Sonia Backes, secrétaire d’État : Macron assume la fin de l’impartialité

Lundi 4 juillet, La présidente de la province Sud a été nommée secrétaire d’État à la citoyenneté, un niveau de responsabilité inédit pour un élu calédonien*. Loyalistes et indépendantistes partagent la même analyse : le président de la République affiche plus clairement que jamais sa position, à la veille de négociations sur l’avenir institutionnel qui s’annoncent difficiles.

Comment interpréter la nomination de Sonia Backes ? C’est « la preuve de la place que le président de la République entend donner à la Calédonie » a déclaré la présidente de la province Sud qui, depuis Paris, compte « poursuivre son engagement au service d’une Calédonie entreprenante ». Les partis de la majorité présidentielle sont encore plus explicites. « En nommant pour la première fois au gouvernement un Calédonien, Emmanuel Macron vient montrer que notre place est bien au sein de la République », écrit Ensemble !.

« Elle obtient une faveur »

« Madame Backes a soutenu Emmanuel Macron. En retour, elle obtient une faveur, un poste. » Pour Jean-Pierre Djaïwé, secrétaire général du Palika, cette nomination est révélatrice. « Elle marque une volonté politique très nette de maintenir la Calédonie dans la France » de la part d’un président qui « ne s’inscrit plus dans l’esprit de l’Accord de Nouméa ».

À son sens, « l’impartialité de l’État commanderait que Madame Backes ne s’occupe pas du dossier calédonien », ce qui semble improbable. Les négociations sur l’avenir institutionnel sont-elles mal parties ? « Oui. Mais on veut reprendre les discussions. On souhaite que l’État joue son rôle pour trouver un terrain d’entente, la voie médiane. »

Outre-mer et Intérieur réunis, bonne ou mauvaise nouvelle ?

La secrétaire d’État à la Citoyenneté est placée sous l’autorité du ministre de l’Intérieur. Le ministre délégué aux Outre-mer l’est également, désormais.

Pour le député Nicolas Metzdorf, « l’union de ces deux ministères est une excellente nouvelle pour notre territoire » du point de vue de la sécurité. Dans son communiqué, il établit carrément un lien avec ̀ Saint-Louis. « Gérald Darmanin, que j’ai déjà eu l’occasion d’interpeller sur les problèmes d’insécurité ́ à Saint-Louis, sera un excellent interlocuteur pour les Calédoniens. »

Daniel Goa, président de l’Union calédonienne, y voit plutôt une mauvaise nouvelle. « L’Intérieur est un ministère de rapport de force. Ça veut dire que Macron est en train de durcir le ton », ce qui annonce « un renforcement de la présence policière et militaire ».

Gilles Caprais (photo AFP)


Emmanuel Macron s’en tient aux résultats des référendums

À l’issue du sommet de l’Otan, jeudi 30 juin à Madrid, Emmanuel Macron a répondu à une question sur la position de la France dans le Pacifique. « La France a mené un processus inédit du point de vue des Nations unies et a pu clarifier sa place dans la région », a lancé le président de la République, pour qui « ces trois référendums ont confirmé clairement le choix des Calédoniens ».

« Nous avons maintenant cette vocation indopacifique qui est importante pour la France dans son entièreté, pour la Nouvelle- Calédonie et la Polynésie française, mais aussi La Réunion et Mayotte », a également déclaré Emmanuel Macron.

Gérald Darmanin en Calédonie le 26 juillet

Sur BFMTV/RMC, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a annoncé une visite en Calédonie en compagnie du ministre délégué aux Outre- mer, Jean-François Carenco. Les deux hommes arriveront le 26 juillet pour discuter de l’avenir institutionnel.

« Je veux entendre les questions qui se posent de la part de ceux qui étaient loyalistes, c’est-à-dire ceux qui voulaient rester français, mais aussi de la part des Kanak », a-t-il déclaré. On remarquera l’usage de l’imparfait, qui renvoie la question de l’indépendance au passé, la catégorisation d’une ethnie…

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