Une saison cyclonique sous le signe de La Niña

À quoi s’attendre pour la saison cyclonique 2021-2022 ? Le fait qu’elle soit placée sous le signe de La Niña, comme l’an passé, et non pas de El Niño, ne change pas grand-chose, annoncent les prévisionnistes de Météo France, qui ont fait le point jeudi matin sur la saison à venir. Un chiffre est à retenir : il y a 60 % de chance de voir se développer un phénomène cyclonique pendant la saison.

Cette année voit le retour de La Niña, comme l’an dernier. Quelles conséquences cela a-t-il sur la saison cyclonique ? « On s’est basé sur quarante ans de données, et on remarque qu’il n’y a pas trop de différence entre une saison La Niña ou El Niño », introduit Alexandre Pelletier, responsable du département climat à Météo France.

La seule différence se situe au niveau de leur zone de formation. Avec La Niña, l’activité cyclonique se trouve surtout sur la moitié Ouest du Pacifique Sud. Avec El Niño, l’activité concerne tout le bassin jusqu’à la Polynésie. « Cette alternance explique essentiellement le lieu de provenance des phénomènes et leur trajectoire. Chez nous, en Nouvelle-Calédonie, cela ne change pas grand-chose, poursuit Alexandre Pelletier, qui rappelle que le territoire se trouve à proximité de la zone de plus forte densité des phénomènes cycloniques. »

La donnée à retenir est qu’il y a 6 chances sur 10 (soit 60 %) d’avoir au moins un phénomène de formation cyclonique qui passe à moins de 75 km des côtes du Caillou pendant la saison. Peu importe que ce soit La Niña ou El Niño, « chaque année il faut se préparer à l’arrivée d’un phénomène ». À noter que les mois qui connaissent l’activité cyclonique la plus intense sont ceux de février et mars.

Lors de la dernière saison 2020-2021, Météo France a relevé 7 phénomènes qui se sont produits dans la région, dont deux ont concerné la Nouvelle-Calédonie. Lucas début février (qui a notamment provoqué des glissements de terrain et des inondations) et Niran en mars. « C’est moins que la moyenne habituelle observée qui est de 9 phénomènes, précise Alexandre Pelletier. Mais ils ont eu un fort retentissement sur la population de par leurs conséquences. »

 


Les consignes à suivre

Le lieutenant Doriane Brehé de la sécurité civile a rappelé les bons gestes à avoir afin de se préparer à la saison cyclonique.

Le lieutenant Doriane Brehé de la sécurité civile a insisté sur le fait que chaque administré devait se préparer à la saison cyclonique dès le mois de novembre en procédant à l’entretien des abords de son habitation (élagage, ramassage d’objets qui pourraient devenir des projectiles, vérifier que les gouttières et les caniveaux ne soient pas bouchés, etc.), disposer d’une trousse à pharmacie chez soi, d’une radio, d’une réserve d’eau potable, de piles, d’un moyen d’éclairage, etc.

Le lieutenant a également rappelé les quatre phases du dispositif Orsec déclenché en cas de phénomène cyclonique. La phase de préalerte signifie qu’un phénomène tropical est signalé. L’alerte 1 est déclenchée quand la dépression tropicale forte est prévue dans moins de 18 heures. Il faut alors cesser progressivement toutes les activités. « On oublie souvent, mais c’est très important de mettre les papiers importants comme les pièces d’identité et les carnets de santé hors d’atteinte des eaux », signale Doriane Brehé. L’alerte 2 correspond à l’arrivée du cyclone dans moins de 6 heures. Il est alors interdit de circuler, il faut rester confiné chez soi. Enfin, vient la phase de sauvegarde. « Ce moment n’est pas toujours compris par la population, mais il permet, après que le phénomène soit passé, aux services de la sécurité civile, de la commune, etc., de procéder à une évaluation des dégâts et à remettre en service les réseaux, dégager les axes routiers, etc. » Il faut éviter de se déplacer afin de ne pas les gêner.

 


Ruby, Seth, Cody…

Les phénomènes sont baptisés en fonction de l’endroit où ils se forment. Si c’est à l’ouest du 160e méridien, ils seront nommés par l’Australie et s’appelleront Ruby, Seth, Tiffany ou Vernon. Si c’est à l’est, ils le seront par Fidji et auront comme nom Cody, Dovi, Eva, Fili ou Gina.

 

Anne-Claire Pophillat (© A.-C.P. et Météo France)

 

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