Les manifestants reviendront « plus fort », les syndicats hésitent à se mobiliser

Pour sa troisième manifestation devant le gouvernement, le mercredi 18 mai, l’Association citoyenne de Nouvelle-Calédonie compte « revenir plus fort » et espère rameuter des syndicats. Force ouvrière a affiché son soutien, Solidarité NC et l’USTKE réfléchissent, l’Usoenc n’ira pas. 

Une quinzaine de camions, bennes relevées, et environ 300 personnes devant les bureaux du gouvernement. Pour une deuxième manifestation, les organisateurs étaient satisfaits. Mais l’Association citoyenne de Nouvelle-Calédonie ne compte pas s’arrêter là.

Si les propositions du gouvernement sont jugées pertinentes, leur adoption se fait attendre. « On s’est levés ce matin, l’essence était toujours à 185 francs le litre. Donc on va continuer, assure Florent Perrin, président de l’association. De nombreuses organisations sont en train de rejoindre le mouvement. On reviendra certainement plus fort le 18 mai. »

Les syndicats rejoindront-ils le mouvement ? La question fait l’objet de débats dans plusieurs centrales.

Prudence générale 

Lors du deuxième acte, les taxis de Nouméa étaient représentés, tout comme les rouleurs du BTP, Alone Latai en tête. « On sera le double la prochaine fois » promet-il. Alors que les organisateurs regrettaient l’absence des syndicats, une quinzaine de membres de la FSTCE (affiliée à Force ouvrière) avaient signalé leur présence. « On est avec vous, on va vous soutenir », avait lancé Noël Bernaleau.

Du côté de l’USTKE, qui avait déclenché une « grève générale » éclair, début avril, pour réclamer une hausse des salaires, le bureau confédéral prendra une décision le 19 mai. « On va faire la synthèse de ce que propose le gouvernement et on verra si ça va dans le bon sens », indique André Forest, le président.

« Que font les autres ? »

Chez Solidarité NC, l’heure est également à la réflexion. « Avant de se lancer dans une mobilisation, il faut être prudent. Il faut connaître les tenants et les aboutissants, explique Thierry Mayerau. Et quand on s’engage, il faut aller jusqu’au bout pour obtenir des résultats, sinon ça ne sert à rien. »

Les syndicats sont scrutés, eux qui au début des années 2010 avaient obtenu l’action des élus à coups de manifestations géantes de l’intersyndicale « vie chère ».

« On est attendu, oui, mais que font les autres ? » questionne le secrétaire général de Solidarité NC, qui s’était fortement mobilisé contre le pass sanitaire, l’an dernier, révulsé par « l’interdiction d’accès au travail pour les non-vaccinés ».

En ce qui concerne l’Usoenc, c’est « non » pour cette fois. « La mobilisation est portée par une association. Le gouvernement travaille sur le sujet et on est invités aux réunions sur la réforme fiscale, on ne va pas aller manifester », résume Milo Poaniewa, le secrétaire général, qui concède malgré tout « ça rouspète chez nous ». L’Usoenc prépare des « contre-propositions » au gouvernement.


Usoenc : les salaires, « le nerf de la guerre »

Sous l’effet de l’inflation, le salaire minimum (SMG) a gagné 2 000 francs, passant à 158 000 francs brut. « Des hausses de 1 %, 2 %… Ce ne sera pas suffisant. Il faut augmenter les salaires significativement, c’est le nerf de la guerre », estime Milo Poaniewa. Quant à la réforme fiscale, « il faut bien aller chercher des recettes quelque part ».


Solidarité NC : le nickel doit payer

« ll ne faut pas prendre les mesures à l’envers. Avant d’augmenter la TGC, il faut s’attaquer à la fiscalité minière. » Dans le cadre de la réforme fiscale, Thierry Mayerau réclame l’adoption
« immédiate » de la redevance d’extraction et de la taxe d’export, qui doivent rapporter un total de 3,6 milliards de francs par an.

 

 

Gilles Caprais

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