Justice : l’aide aux victimes, un soutien essentiel

Le 21 février, pour la première fois, le ministère de la Justice relaie la Journée européenne d’aide aux victimes. Un moment pour parler de la place, si particulière, de la victime lors d’un procès au pénal.

« La victime n’est pas juste un témoignage ou une indemnité matérielle.» Voilà comment Fabienne Savreux résume une situation qui a évolué avec le temps. « Pendant des siècles, l’institution judiciaire a placé au cœur de son métier la décision juridique uniquement, explique la magistrate déléguée à l’accès au droit et à l’aide aux victimes du tribunal de Nouméa. Mais depuis une dizaine d’années, l’aide à la victime prend une place de plus en plus importante. »

En Nouvelle-Calédonie, cela fait depuis près de quatre ans que le tribunal participe à l’effort d’aide. « En 2016, le bureau d’aide aux victimes à ouvert au rez-de-chaussée du tribunal de grande instance, rappelle Fabienne Savreux. Les victimes peuvent y trouver des conseils juridiques, mais aussi un soutien psychologique. Il s’agit de cas comme des violences, des agressions sexuelles, des accidents de la route… que des cas jugés au pénal. » Un bureau tenu par l’Association pour l’accès au droit et l’aide aux victimes (Adavi), épaulée par SOS Violences sexuelles dans des cas bien précis. L’occasion pour les victimes d’être conseillées, mais aussi orientées vers les différents services (aide sociale, accueil de nuit…)

Alerte du parquet

Depuis, deux nouveaux outils ont fait leur apparition en Nouvelle-Calédonie. Le premier, c’est l’évaluation personnalisée des victimes (Evvi pour Evaluation of Victims), un programme européen qui est apparu, ici, fin 2018. Également géré par l’Adavi, l’Evvi permet un suivi par une psychologue pour les personnes en risque de survictimisation. « Un procès ne doit surtout pas enfoncer la victime encore plus, pose Justine Molinier, directrice de l’Adavi. L’Evvi permet un entretien d’une heure et demie pour établir les besoins. »

C’est le procureur ou le juge d’instruction qui alerte sur les risques possibles en saisissant l’association. « En général, ce sont des personnes qui sont isolées. Exclues géographiquement, économiquement ou socialement. Elles n’ont pas d’espace de parole. » Dans le cas de l’Evvi, c’est la psychologue qui se déplace partout en Nouvelle-Calédonie, avant une prise charge par l’Adavi dans son travail habituel de conseil et d’orientation.

Téléphone grave danger

La grande nouveauté cette année, c’est la mise en place du dispositif « téléphone grave danger », le TGD. « Quand il y a un risque de récidive important, que la victime ne vit plus avec son agresseur et qu’elle est d’accord, on lui fournit ce téléphone, explique Fabienne Savreux. Il y a un bouton d’urgence et en cas de besoin, la personne est directement localisée par les services de police et de gendarmerie si elle appuie dessus. » Pour l’instant, seuls trois TGD ont été distribués, mais l’outil doit être déployé plus largement.

Actuellement, toutes ces aides sont possibles surtout dans le Grand Nouméa. Mais « un bureau d’aide aux victimes doit ouvrir rapidement à Koné (il est prévu en mars prochain, NDLR), pose Fabienne Savreux. C’est important d’être au plus proche pour que les personnes n’aient pas besoin de venir jusqu’à Nouméa pour être aidées. »

L’objectif est d’accompagner au mieux la victime dans son chemin judiciaire. De l’enquête au procès et même au-delà, si besoin. « Il ne faut jamais oublier que tout cela est subi », conclut Fabienne Savreux.


Une journée pour sensibiliser

La Journée d’aide aux victimes va coïncider le 21 février avec la rentrée solennelle de la cour d’appel de Nouméa. Un moment choisi pour organiser des portes ouvertes au bureau d’aide aux victimes. « La cérémonie aura lieu le matin dans la grande salle à l’étage, détaille Fabienne Savreux, magistrate déléguée à l’accès au droit et à l’aide aux victimes. Le bureau d’aide aux victimes ouvrira ses portes à tous ensuite, à partir de 12 h 15 et jusqu’à 15 heures. » Un coup de projecteur pour l’Adavi. « Le public n’est pas tout le temps au courant de ce qui est proposé, explique Justine Molinier, la directrice de l’association. Cette journée sera l’occasion de mieux nous faire connaître. » Le moment pour tous de venir découvrir un service qui peut, potentiellement, concerner tout le monde.


Infos pratiques

Le bureau d’aide aux victimes de Nouméa se situe au rez-de-chaussée du tribunal de grande instance. Il possible de s’y rendre le matin de 7 h 30 à 11 h 30 les mardis, jeudis et vendredis. Le bureau ne s’occupe que des questions des victimes au pénal. Pour les questions liées au civil, l’association est disponible sur rendez-vous, à son siège du 33 avenue de la Victoire.

Tél. : 27 76 08.

A.B.

 

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