Un bouclier qualité-prix pour les produits frais

Le gouvernement a présenté, lundi 28 octobre, la mise en œuvre d’un bouclier qualité-prix pour des produits frais. Il est le fruit d’un accord interprofessionnel et permettra aux Calédoniens d’avoir accès à 6 kg de fruits et légumes et 1,5 kg de viande et de poisson pour un prix plafonné à 5 000 francs.

La fin de l’encadrement des prix et des marges a suscité bien des craintes. Pour éviter une reprise de l’inflation, le gouvernement a mis en place un système de bouclier qualité-prix (BQP) qui prévoit un panier d’une centaine de produits à un prix plafond. Concrètement, le bouclier est en place depuis le 1er octobre et fixe un prix plafond de 32 000 francs pour 100 produits dans les grandes surfaces, 25 000 francs pour 70 produits dans les moyennes surfaces et un prix de 18 000 francs pour les plus petites enseignes. À noter que les commerces de moins de 500 mètres carrés ne sont pas concernés par le dispositif. Christopher Gyges, le membre du gouvernement en charge de la relance économique, s’est félicité du fonctionnement de ce dispositif, estimant que le bouclier favorise la concurrence et permet donc aux Calédoniens d’avoir à des produits à moindre coût.

Après cette première étape, le gouvernement a souhaité ajouter un autre volet en proposant un système équivalent pour les fruits et légumes frais ainsi que la viande. Il ne sera obligatoire que pour les enseignes de plus de 1 000 mètres carrés, les autres pourront le mettre en place de manière volontaire. Le panier sera composé d’au minimum six kilos de fruits et légumes, pour un prix plafond de 2 500 francs. Les six kilos seront répartis entre deux types de fruits et quatre types de légumes dont la provenance peut varier en fonction des saisons. Autrement dit, en période chaude, qui correspond à la basse saison de production agricole, le panier comprendra trois produits locaux et trois produits importés. En pleine saison de production, le panier sera composé de quatre produits locaux et deux importés. La liste prévoit du chou, des carottes, des tomates, de la salade, des courgettes, des oignons, des pommes de terre, du concombre, du chou chinois, des aubergines, des oranges, des bananes, de l’ananas, de la pastèque, du melon, des pommes, du raisin et des mangues.

Un dispositif qui sera inscrit dans la loi

Pour la viande, le bouclier précise que les commerçants devront également proposer 1,5 kilo de viande et de poisson pour un prix maximum de 2 500 francs. Sont concernés le poulet frais entier, la rouelle, les côtes et les rôtis de porc, les steaks et pavés de bœuf, les steaks, pavés, rôtis et cuisses de cerf, le gigot d’agneau, le thon blanc, la ventrèche de thon, le bec de cane, le mulet, le marlineau, le maquereau et le voilier. Un dernier produit étonnant quand on sait que la Dass déconseille la consommation de marlin et d’espadon aux femmes enceintes et aux enfants en raison d’une trop forte concentration de mercure.

L’accord a été conclu pour une durée de cinq mois, mais devrait être reconduit de manière plus pérenne. Christopher Gyges a d’ores et déjà annoncé qu’il ferait partie de la loi de relance économique au titre du soutien au pouvoir d’achat. Cet accord, qui a été le fruit des discussions entre professionnels, n’a toutefois pas associé les consommateurs. C’est ce qu’a souligné un communiqué de l’association UFC-Que choisir dans la foulée de la présentation du gouvernement. Christopher Gyges a insisté sur l’avis positif de l’Autorité de la concurrence nationale sur le bouclier qualité-prix dans l’outre-mer. L’UFC précise toutefois que dans cet avis, l’Autorité « montre que la part du BQP dans le volume et les montants des ventes est à la fois marginale et stable : l’impact du BQP reste très limité pour l’ensemble des consommateurs. La liste contre la vie chère reste ainsi confinée à une liste d’une centaine de produits ».

Concernant le BQP pour les produits frais, l’association de consommateurs relève, par ailleurs, que les produits frais sont proposés à un prix moyen de 400 francs le kilo alors que sur le marché, on peut trouver des légumes à moins de 200 francs le kilo et des fruits à moins de 300 francs. Sans parler de la diversité. L’UFC rappelle que les recommandations sanitaires tablent plutôt sur une consommation de 25 fruits et légumes différents par semaine. Autant d’éléments qui poussent l’association à demander à l’Autorité de la concurrence de mener une étude sur la structure des prix. Un avis partagé par le membre du gouvernement, qui a indiqué que l’Autorité serait prochainement saisie. L’UFC estime qu’il serait nécessaire de relancer les négociations autour des accords de compétitivité et de travailler sur les dépenses contraintes des Calédoniens que sont l’eau ou l’électricité.

M.D.

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