Protections de marché : le gouvernement n’a pas cédé

Malgré les menaces et les pressions faites pas la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie (Finc), le gouvernement n’a pas cédé en adoptant un arrêté qui montre un véritable changement de politique économique en matière de protection des marchés.

Après deux matinées de manifestation à l’appel de la Finc devant les portes du gouvernement, la situation s’est éclaircie. L’objectif du mouvement était d’alerter l’exécutif sur les perspectives du secteur de l’industrie de transformation, au moment même où l’Autorité de la concurrence concluait notamment que les Établissements de Saint-Quentin (ESQ), fabriquant des tuyaux et des tubes PVC, ne présentaient pas les garanties nécessaires au maintien d’une protection de marché.

Après avoir reçu les représentants de la Finc, le gouvernement a donc pris un arrêté sur trois positions tarifaires dont bénéficiait la société ESQ, et les a remplacées par un « QTOP » (quota toutes origines et provenances) de 70 tonnes pour une durée de deux ans, sur deux types de tuyaux en plastique. Une mesure qui correspond en fait à 30 % des besoins du marché « et est équilibrée entre le besoin de soutien aux sociétés et l’intérêt des consommateurs », a souligné le président du gouvernement, Thierry Santa.

L’adoption de cet arrêté met ainsi fin à une partie de l’avantage concurrentiel d’ESQ, mais sera suivie d’une refonte des procédures d’instruction des dossiers « pour éviter toute ambiguïté et tout quiproquo à l’avenir », a rajouté Thierry Santa. La ligne du gouvernement est donc claire : oui au soutien de l’industrie locale, mais non aux rentes de situation.

Mise au point du FLNKS

Le front indépendantiste a profité du mouvement de la Finc pour publier un communiqué dénonçant la politique économique de l’exécutif et une vive critique de l’Autorité de la concurrence de la Nouvelle-Calédonie. Daniel Goa affirme que le FLNKS « a toujours défendu la production locale face à une politique d’importation qui ne fait que maintenir une économie de comptoir », ajoutant que « le FLNKS trouve grotesques certains arguments avancés par ceux qui défendent les lobbies d’importateurs et utilisent les avis de l’Autorité pour se justifier ». Daniel Goa, enfin, précise que « la politique de protection de la production locale et d’ouverture de marchés ne peut pas être vue par le petit bout de la lorgnette du problème de la vie chère ».

D.P.

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