Un indice des prix centré sur les plus pauvres

L’Institut de la statistique et des études économiques (Isee) publiera à partir du mois de juin un indice des prix « pour les ménages les plus modestes », où l’alimentation occupera une place plus importante.

Les prix ont augmenté de 2 % entre mars 2021 et mars 2022, selon l’indice général calculé par l’Isee. Dans les rangs des manifestants contre la vie chère, nombreux sont ceux qui doutent de ce chiffre et ressentent une inflation plus élevée. Ce sentiment peut provenir de la structure de l’indicateur. « L’indice général est construit pour correspondre à un individu moyen qui consomme de tout », des fruits et légumes aux billets d’avion en passant par l’alcool et le tabac, soit 900 produits, haut ou bas de gamme. « C’est un Calédonien qui n’existe pas », résume Olivier Fagnot, directeur de l’Isee.

Dans l’indice actuel, l’alimentation (+ 3,4 % sur les 12 derniers mois) compte pour 19 % du budget de ce ménage moyen. « Or, plus le budget d’un ménage est réduit, plus la part de l’alimentation est élevée. » Le nouvel outil, « l’indice des prix pour les ménages les plus modestes », qui sera publié chaque mois à partir de juin, décrira mieux leur réalité. En s’appuyant sur l’enquête Budget des familles, l’institut prendra uniquement en compte les produits consommés par les 10 % les plus pauvres.

Des mesures « complémentaires »

Du côté de l’UFC-Que choisir, on voit la création du nouvel indicateur comme une bonne nouvelle. « C’est un outil qui permettra d’avoir une mesure plus proche du ressenti des gens », commente Philippe Lassauce, membre du conseil d’administration. L’association de défense des consommateurs réalise chaque année sa propre mesure de l’inflation, « le panier calédonien », basé sur une centaine de produits très consommés. Selon l’UFC, son prix a augmenté de 7 % entre mars 2021 et 2022.

« Il ne faut pas opposer notre mesure et celle de l’Isee. Elles sont complémentaires », insiste Philippe Lassauce, qui craint une inflation d’au moins 10 % prochainement. « Vu le contexte mondial, on n’y coupera pas. » Pour y faire face, l’UFC émet sept recommandations, comme « supprimer les quotas d’importation » sur l’alimentation, les remplacer par des « aides directes aux producteurs axées sur des projets d’amélioration » ou encore « favoriser les circuits courts ».

Gilles Caprais

© G.C.

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