Un éclatement du camp indépendantiste ?

Le FLNKS tenait, ce week-end à Dumbéa, son 38e congrès. Un rendez-vous important qui devait confirmer ou non si toutes les composantes du front parleraient d’une seule et même voix pour le futur, en cas de victoire du « oui » au référendum. Ce que l’on peut dire, c’est que l’unité n’est plus ce qu’elle était et la stratégie de gouvernance non plus.

Le 38e congrès du FLNKS s’est achevé sur un goût plutôt amer pour les cadres des différentes composantes du Front. Les déclarations des représentants indépendantistes depuis les provinciales se sont confirmées : l’unité est un vieux souvenir. Les discussions et les débats portant sur l’après-référendum, en cas d’une éventuelle victoire du oui, ont été houleux, chaque camp restant sur ses positions. Des positions qui se sont affirmées au fil des mois, surtout après le Comité des signataires et le vote du budget supplémentaire au Congrès.

Les électeurs dans le doute

Dans l’optique d’une éventuelle victoire au référendum, ce qui est loin d’être gagné, il est clair que les indépendantistes n’arriveraient pas à s’entendre. Ce 38e congrès en est le plus bel exemple. C’est sur la méthode que la division est certaine. Le Palika, l’UPM et le RDO croient au projet d’indépendance avec partenariat avec la France ainsi qu’avec des États de la région Pacifique Sud. Tandis que l’Union calédonienne veut accéder coûte que coûte à la pleine souveraineté. Les débats ont donc été « intenses » ce week-end, selon les représentants des forces présentes, et n’arrivant pas à tomber d’accord, ils ont décidé de reporter les discussions concernant l’après- référendum. En tout cas, si les indépendantistes n’arrivent pas à s’unir, on imagine ce qu’il restera du Front en cas de nouvelle victoire du « non » à l’indépendance. L’éclatement est plus que jamais palpable et sera évident après le 6 septembre 2020. On comprend mieux pourquoi ceux qui avaient voté « oui » à l’indépendance au premier référendum sont dans le doute.

Loin de l’unité

Si le thème de ce 38e congrès était l’unité, les débats ont démontré le contraire. Pourtant c’est ce qu’avait souligné Daniel Goa dans son discours d’ouverture : « L’unité, un enjeu majeur. » L’unité n’a pu être obtenue non plus sur la proposition de l’UC de nommer un président du FLNKS. Selon le porte-parole du Front, « le sujet n’a pas été véritablement abordé ». Les dirigeants du FLNKS ont tout de même réussi à créer un bureau politique renforcé qui devra préparer les réunions bilatérales avec l’État afin de préciser la période de transition en cas d’un « oui ». Est-ce à dire que l’UC aurait fléchi ? Rien n’est moins sûr. La seule chose que l’on peut avancer sur l’UC et qui a été exprimée à demi-mot ce week-end, c’est que le parti est confronté à un manque de cohésion, certains membres préférant l’idée d’une indépendance avec partenariat. Les discussions de ce week-end ont bien entendu porté aussi sur l’actualité et plus particulièrement celle de Vale. L’occasion pour Daniel Goa de rappeler que ces entreprises « pillent nos ressources ». « Ils nous emmènent dans une relation de plus en plus inéquitable et déséquilibrée et préfèrent valoriser notre richesse à l’extérieur du pays », a-t-il dit.

D.P.

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