[RETRO 2022] L’inflation exacerbe les tensions

Les prix ont augmenté de 4,6 % au cours des 12 derniers mois. Les hausses sont particulièrement importantes dans l’alimentation (+8,7 %) et l’énergie (+15,7 %).

Dès le début de cette vague d’inflation, que l’Isee attribue surtout à la reprise économique post-Covid, l’Association citoyenne de Nouvelle-Calédonie a réuni 200 personnes devant le gouvernement début mai pour réclamer des mesures en faveur du pouvoir d’achat. Les manifestations du mercredi montent en puissance jusqu’à celle du 18 mai, qui rassemble plus de 1 000 personnes.

Le 31 mai, le gouvernement réduit le montant des taxes applicables aux carburants. Il réactive ensuite les boucliers qualité prix.

En fin d’année, les syndicats se mobilisent à leur tour. Ils claquent la porte des négociations annuelles avec les patrons et réclament une augmentation de 6 % pour les quelque 67 500 salariés du privé.

Le 16 décembre, une marche rassemble 2 000 personnes, et se conclut par la signature d’un accord avec l’Interpatronale. Ce sera +4,17 % pour les bas salaires, soit la même augmentation que celle du salaire minimum indexé sur l’inflation.


La SLN au bord du gouffre

Début 2022, la société affiche quelques ambitions. Le 15 février, une convention intitulée « Nouvelle trajectoire pour la SLN » est signée avec le gouvernement. Le métallurgiste obtient le droit d’exporter un supplément de 2 millions de tonnes de minerai par an, soit 6 au total, et s’engage à réaliser un plan pluriannuel d’investissement à 30 milliards de francs, à créer 200 emplois, à tripler les dépenses de responsabilité sociétale, etc.

Mais dès la fin d’année, le plan semble compromis : le 15 septembre, la SLN accède à la dernière fraction du prêt de 63 milliards accordé en 2016 par Eramet et l’État. Un vaste plan d’économies est engagé, y compris sur les investissements.

À Kouaoua, un plan social concernant 53 postes est annoncé aux salariés. La production de Doniambo (40 000 tonnes) est loin des objectifs. La cessation de paiement se profile pour 2023, à moins d’un sauvetage.

Christel Bories, patronne d’Eramet, répète que le groupe ne donnera rien de plus. Les regards se tournent vers l’État, une fois de plus. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, évoque le 30 novembre une possible aide, à condition que la Nouvelle-Calédonie adopte une stratégie pays pour le nickel.


L’emploi au plus haut

Au deuxième trimestre 2022, le privé comptait 67 500 salariés, un niveau plus haut que le précédent record, qui datait de 2015. « Ce bon résultat n’était cependant pas attendu, compte tenu des difficultés économiques relayées par les acteurs locaux. Pourtant, il est conforté par d’autres indicateurs », analyse l’Institut de la statistique et des études économiques. Les créations d’entreprise progressent de 3,8 %, les liquidations judiciaires reculent de -13,4 %.


Réforme fiscale

Surendettée, déjà en difficulté pour boucler son budget 2022, la Nouvelle- Calédonie a contracté un nouveau prêt de 21 milliards auprès de l’Agence française de développement garanti par l’État.

Des engagements ont été pris pour assainir les finances de la collectivité. La réforme fiscale est en cours pour apporter des recettes supplémentaires (refonte de la TGC, de la CCS et de la contribution foncière, taxes sur les plus-values immobilières, sur le tabac et les produits sucrés, redevance minière etc.). La Nouvelle- Calédonie votera son budget 2023 non pas en fin d’année mais au mois de mars.


KNS progresse

En 2021, Glencore avait versé près de 30 milliards de francs à KNS pour équilibrer ses comptes. Pour 2022, l’actionnaire à 49 % attend beaucoup plus que 17 000 tonnes de nickel, pour cette usine qui peut théoriquement en produire 50 000. Début 2022, la direction de KNS affiche sa volonté d’atteindre l’équilibre et une production de 3 000 tonnes de nickel par mois.

Les deux fours fonctionnent, l’objectif est atteint à plusieurs reprises. En décembre, l’actionnaire semble satisfait. « La montée en puissance se poursuit et nous espérons faire mieux l’année prochaine », déclare Gary Nagle, patron de Glencore, le 6 décembre.


Prony Resources : le barrage inquiète

Au mois de septembre, l’usine du Sud annonce deux incidents.
Un ruissellement anormal au bas du bassin KO2, l’aire de stockage des résidus, synonyme de pollution. Puis, le 21 septembre, une fuite sur l’émis- saire marin, la conduite qui évacue l’eau au fond du lagon.

Mi-octobre, la province Sud ordonne une vidange du bassin. Même si le barrage ne connaît « pas un péril imminent », il contient trois fois plus d’eau que le niveau optimal. Début décembre, la province annonce que la situation est sous contrôle, la fuite colmatée, l’émissaire réparé.Les travaux de Lucy, vaste système d’assèchement des boues, se poursuivent.

Gilles Caprais 

©G.C. 

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