Préparer l’avenir avec le Covid-19

Le coronavirus s’est rappelé, si besoin était, à notre souvenir, cette semaine, avec deux nouveaux cas importés, ce qui ne s’était pas produit depuis 52 jours. Le gouvernement insiste toujours sur les mesures drastiques prises aux frontières, sur l’amélioration de notre dispositif sanitaire tout en imaginant les conditions d’une future ouverture vers l’extérieur.

Thierry Santa a tenu, jeudi dernier, un point presse dédié à la crise du Covid-19. Après 52 jours de répit, le président du gouvernement a annoncé qu’une personne rapatriée de Métropole avait été testée positive à l’issue de sa quatorzaine dans un hôtel de la place. Jugée non contagieuse, cette personne a néanmoins intégré, comme le prévoit le protocole, l’unité Covid du CHT. Un deuxième cas a été révélé quelques jours plus tard. Plus sujet à polémique, il concerne un gendarme mobile, placé en quatorzaine à la caserne de La Tontouta. Ce dernier avait pourtant été testé négatif deux jours avant son départ. Il a, lui aussi, rejoint le Médipôle. Son voisin de chambre, testé négatif, a été placé en isolement par mesure de précaution. Les « malades » ne pourront sortir que lorsqu’ils feront l’objet de deux tests négatifs à 48 heures d’intervalle.

Dans le contexte épidémique vécu ailleurs, ces nouveaux cas importés ne surprennent ni le gouvernement, ni la Dass, ni les médecins du Médipôle. Et la situation reste d’ailleurs, selon les dires de Christopher Gyges, porte-parole du gouvernement, en deçà des expectatives.

Aérien : on reste dans une logique de priorité

Ce contexte, en tout cas, ne change rien à la trajectoire de l’exécutif même s’il les conforte quelque part dans leur volonté de maintenir une vigilance accrue aux frontières. Le programme des vols, on le sait, restera très limité au moins jusqu’au 31 juillet. Les vols de rapatriement vont se poursuivre, si besoin est, jusqu’à cette date : les Calédoniens qui ne se sont pas encore manifestés peuvent toujours le faire. Mais désormais l’attention va aussi se porter sur les personnes souhaitant quitter la Nouvelle-Calédonie. Elles doivent également se faire connaître. Un formulaire pour les étudiants a été créé pour recenser ceux qui vont devoir partir dans les prochains mois pour poursuivre leur cursus (lire plus bas). Les autorités souhaitent rester sur une logique de priorité au-delà des rapatriements. Mais se posera rapidement la question de la facturation des quatorzaines. Elle sera à la charge des voyageurs et des entreprises et non supportée par la collectivité. Reste à savoir quel sera le forfait proposé.

La gestion des quatorzaines en hôtel doit aussi être discutée en collégialité. Il est question de privatiser l’organisation pour la professionnaliser et un appel d’offres doit être lancé. L’ensemble du dispositif des rapatriements pèse environ 1,5 milliard de francs par mois. Thierry Santa a confirmé que 2,4 milliards de francs avaient déjà été engagés. Pour s’assurer que ce dispositif ne soit pas susceptible d’être mis en cause en raison de la nouvelle loi d’urgence sanitaire nationale, le gouvernement central envisage de produire une loi spécifique qui apportera cette garantie à la Nouvelle-Calédonie. Pour l’instant, personne n’a déposé de recours.

La pertinence de maintenir ou non les mesures sanitaires actuelles avec des voyageurs en provenance de certains pays devait aussi être discutée en collégialité cette semaine. Une réflexion est engagée pour éventuellement reprendre des liaisons avec Wallis-et-Futuna. Le président s’entretient, par ailleurs, cette semaine, avec les ambassadeurs de la région pour connaître les conditions d’intégration du corridor trans-Tasman, une ambition à moyen terme partagée par les loyalistes et les indépendantistes.

Continuer de se préparer « au cas où »

Le fonctionnement interne de la Nouvelle- Calédonie est encore soumis à quelques aléas. Jusqu’au 14 juin, les mesures actuelles restent en vigueur : limitation des rassemblements, listing des participants, etc. Le territoire s’attelle aussi, comme l’avait promis le président, à améliorer notre dispositif sanitaire, notre capacité de détection, de dépistage et d’isolement sur l’ensemble du territoire pour anticiper une éventuelle épidémie. Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la santé, Jean-Pierre Djaïwé ( jeunesse) et Didier Poidyaliwane (affaires coutumières) effectuent à cet effet une tournée en Brousse.

Il est prévu de désigner un référent Covid-19 par communauté pour faire de la prévention ; de s’appuyer aussi sur les médecins de ville pour la prévention, les prélèvements ; de mettre en place des points de tests dans tous les centres médicaux sociaux des provinces et d’implanter si possible en province Nord un second centre d’analyse des tests. Les laboratoires privés pourraient également venir en soutien. Enfin, il est prévu de réfléchir à la mise en place des lieux d’accueil pour les éventuels cas « contact ».

Mesures économiques

Le président a aussi fait le point sur les mesures de soutien aux entreprises, rendues possibles par le prêt à l’Agence française de développement garanti par l’État : 2 500 entreprises ont formulé la demande d’éligibilité de leurs salariés au dispositif de chômage partiel et 2 087 ont pu bénéficier de cette allocation spécifique, le quart des dossiers restant à traiter à ce jour. 316 demandes de report de charges fiscales ont, en outre, été formulées. Les demandes de report des cotisations sociales ont entraîné une baisse de 14 % des entrées de ces contributions.

Le dispositif va se matérialiser au-delà du 31 mai par un plan de soutien aux entreprises « durablement impactées par la crise ». L’exécutif envisage de nouvelles mesures pour le transport aérien ou terrestre, les agences de voyages et l’hôtellerie. La Nouvelle-Calédonie va devoir affiner sa stratégie économique pour arriver, d’ici deux ans, à commencer à rembourser son emprunt de 28,6 milliards (1,5 milliard par an). L’exécutif privilégie, pour l’instant, la réduction importante de la masse salariale au sein des services de la Nouvelle- Calédonie et une révision des niches fiscales. Cette crise, a dit Thierry Santa, a véritablement « ouvert les yeux sur le fonctionnement de la Nouvelle-Calédonie ».


Et maintenant le recensement de ceux qui veulent partir…

Après une période dédiée aux rapatriements, le gouvernement souhaite recenser les personnes souhaitant quitter le territoire à destination de la Métropole (destination finale ou transit). La règle des priorités va continuer à s’appliquer.

Un formulaire sur le site du gouvernement (gouv.nc) est dédié aux étudiants qui doivent se rendre en Métropole ou à l’étranger pour leurs cursus. Ils sont aussi invités à s’inscrire sur le site de la Maison de la Nouvelle- Calédonie.

Pour les personnes qui souhaitent partir de Nouvelle-Calédonie, par exemple pour installer leur enfant en Métropole, pour une urgence familiale, de santé, financière ou un motif professionnel, un formulaire est disponible sur le site du gouvernement. Attention, aucune garantie de retour ne peut pour l’instant être apportée.


Plus de 500 prêts garantis

L’État a fait le point sur les prêts de trésorerie aux entreprises par le biais de BpiFrance. Plus d’un mois après leur mise en œuvre, la plateforme a enregistré 620 demandes dont 542 ont été validées pour un montant de 6,3 milliards de francs (7,1 milliards pour au total pour les prêts pré-accordés). Le taux de validation par les banques est d’environ 90 %.

C.M.

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