L’innovation au secours de l’économie

Le président l’avait annoncé lors de son discours de politique générale, l’innovation sera une de ses priorités. À l’occasion d’un séminaire sur la question rassemblant les pays et territoires d’outre-mer sous l’égide l’Europe les 5 et 6 novembre dernier, la Calédonie a présenté les grandes lignes de sa future stratégie.

L’innovation est au cœur de nombreuses politiques publiques. La Calédonie ne fait pas exception et ce n’est pas sans raison. L’objectif de la mise en place de ces stratégies visant à promouvoir la « créativité » est d’être toujours plus efficace, toujours plus compétitif. Pour le territoire, l’enjeu n’est rien de moins que de trouver des relais de croissance dans un contexte économique atone mais également de changer de paradigme économique.

Comme l’expliquait Philippe Germain, le président du gouvernement à la veille de l’ouverture du séminaire sur l’innovation rassemblant les pays et territoires d’outre-mer attachés à l’Europe, « en Nouvelle-Calédonie, le système est extensif (pour obtenir de la croissance, il nécessite beaucoup d’investissements et de main-d’œuvre : ndlr). Il faut développer l’innovation pour améliorer notre compétitivité car le revers de la médaille, c’est la cherté de la vie et un mauvais partage des richesses ».

Plusieurs mois de travail

Après plusieurs mois de travail et de consultation des entreprises, André Boudart, le directeur de l’innovation fraîchement nommé, a pu livrer les grandes lignes à l’assemblée des experts, des chefs d’entreprise ou encore des chercheurs réunis à la CPS début novembre. Faute d’avoir pu présenter le détail de la stratégie à l’ensemble des membres du gouvernement, André Boudart a dû se contenter d’une présentation générale. Un des seuls éléments concrets qui avait déjà évoqué par Philippe Germain est la mise en place d’un crédit d’impôt recherche. Pour d’autres éléments concrets, il faudra attendre, d’autant qu’au-delà de la stratégie, le plan d’actions n’a pas encore été arrêté.

Mais pour reprendre l’idée générale, le but est de créer des passerelles entre la recherche et les entreprises en réorganisant des compétences qui sont pour le moment éparpillées. La richesse du monde de la recherche est particulièrement porteuse d’espoirs avec la présence de nombreux organismes comme l’IRD, l’IAC, les différents clusters ou encore l’Ifremer. L’incubateur offre également la possibilité à de jeunes chercheurs de monter des start-up autour de biotechnologies comme la culture de micro-algues par exemple.

L’innovation plus large que la création

Mais l’innovation ne se résume pas simplement à des inventions. Elle peut prendre des formes très diverses et passer des modèles novateurs de management et ou de commercialisation, des domaines dans lesquels la Calédonie est très en retard. La formation est également un vecteur important d’innovation, un point sur lequel le gouvernement a également énormément de travail.

Milan Jezic von Gesseneck, expert en innovation à la tête de l’équipe européenne travaillant avec les PTOM, estime toutefois que la Calédonie dispose de nombreux atouts et se montre très enthousiaste pour la future stratégie calédonienne qui présente la grande qualité d’être transversale. L’objectif d’exportation devra néanmoins conduire le territoire à déterminer précisément ses avantages comparatifs et à les développer. Un travail qui pourrait naturellement conduire à une meilleure intégration de la Calédonie dans son environnement régional.

M.D

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