Un nouveau patron à la SLN

Colin McGibbon vient de reprendre les rênes de la SLN après le départ de Bernard Laflamme. Cet Écossais de 54 ans a pris le poste de directeur général et aura la lourde charge de finir la mise en œuvre du plan de sauvetage de l’usine.

Colin McGibbon était déjà venu en Nouvelle-Calédonie. C’est d’ailleurs de son propre aveu l’une des principales raisons qui l’ont poussé à venir relever le dé du sauvetage de la SLN. Mais en la matière, l’Écossais n’en est pas à son coup d’essai. À plusieurs reprises, il a dû restructurer des sites industriels ayant perdu leur compétitivité. Cela a notamment été le cas à Dunkerque, avec la société Aluminium Dunkerque. Mais outre sa connaissance du monde industriel, le directeur général connaît le nickel.

Tout de suite dans le bain, à l’occasion de sa première rencontre avec la presse calédonienne, Colin McGibbon a présenté le bilan 2019. Un bilan plutôt mauvais puisque les pertes s’élèvent à une dizaine de milliards de francs. Ces pertes sont pour une grande part le fruit des problèmes d’approvisionnement de l’usine de Doniambo en raison des mouvements sociaux sur les sites miniers de la côte Est. La situation est d’ailleurs toujours complexe à Thio où un dialogue a toutefois pu être rétabli.

Mine et énergie deux dossiers à étudier

La mission confiée à Colin McGibbon est aussi simple qu’elle sera difficile à mettre en œuvre. Prenant le relais de Bernard Laflamme qui avait initié le plan de sauvetage, le nouveau directeur général devra le finaliser. En dehors de la réorganisation du travail qui est en bonne voie, il reste encore deux dossiers : celui de la mine et la question de l’énergie. En matière de production minière. Des premiers investissements ont été effectués et seront complétés pour atteindre au plus tôt l’objectif de quatre millions de tonnes de minerai exporté. L’arrêté autorisant l’exportation prévoit la possibilité d’exporter trois millions de tonnes dès 2020 auxquelles s’ajoute la possibilité de rétrocéder un million de tonnes à la NMC pour l’approvisionnement de son usine de Corée du Sud.

Revenir à 55 000 tonnes par an

Mais les exportations seules ne suffiront pas. Après la mauvaise production de l’usine en 2019 avec seulement 47 000 tonnes, l’objectif est de revenir à un niveau de 55 000 tonnes de ferronickel. Pour y parvenir, la SLN a pris conscience de l’importance de son engagement auprès des populations locales. C’est tout le sens de la nouvelle stratégie des relations communautaires engagée par le métallurgiste. Reste à voir s’il parviendra à convaincre les populations de sa bonne foi.

L’autre grand dossier qu’aura à gérer Colin McGibbon sera celui de l’énergie. Comme il l’a rappelé, ce poste représente 48 % des frais de fonctionnement de l’usine de Doniambo, soit près de 19 milliards de francs. Toujours selon le directeur général, ces frais représentent entre 6 et 8 milliards de francs pour une usine équivalente à bas coût. L’accord passé avec Enercal permet aujourd’hui à la SLN de réduire sa facture lorsque le cours du nickel passe sous la barre des 15 000 dollars la tonne au LME. Reste que cette mesure provisoire ne sauvera pas la SLN. La solution pérenne consiste à construire une nouvelle centrale électrique plus compétitive.

Une nouvelle réflexion pour la centrale

Les dernières déclarations de Christopher Gyges, le membre du gouvernement notamment en charge de l’énergie, à l’occasion d’un passage sur NC La Première le 23 février, suggèrent que la future centrale ne se fera comme elle est envisagée aujourd’hui. Une nouvelle réflexion devrait être conduite très prochainement afin de relancer ce dossier complexe. Et il y a urgence si l’on considère le poids de l’énergie dans le manque de compétitivité de l’industriel calédonien. Le décalage du chantier reporte d’autant la capacité de renouer avec des résultats positifs pour la SLN qui enregistrent des pertes importantes depuis maintenant huit ans.

Si le membre du gouvernement a expliqué qu’il communiquerait prochainement plus en détail sur le dossier, il a toutefois noté qu’un projet de centrale solaire de 50 MWc était envisagé (à titre de comparaison, les centrales inaugurées récemment sont d’une puissance de 3 MWc). Il a également indiqué qu’il travaillait avec les mineurs et les métallurgistes à la mise en place d’une programmation pluriannuelle des investissements pour la mine et la métallurgie. Cette programmation serait une feuille de route des investissements réalisés par les acteurs de la mine pour « verdir » leur production en matière d’énergie. Une volonté qui devrait néanmoins avoir un coût pour les industriels qui peinent à rentabiliser leurs investissements.

M.D.

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