Semaine cruciale côté indépendantiste

Les congrès du week-end à Azareu (Bourail) pour l’Union calédonienne et à Unia (Yaté) pour le Palika devraient préciser, pour les prochaines négociations, les positions qui manquent encore de clarté.

PALIKA : « Les dernières compétences à négocier »

Avant le 46e congrès du parti, Jean-Pierre Djaïwé, porte- parole, est revenu devant la presse sur le 3e référendum « forcé », « illégitime », les instances mises de côté sous Lecornu, les demandes qui n’ont pas abouti avant la Convention des partenaires. « Le Palika constate une faiblesse dans les méthodes utilisées par l’État (…) Quand on veut passer par la force sans tenir compte de la réalité culturelle notamment, on ne parvient pas à un résultat. »

Les anciens de l’Accord de Nouméa ne sont plus aux responsabilités à Paris, les nouveaux sont taclés. « Darmanin, qu’est-ce qu’il connaît au dossier calédonien ? » Jean-Pierre Djaïwé reconnaît néanmoins un « loupé » au sein du Front pour la Convention des partenaires. Depuis, l’État a donné des signes plus positifs avec la visite annoncée fin novembre. « Nous serons à la table des discussions. »

C.M.

En prélude et comme les autres formations indépendantistes, le Palika a été reçu au haut-commissariat. Sur les thématiques de travail, il voit beaucoup de redites, souligne Wassissi Konyi : les valeurs déjà discutées au G10, le nickel, etc. À présent ce qu’il reste à négocier pour le Palika, c’est la « rétrocession des cinq dernières compétences régaliennes » par laquelle passera la pleine souveraineté.

Le bilan de l’Accord de Nouméa va montrer que le processus n’est pas fini et l’audit sur la décolonisation qu’elle n’est pas allée jusqu’au bout. Les trois Non n’éteignent pas la revendication. Il ne peut y avoir de statut définitif sans l’indépendance, mais la Nouvelle-Calédonie peut avoir un statut définitif avec la France dans le cadre d’un accord avec partenariat. Une solution jugée médiane. « On va discuter pour ne pas tourner en rond au sein de la République, mais pour en sortir, conclut Jean-Pierre Djaïwé. On ne peut pas revenir en arrière. »

UNION CALÉDONIENNE : « Le corps électoral, la mère des batailles »

Archives DNC

L’Union calédonienne juge aussi que le rendez- vous parisien n’a pas été préparé. Ils attendaient une « bilatérale de décolonisation » à Nouméa, comme expliqué par le premier vice-président Gilbert Tyuienon sur NC La 1ère. Ilyaselonluiune nécessité de « solder le contentieux » avec l’État en qui ils n’ont plus aucune confiance, d’autant que « la “ministre” de la Citoyen- neté de France fait partie des loyalistes les plus durs contre l’émancipation du pays » (sujet qui, selon Gérald Darmanin, n’est soi-disant « jamais évoqué » par les indépendantistes).

La Convention des partenaires n’engage que ceux qui sont allés à Paris, et ce sera « calendrier contre calendrier », l’UC attendant notamment la position de la justice sur le 3e référendum.
Parmi les « choses pas très agréables » à dire au haut-commissariat, l’impossible remise en question de l’indépendance. Quant au corps électoral, c’est la « mère des batailles ». Y toucher serait « mettre en cause l’Accord de Nouméa et la paix ». Gilbert Tyuienon avertit que « ce n’est pas l’État qui va garantir la paix durable, mais le FLNKS. ».

Il y a néanmoins dans l’indépendance, « une route pour tous les Calédoniens si la France arrête de nous diviser ». Les bilan et audit peuvent constituer une base de discussion. Le congrès d’Azareu est annoncé comme historique, 45 ans après celui qui a amené l’UC à se positionner pour l’indépendance.

Chloé Maingourd

Jacques Lalié prend de la hauteur

Archives DNC

Le président de la province des Îles (UC) s’est rendu à Paris au nom de sa collectivité. Jacques Lalié porte une parole moins radicale. Il faut selon lui que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté pour « lever le contentieux avec l’État » et qu’il y ait la paix avec, pourquoi pas, une période transitoire de « dix ou quinze ans », car c’est ce contentieux qui gêne les avancées.

Il s’agirait de définir des « interdépendances » selon les problématiques géopolitiques, les capacités économiques qui pourraient aussi rassurer et donner des perspectives. « ça pourrait être complémentaire avec notre souveraineté, dit-il. Elles pourraient être définies dans le cadre d’un partenariat, d’une association sans se braquer sur le nom mais sur le contenu. » Selon lui, « il faut que l’État fasse un effort sur une sortie arrangée d’autant que la situation lui est favorable avec deux députés et la ministre ». Et « il faut sortir de la bipolarité, que tout le monde soit prêt à changer de logiciel ».

Pour Jacques Lalié, ce positionnement permettrait de se concentrer assez rapidement sur le développement du territoire. « J’ai compris qu’on doit mener les discussions avec tous les partenaires. Nous sommes aussi à la tête de cinq institutions, il faut qu’on tienne compte de cela, qu’on ait aussi une démarche plus constructive ».

 

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