Le Festival du cinéma de La Foa résiste à la crise

Alors que les cinémas et la production ont subi de plein fouet les effets de la crise sanitaire, notamment en Métropole, le Festival du cinéma de la Foa a pu résister à ce chaos. Mieux, il sera proposé dans son format habituel avec un président du jury prestigieux et local : Pierre Gope.

C’est une chance pour la culture, pour les cinéphiles de Nouvelle- Calédonie. Le Festival du cinéma de La Foa va se tenir dans son format et son volume habituels du 23 juillet au 1er août.

Mais il aura fallu, c’est vrai, franchir un certain nombre d’obstacles. Sur la programmation internationale, Delphine Ollier Vindin, déléguée générale du festival, souligne la « grande solidarité » qui s’est mise en œuvre avec les distributeurs. Ces derniers ont accepté la diffusion dans nos salles sans même connaître les dates de sorties internationales, voire sans que les films ne soient passés par la case cinéma (mais directement sur les plateformes), les salles étant fermées pour cause de crise sanitaire ou désertées, faute de nouveautés.

Localement, on peut se réjouir d’une forte participation des Calédoniens aux courts et très courts-métrages. Le confinement aura d’ailleurs suscité une prolifération de projets qui ont encore trouvé des financements tout comme le festival, d’ailleurs, avec une inquiétude plutôt portée sur l’année prochaine.

Enfin, point de président du jury venu de l’extérieur cette année. Un mal pour un bien, puisque c’est Pierre Gope qui prendra cette fonction et apportera son regard de dramaturge, d’homme de culture sur les courts-métrages calédoniens. Pierre Gope, qui avait déjà participé au Fifo* de Tahiti, s’est dit « heureux d’accompagner ce festival et de mettre en lumière le travail des artistes ». Autre personnalité connue, des jeunes en particulier, Quentin Joubert, alias Kingtäz, intègrera de son côté le jury pour les très courts-métrages. « L’occasion de valoriser les rencontres locales », souligne Delphine Ollier Vindin et de toucher aussi « un jeune public ». Cette participation arrive à point nommé pour Quentin Joubert, cinéphile (notamment de films d’horreur), qui a de nouveaux projets dans l’audiovisuel.

Nomadland et Annette en avant-première

On trouve, cette année, 24 films en sélection internationale. En ouverture, le public aura la chance de pouvoir découvrir Nomadland, de Chloé Zhao, meilleur film des derniers Oscars qui a également reçu le Prix de la meilleure réalisation et de la meilleure actrice. Frances McDormand y vit un road movie moderne dans les vastes étendues de l’Ouest américain. Un film bouleversant.

En clôture, de la qualité également avec Annette, qui a ouvert le Festival de Cannes. Cette comédie musicale signée Leos Carax suit un couple de célébrités hollywoodiennes : une chanteuse lyrique (Marion Cotillard) et un auteur de stand-up avant-gardiste (Adam Driver). Rien d’idyllique, ici, au contraire : elle est parfaite, douce, réservée ; il est torturé, sombre et cynique, impardonnable…

On suivra aussi cette année encore, des premiers films dont Disclosure, drame australien de Michael Bentham, proposé grâce à un partenariat avec le consulat d’Australie (le film a eu besoin d’être sous-titré en français). On trouve également pour ce pays : Le gang Kelly sur la figure historique de l’ennemi public numéro 1, Ned Kelly, et Le chemin de la liberté (Rabbit Proof Fence), excellent film sur l’enfance volée.

Le programme offre par ailleurs trois histoires du Moyen-Orient : L’homme qui a vendu sa peau, film tunisien sélectionné aux Oscars 2021, Le diable n’existe pas, qui se déroule en Iran, et 200 mètres, drame palestinien et, là encore, premier film aux multiples récompenses. L’Afrique sera représentée dans Le père de Nafi, premier film pour Mamadou Dia, et le cinéma fantastique français par La Nuée ou Petite Maman.

On notera aussi cette touche plutôt atypique avec le documentaire d’animation letton My Favorite War, l’errance onirique de Pour l’éternité ou encore le très discuté court-métrage d’Almodovar, La voix humaine, librement inspiré de la pièce de Jean Cocteau. Les amateurs de westerns se réjouiront de (re)voir les cultissimes Il était une fois dans l’Ouest et Johnny Guitare et les fans de Bergman se régaleront avec le documentaire Ingmar Bergman vu par les chorégraphes et Sonate d’automne. Les spectateurs sont invités à désigner leur film préféré parmi cette sélection internationale sur le site du festival. Le Prix du public sera dévoilé lors de la cérémonie de clôture, le 31 juillet à La Foa.

* Festival international du film océanien.

Du 23 juillet au 1er août.

Billetterie : eticket.nc, au Ciné City ou au cinéma de La Foa.

Programme complet et informations : www.festivacinemalafoa.nc et Facebook : Festival du Cinéma de La Foa.


Production locale

Dix films seront en compétition cette année dans la catégorie des courts- métrages et pas moins de 17 pour les très courts-métrages ! 14 projets sont inscrits pour le concours Jeunes Talents (des films réalisés dans un cadre pédagogique), ainsi que sept clips. Ces réalisations seront projetées en journée à La Foa (ou sur NC La 1ère pour les clips). Les dispositifs d’aides à l’écriture ou au développement de projets demeurent aussi : le programme Courts contre la montre, l’aide à la production d’un clip ou d’une musique de films de fiction. Plus de 15 prix seront attribués dans le cadre des différents dispositifs de soutien. Les réalisateurs seront récompensés, le samedi 31 juillet à La Foa, des Nautiles du cinéma et le palmarès sera en projection le lendemain, dimanche 1er août. Les productions primées seront présentées lors de la Nuit de la réalisation calédonienne sur NC La 1ère, en prime time, le 19 octobre.


Animations

Des animations seront proposées tout au long du festival à l’Espace culture Sud, à La Foa, avec cette année un zoom sur le thème du Far West, les westerns, les films australiens.


Le Masque et la…Palme

À l’occasion des 100 ans de la radio en France, le festival rend hommage à l’une des plus anciennes et célèbres émissions de France Inter, Le Masque et la Plume. Le producteur et présentateur, Jérôme Garcin, a donné son autorisation pour que se tienne à La Foa, à l’instar de son émission, une table ronde de critiques de cinéma sur cinq films. Elle rassemblera Marie-Paule Veyret, à l’origine notamment de la section audiovisuelle au lycée Lapérouse (1988), Roland Rossero, auteur et réalisateur, et Manuel Touraille, auteur et directeur du Rex Nouméa. Comme dans l’émission, les spectateurs seront invités à s’exprimer. La séquence aura lieu au cinéma Jean- Pierre-Jeunet de La Foa le dimanche 25 à 16 heures et sera retransmise en live sur la page Facebook du festival. L’occasion de se retrouver entre passionnés !

C.M.

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