« On ne sait pas travailler ensemble »

Les entreprises locales auraient pu s’associer pour réunir les 300 travailleurs à un « bon prix », mais le secteur du BTP souffre d’un manque de coordination, estiment plusieurs professionnels.

Pour Xavier Benoist, président de la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie (Finc), il y a quelque chose d’ « incompréhensible » dans le fait d’attribuer un tel marché à une société étrangère. « Il n’est absolument pas question de compétences non disponibles localement et le BTP manque de travail. C’est un très mauvais signal donné aux salariés du secteur. »

L’arrivée des 300 travailleurs indiens est le symptôme d’un « manque de coordination » à de nombreux niveaux. « Avec davantage de discussions entre sociétés calédoniennes et avec Prony Resources, on aurait pu arriver à un résultat satisfaisant pour tout le monde. » Les politiques auraient pu intervenir, estime Xavier Benoist. « Les collectivités auraient au moins dû mettre tout le monde autour de la table pour trouver une solution. »

Xavier Benoist, président de la Finc.

 

« Tout le monde ne veut pas partager »

Prony Resources regrette des réponses « partielles » à son appel d’offres. « On ne sait pas travailler ensemble, c’est un problème, constate le patron d’une société de BTP. Cinq ou six boîtes auraient pu s’associer pour rassembler les 300 salariés et faire un bon prix, en faisant éventuellement appel à un complément de main-d’œuvre étrangère, et chacun aurait eu sa part du gâteau. Mais tout le monde ne veut pas partager. »

Un gâchis, d’autant que dans le secteur, « tout le monde » a licencié ces dernières années. « C’est dommage, parce qu’on a une population, océanienne en particulier, qui a besoin de ce travail. » Mais ces considérations ne sont pas toujours les plus importantes dans l’industrie, qui n’est « pas un monde d’anges ». « Faire venir un étranger, c’est parfois plus simple, et c’est moins cher. »

 


Hors Lucy, 42 milliards d’investissement sur trois ans à l’usine du Sud

Après sa rencontre avec la direction le vendredi 22 avril, l’Usoenc avait annoncé un plan d’investissement de 42 milliards de francs, promesse de contrats pour les entreprises locales. Ce plan est triennal, indique Prony Resources, et correspond à la maintenance « normale pour un site industriel opérationnel ». Renouvellement de machines, services d’entretien… L’investissement répond à l’usure de l’usine.

Sur les 42 milliards, une grande partie pourrait effectivement profiter à l’économie calédonienne. Les prestations sont « largement supportables en local » et la volonté de l’usine du Sud est de « systématiquement » donner leur chance aux entreprises du territoire avant d’éventuellement faire appel à des sociétés extérieures.

 

Gilles Caprais (© Archives G.C. et Prony Resources)

 

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