositifs.

Les requins n’ont pas disparu des baies nouméennes. L’abattage d’une vingtaine de squales n’aura finalement pas changé grand-chose. Les alertes ayant conduit à des évacuations ces dernières semaines en sont le signe. De la même façon, les requins- bouledogues sont toujours présents au niveau du quai des pêcheurs. Si cette présence fait peur aux Calédoniens, les experts du Centre de ressources et d’appui pour la réduction du risque requin de La Réunion (CRA) y ont vu une opportunité.

Très en avance sur la Nouvelle-Calédonie, La Réunion a mis en place un certain nombre de dispositifs anti-requins grâce au CRA qui mène également des études pour mieux connaître les squales et leurs habitudes. Dans ce cadre, le centre a lancé un programme d’expérimentation des protections individuelles face au risque requin. En d’autres termes, il s’agit d’équipements qui se présentent sous forme de bracelets à mettre autour de la cheville ou du poignet ou encore d’électrodes à fixer sur une planche. L’expérimentation prévoit également de tester un appareil collectif pour protéger des bateaux. Ces différents équipements fonctionnent tous sur le même principe. Ils produisent un champ électromagnétique auquel les requins sont particulièrement sensibles. Ils ne présentent toutefois aucun risque pour l’animal et encore moins pour l’homme.

Tester l’efficacité des appareils

Après deux phases d’état des lieux des connaissances et de tests en bassin, l’idée est d’essayer ces appareils en mer. Plusieurs tentatives se sont révélées infructueuses en raison de difficultés d’accès aux requins. Ayant pris connaissance de la situation en Nouvelle- Calédonie, le CRA a pris contact avec les autorités locales afin de venir faire les tests à Nouméa. Outre le fait que ce soit également des requins- bouledogues qui posent essentiellement problème, ces derniers sont plus facilement accessibles en Calédonie. Les tests visent spécifiquement à mesurer l’efficacité sur le requin-bouledogue, des expérimentations similaires ont été réalisées par des chercheurs australiens sur le requin blanc.

Deux des chercheurs ayant participé à ces tests seront présents aux côtés des experts réunionnais tout au long du mois. Tout l’enjeu est de pouvoir proposer à la population une expertise scientifique sur l’efficacité de ce type de dispositif et de la hiérarchiser. Pour ce faire, les scientifiques ont besoin d’un grand nombre d’observations. Très concrètement, les requins sont attirés avec un appât identique et chaque appareil est testé pendant quinze minutes. Toutes les interactions sont filmées en trois dimensions permettant de mesurer le plus finement possible la distance à laquelle le dispositif fonctionne.

La mission doit se terminer le 28 septembre, mais les résultats ne sont pas attendus avant la fin de l’année. Une publication scientifique est également prévue courant 2020. Ces travaux, qui représentent un coût de l’ordre de 3 millions de francs, uniquement pour la troisième phase, devraient constituer une aide précieuse pour les baigneurs et autres amateurs de glisse. Ils sont d’autant plus intéressants qu’ils vont également permettre de tester un dispositif de répulsion collectif pour les bateaux. Des systèmes qui, potentiellement, pourrait être utilisés pour sécuriser des plans d’eau plus vastes.

M.D.

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