Le FLNKS décidé à faire pression sur l’État

Une victoire aux législatives renforcerait la position des indépendantistes avant les prochaines discussions avec l’État. Dans la seconde circonscription, Gérard Reignier (Union calédonienne) tentera de faire mieux que Louis Mapou il y a cinq ans. Dans la première, Wali Wahetra aura fort à faire.

Bien loin des vastes et longues campagnes de terrain que sait mener le FLNKS, celle-ci aura été relativement courte – moins d’un mois. Mais les responsables du Front veulent croire qu’elle suffira à « remobiliser la mouvance indépendantiste », après la non-participation au référendum du 12 décembre. « La machine est lourde, mais elle est forte. Et ces dernières années, elle a bien fonctionné. Elle peut fonctionner encore une fois », estimait Gérard Reignier le jour du lancement de la campagne, le 17 mai.

Parler aux députés métropolitains

Wassissi Konyi, porte-parole du bureau politique, compte sur un bon résultat dans les deux circonscriptions pour faire pression sur l’État avant le début des prochaines discussions – que le FLNKS souhaite « bilatérales », sans participation des loyalistes. La ligne : « hors de question » de dégeler le corps électoral ou de travailler à un nouveau statut au sein de la République. Le pays est « en voie d’émancipation » et « voué à l’indépendance ».

« Il faut que les indépendantistes soient représentés à l’Assemblée nationale », insiste Gérard Reignier, pour convaincre les députés métropolitains. La France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie, « c’est vrai », il l’accorde à Emmanuel Macron, mais « elle sera plus grande si elle accompagne le pays vers sa pleine souveraineté ».

Une chance dans la seconde ?

Pour pouvoir rejoindre les bancs du palais Bourbon, les candidats du FLNKS devront faire beaucoup mieux que lors des précédentes élections législatives. Dans la seconde circonscription, celle où leurs chances sont mécaniquement les plus élevées, Louis Mapou avait récolté 30 % des suffrages avant de s’incliner (45 % – 55 %) face à Philippe Gomès (Calédonie ensemble), qui ne se représente pas. Cette fois-ci, Gérard Reignier fera face à une candidate indépendantiste, Muneiko Haocas, la présidente du MNIS. Au second tour, il pourrait cependant bénéficier d’un éparpillement des voix loyalistes, notamment dans l’hypothèse d’une qualification de Thierry Santa et de Nicolas Metzdorf.

Dans la première circonscription, la tâche est toujours rude : Charles Washetine avait réalisé un score de 10 % en 2017. Mais Wali Wahetra, décidée à « faire appel à la solidarité du peuple français » depuis Paris, croit fermement en ses chances. Wassissi Konyi estime lui aussi qu’atteindre le second tour est « complètement réalisable ».

 

G.C. (© Archives DNC/G.C.)

 

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