L’UC mise sur une campagne dynamique et rassurante

Après le Palika, l’Union calédonienne réunie en comité directeur à Boulouparis, samedi, s’est lancée officiellement dans la campagne pour le Oui. Une campagne qui devra rassembler toutes les énergies au sein du FLNKS avec des messages clairs et responsables, selon Gilbert Tyuienon, premier vice-président du parti.

L’UC, prête et organisée

« L’Union calédonienne est toujours en situation de campagne du fait de son organisation et ses structures. C’est ce qui lui permet d’entrer rapidement en action. Le dernier comité directeur de Kergoua, à Boulouparis, a validé l’organigramme de l’organisation de campagne qui sera animée par une direction partagée entre Anthony Lecren, Christian Téin, Gérard Reignier, Dominique Fochi et moi-même. Ces équipes sont rôdées et ont l’expérience des consultations précédentes et elles sont déjà mobilisées pour le Oui. »

Les publics cibles

« Comme je l’ai dit dans le discours que j’ai prononcé au nom du président Goa, il faut faire une campagne pour sécuriser la base du Oui, réveiller les abstentionnistes et convaincre les indécis. Les derniers résultats sont connus, il y a des réserves potentielles pour le Oui dans les îles et le Grand Nouméa. Nous y serons davantage présents. »

Les messages

« L’indépendance, ce n’est pas un grand saut dans le vide. Et même si l’État, avec son document, a forcé le trait sur les conséquences du Oui, nous assumons déjà la plupart des compétences d’un pays indépendant depuis des décennies. L’indépendance nous permettra d’assumer, avec l’appui d’autres pays, l’ensemble des compétences d’un État souverain. Après l’accès à la souveraineté, nous n’avancerons pas seuls. Nous allons dire et redire que nous construisons un pays où chaque citoyen aura sa place, quelle que soit son origine. Nous ne voulons surtout pas construire une nation qui exclut. Nous inscrirons dans notre loi suprême, la Constitution, notre attachement aux principes démocratiques et républicains, aux droits de l’homme et aux valeurs propres à notre pays. Nous dirons également dans cette campagne qu’en partageant le Oui, tous les Calédoniens aiment le même pays et que ce pays, c’est la Nouvelle-Calédonie. »

Campagne commune pour le FLNKS

« Nous avons l’expérience des deux premières consultations auxquelles les indépendantistes ont participé en s’appuyant sur les groupes UC-FLNKS et UNI du Congrès. Depuis la première consultation, il existe dans chaque commune un comité nationaliste citoyen qui regroupe toute la mouvance indépendantiste et nationaliste. Localement, l’organisation commune aux composantes du FLNKS est en place. Au niveau pays, tous les grands événements de la campagne seront organisés par l’ensemble du FLNKS. Toutes les composantes porteront le même message sur la création de la nouvelle nation. »

Au-delà du document Oui/Non

« Les conséquences du Oui identifiées par l’État peuvent être anxiogènes pour certains, mais il faut avoir conscience que ce document est exclusivement juridique, donc théorique. Il ne s’agit pas d’un document politique, c’est-à-dire un document qui intègre le projet prévu par les indépendantistes une fois le pays devenu indépendant. On sait que ce qui est mentionné dans le document ne se passera pas comme cela est décrit, à la fois parce que l’État et les indépendantistes sont d’accord pour bâtir des interdépendances entre la France et le futur État et parce que le gouvernement français a insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas de largage, comme cela a été souvent le cas par le passé. Cela peut avoir un impact sur la frange des électeurs indécis ou ceux qui étaient tentés par le Oui, mais nous allons justement travailler pour les rassurer. »

Précisions sur les éventuelles négociations

« Jean-Marie Tjibaou le répétait souvent : « L’indépendance, c’est choisir ses interdépendances ». C’est toujours l’approche des indépendantistes, car nous savons que nous vivons dans un monde d’interdépendances. Nous avons échangé là- dessus avec les représentants de l’État français qui ont eux-mêmes évoqué la possibilité de collaborations entre la France et notre futur État en ce qui concerne les compétences régaliennes (défense, sécurité, justice…), l’enseignement général et l’enseignement supérieur, mais aussi sur le plan économique… À noter que le fait de devenir souverains nous permettra d’accéder au développement de relations avec d’autres pays, ce qui est très limité aujourd’hui. »

Mots d’ordre

« L’Union calédonienne et le FLNKS ont toujours mené des campagnes dynamiques, mais sans excès. Les mots d’ordre ont toujours été de ne pas répondre aux provocations et de porter des messages rassurants et rassembleurs, car c’est conforme à notre projet d’une nation multiculturelle, solidaire et apaisée. Et surtout, il faut respecter l’expression des points de vue différents, c’est une des libertés publiques qui sera à la base de notre futur pays. »

C.M.

©C.M.

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