Quoi de neuf Docteur ?

L’École doctorale du Pacifique, vient d’organiser les Doctoriales, jeudi et vendredi derniers. Ce rendez-vous annuel permet de présenter le travail des doctorants au grand public.

On entend régulièrement parler de la matière grise calédonienne. Eh bien, c’est en grande partie là qu’elle se trouve, au cœur de l’Université de Nouvelle-Calédonie. L’École doctorale du Pacifique, qui regroupe les doctorants de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie, ouvre chaque année ses portes à l’occasion des Doctoriales. Pour le public, ce rendez-vous est une opportunité pour découvrir les thèmes de recherches des futurs docteurs, ce qui n’est pas une évidence, le monde universitaire étant parfois difficile d’accès pour le commun des mortels.

Vulgariser des travaux complexes

« Pour les doctorants, l‘intérêt est triple, indique Yves Letourneur, le codirecteur de l’école. Il s’agit tout d’abord de faire un point d’étape sur le travail en cours en insistant le plus souvent sur des points particuliers. » À l’instar du concours Ma thèse en 180 secondes, relayé pour la première fois cette année en Nouvelle- Calédonie, les Doctoriales sont l’occasion de s’exercer à rendre intelligible un sujet souvent complexe en réalisant un travail de concision et de vulgarisation.

Le dernier intérêt des doctorants à participer, et non des moindres, est, pour les lauréats, de bénéficier d’une prise en charge pour participer à un congrès international. Un jury, composé de professeurs de l’Université et de professionnels, attribue des notes aux doctorants. À ce jeu, ce sont Emmrick Saulia, Jasmine Petriglieri et Pauline Palmas qui ont obtenu les meilleures appréciations et qui pourront donc aller présenter leur travail et représenter l’Université de Nouvelle-Calédonie à l’étranger.

« Le bilan est très satisfaisant, estime Yves Letourneur. Les présentations ont été de grande qualité et dans toutes les disciplines. » Si toutes les disciplines sont représentées, les sciences « dures » traitant des questions environnementales le sont un peu plus que les autres. Les matières littéraires ou encore sociales sont relativement moins populaires auprès des doctorants.

Mais au-delà des thèmes de recherche, le codirecteur se félicite de l’importante participation des partenaires de la recherche et en particulier l’Adécal. En 2011, l’Agence de développement de la Nouvelle-Calédonie a instauré une technopôle, interface entre les organismes de recherche et le secteur privé. En 2014, le dispositif a été complété par l’incubateur d’entreprises innovantes, offrant notamment la possibilité aux thésards de trouver des débouchés commerciaux à leurs travaux de recherche.

Un doctorat pour quoi faire ?

La question de savoir quoi faire après la thèse était précisément au centre de la réflexion le vendredi après-midi. L’École doctorale a fait appel à deux anciens afin de donner aux doctorants ainsi qu’aux étudiants présents quelques tuyaux sur l’après doctorat. Des interventions utiles à en juger par la fréquentation. Si le grand public n’a pas afflué en masse, il était toutefois présent dans le grand amphithéâtre de l’Université sur les deux journées. Pas mal d’étudiants ont en revanche fait preuve de curiosité. Pour le responsable de l’École doctorale, cela traduit une certaine dynamique. On ne peut qu’espérer que le rendez-vous suscite des vocations.

 


Les lauréats et leurs thèses

Le Prix du meilleur poster est revenu à Emmrick Saulia. Le doctorant en première année de thèse a été récompensé pour son travail sur les micro-algues qui consiste à en rechercher de nouvelles exploitables et faire en sorte de pouvoir les produire de manière industrielle. Jasmine Petriglieri a obtenu le Prix de la meilleure perspective de valorisation économique, sociale ou culturelle. La jeune femme qui est en deuxième année de thèse travaille sur l’amélioration des comportements face aux risques amiantifères. Les risques estimés par les mineurs pourraient notamment être différents des risques réellement mesurés, d’où la nécessité d’adapter les protocoles. La dernière lauréate est Pauline Palmas. Elle a reçu le Prix de la meilleure communication orale pour ses travaux sur le chat haret. La thèse de cette doctorante en deuxième année porte sur l’impact du chat haret, un chat domestique retourné à l’état sauvage.

M.D

©UNC

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