Les contours du deuxième confinement

Les autorités ont voulu agir vite après la détection des premiers cas de coronavirus. Un confinement a été décrété lundi pour deux semaines, soit jusqu’au 22 mars. En voici les grandes lignes.

C’est avec la mine des mauvais jours que le président du gouvernement, Thierry Santa, et le haut-commissaire, Laurent Prévost, ont annoncé qu’un nouveau confinement serait mis en œuvre. « La situation sanitaire appelle, si nous voulons éviter une propagation rapide de la maladie, des décisions d’une extrême rigueur », a ainsi expliqué le haut-commissaire invoquant l’esprit de responsabilité des Calédoniens. Les mesures de restrictions sont similaires à celles de mars 2020 et s’inscrivent toujours dans le cadre légal de l’état d’urgence sanitaire national.

Confinement sélectif

Lundi déjà, l’ensemble des établissements scolaires, crèches, écoles, collèges, lycées et universités, ont été fermés. Le dispositif de garderie a été enclenché pour les plus jeunes (lire par ailleurs). Le même jour, les établissements de nuit n’ont pas pu ouvrir. Il s’agissait d’empêcher les soirées d’avant confinement qui s’étaient tenues la veille et qui étaient encore prévues.

Mardi, le confinement généralisé est entré en vigueur. Dans les grandes lignes, le nouvel arrêté prévoit la fermeture de tous les établissements de loisirs (cinémas, musées, restaurants sauf vente à emporter et traiteurs, bars, salles de jeux, nakamals) et de tous les commerces ou services non essentiels recevant du public. Une trentaine de types de commerces jugés indispensables à la vie du pays restent cependant ouverts par dérogation (la liste est disponible sur gouv.nc) : alimentation, pharmacies, tabacs, stations-service, banques, assurances, garages, blanchisseries, centres commerciaux, etc. Des discussions sont en cours en ce qui concerne les libéraux de santé comme les orthophonistes, kinésithérapeutes, ostéopathes, etc. Les ophtalmologistes viennent d’être autorisés à exercer.

Toutes les activités économiques sans contact avec le public sont autorisées dans le respect des gestes barrières. « L’activité économique doit continuer et il appartient aux chefs d’entreprise d’identifier les salariés indispensables », a résumé le haut- commissaire. Ainsi les mines, les usines, l’agriculture fonctionnent. Le BTP est aussi autorisé à maintenir son activité, même si les chantiers sont arrêtés aux Loyauté. On sait que la situation n’était pas claire à ce sujet lors du premier confinement. Reste à pouvoir appliquer les règles de distanciation sociale et du port du masque, ce qui est loin d’être évident dans ce secteur d’activité. La Fédération calédonienne du BTP demande que les ouvriers puissent bénéficier de la vaccination. En effet, elle estime que le secteur pourrait devenir un sérieux vecteur de transmission du Covid-19 vu la cohabitation de nombreux métiers sur les chantiers.

Rassemblements et loisirs interdits

Les manifestations, rassemblements, réunions professionnelles, amicales, sportives, familiales, religieuses ou coutumières sont interdites. Les enterrements ne peuvent rassembler plus de dix personnes (liste à l’appui), mais les veillées sont interdites. Les installations sportives ou de loisirs publiques ou privées doivent être vides. Les autorités ont par ailleurs décidé de fermer les marchés sur l’ensemble du territoire, alors que certains prévoyaient d’ouvrir en appliquant les distanciations et les gestes barrières. Un travail va être réalisé pour mettre en œuvre des plans de circulation, des protocoles sanitaires, mais il s’agit, pour l’instant, d’avoir plus d’informations sur le niveau de propagation du virus.
La navigation de plaisance ou professionnelle, le mouillage sur les îlots inhabités sont également interdits tout comme la pêche, la chasse, la baignade, les activités nautiques.

Déplacements restreints et retour des attestations

Désormais, tous les déplacements sont soumis à une attestation motivée. Pour les personnes confinées, les déplacements hors du domicile sont interdits sauf pour les achats essentiels, les rendez-vous médicaux, un motif familial impérieux. Les déplacements brefs sont autorisés à raison d’une heure par jour, dans un rayon d’un kilomètre autour du domicile, pour l’activité physique, la promenade familiale ou d’animaux de compagnie. Il faut alors présenter l’attestation dérogatoire de déplacement et sa pièce d’identité aux forces de l’ordre qui opèrent déjà leurs contrôles. Une attestation simplifiée est également disponible pour les personnes en situation de handicap ou les personnes âgées… Pour le travail, les personnes doivent présenter leur attestation professionnelle de déplacement. Pour l’instant, nous ne disposons pas d’attestation numérique « puisque notre période de confinement ne correspond pas à celle de Métropole ». Mais des propositions doivent être faites dans les prochains jours à l’État. Rappelons que le défaut d’attestation est passible d’une amende de 15 000 francs et le parquet peut aller au-delà, en cas de récidive.

Masques obligatoires

Contrairement à l’année dernière, les masques seront obligatoires à compter de samedi. Sont exemptés les enfants de moins de 11 ans et certaines personnes en situation de handicap. Les masques qui doivent être portés sont les masques chirurgicaux et les masques UNS1. Il n’y a désormais plus de pénurie en Nouvelle- Calédonie et dans le monde d’ailleurs. Les prix des masques et des gels hydroalcooliques ont été réglementés pour éviter une flambée des prix. Ils sont à porter « dès que l’on sort de chez soi » à tout moment. On ignore pour l’instant le montant des amendes en cas de non-port du masque, elles seront communiquées dans les prochains jours.


Accueil et continuité pédagogique

Les établissements scolaires s’organisent pour assurer la continuité pédagogique des 66 000 élèves du territoire. Elle est effectuée via les plateformes numériques et par la distribution d’enveloppes contenant des cours et des plans d’apprentissage. Les étudiants de l’UNC pourront suivre des cours en ligne. Pour tout renseignement sur la continuité pédagogique, il faut joindre son établissement. Et pour toute question sur le dispositif d’accueil des enfants des professionnels prioritaires dans les établissements scolaires, il faut joindre le 05 00 16 (vice-rectorat) ou le 20 49 05 (écoles de la province Sud). Il faut pour l’instant justifier d’une profession prioritaire pour les deux parents. Le dispositif pourra être revu selon la demande. En province Sud, six écoles sont ainsi ouvertes dans l’agglomération et d’autres pourraient l’être en Brousse en fonction des besoins recensés. Neuf crèches sont par ailleurs ouvertes ainsi que trois collèges. En province Nord, trois écoles sont concernées et un collège.


Populations fragiles

Les personnes sans abri doivent être accueillies dans un centre. L’internat du lycée Do Kamo était envisagé mardi pour une trentaine de places avec une ouverture en fin de semaine. Les associations caritatives sont en train de s’organiser pour venir en aide aux plus démunis, notamment la Croix-Rouge qui va revoir ses missions.

Les victimes de violences intrafamiliales peuvent appeler SOS écoute au 05 30 30, envoyer un SMS de signalement au 50 00 67 ou se signaler dans les pharmacies.

C.M.

©D.R. 

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