« Le Blackwoodstock installe la culture du festival »

Jean-Marc Desvals, directeur artistique, promet des « bêtes de scène » venues de l’étranger, de vendredi à dimanche soir, à Fort Teremba (Moindou), et s’attend à une affluence digne des meilleurs années. Neuf ans après la première édition, il a le sentiment que les Calédoniens s’approprient le festival un peu plus encore chaque année.

DNC : Comment se présente cette édition 2022 ?

Jean-Marc Desvals : Je pense que ce 10e Blackwoodstock sera une grosse édition. On a la chance d’avoir Matmatah, qui a réveillé toute la communauté bretonne, et on se rend compte que ça booste le festival au niveau des ventes. On va probablement doubler la jauge de 2020, où l’on avait que des artistes locaux ‒ on était le dernier festival du monde, quand tous les autres étaient victimes du Covid. On attend entre 2 000 et 3 000 personnes sur trois soirées, ce qui est une nouveauté pour nous. D’habitude, les bénévoles sont épuisés au bout de deux nuits, donc ce sera une expérience…

Les groupes internationaux sont de retour. Que faut-il savoir d’eux ?

Sur les six groupes internationaux, on a trois vrais groupes de live, des bêtes de scène : Last Train, Matmatah et Zebrahead, un groupe américain qui a des fans dans le monde entier. On aura aussi La Jungle, un groupe belge qui sera la claque du festival, j’en suis certain. Donc pour les trois soirs, ce sera trois rocks différents, tout ça au milieu de 40 concerts de groupes locaux, de 30 DJ, de théâtre d’improvisation, de la fanfare Malawi, de séances de yoga… Car il ne faut pas oublier que l’identité du festival, c’est rock and arts. On n’est pas que rock. Les arts indépendants, qui ne sont pas liés à de grosses maisons de production, on toute leur place au Blackwoodstock. On a eu des grapheurs, des artistes de cirque… Je ne dis pas tout, il y aura des surprises.

 

La Nouvelle-Calédonie n’est pas une terre de festivals, historiquement. Est-ce que cette culture s’installe progressivement ?

Beaucoup de Calédoniens vont aux festivals à l’étranger : au Woodford, au Byron Bay (en Australie), aux Solidays (à Paris), mais on n’avait pas ça ici, effectivement. Au Blackwoodstock, ça prend. L’événement installe petit à petit la culture du festival. Quand on lance les early birds (les billets à tarif réduit, vendus quand la programmation n’est pas encore dévoilée), on a environ 350 personnes qui achètent leurs place pour l’ambiance très particulière du festival, pour rester pendant toute la durée de l’événement, pour dormir au camping. On est fier d’être l’une des rares îles du Pacifique où on a un vrai festival. Tahiti n’en a pas, comme la plupart des îles. Les Calédoniens apprennent à découvrir ça d’année en année. Maintenant, on voit des gens venir déguisés, monter leur campement. Certains construisent carrément des châteaux sur le camping. C’est intéressant de voir comment les gens s’approprient le festival.

Financièrement, comment se porte le festival ? Sa pérennité est-elle assurée ?

Depuis 2013, on a connu une édition difficile, en 2017. On était de jeunes organisateurs. On a fait toutes les erreurs, pas seulement dans le domaine artistique. Depuis, on a appris dans l’organisation, on a gagné en rigueur de gestion financière, on n’accepte pas n’importe quelles conditions (de la part des artistes, NDLR). On fait attention aux devis, on restreint autant que possible nos dépenses. On construit nos douches, nos toilettes, pour diminuer les transports depuis Nouméa. Après, on reste une association, pas une boite de production. On veut arriver à un budget équilibré pour repartir l’année d’après, rien de plus. Le budget sera vraiment bouclé à la fin du festival, avec les recettes de la buvette notamment. Sauf incident, on devrait très bien s’en sortir cette année.

Informations et réservations sur www.eticket.nc, billets de 6 000 à 9 000 francs (pass 3 jours, camping inclus) selon la formule.

Photo : Jean-Marc Desvals est « très attaché au fait d’organiser un événement en Brousse, sans même que les artistes passent par Nouméa avant ou après ». © DR

Propos recueillis par Gilles Caprais

Les gendarmes sont invités

Le festival est pensé pour que les gens dorment sur place. Hors de question de prendre le volant pour rentrer sur Nouméa au milieu de la nuit après avoir consommé de l’alcool. Le message sera répété dans les prochains jours par les organisateurs du Blackwoodstock, qui bénéficient de la coopération de la gendarmerie nationale. Les contrôles seront nombreux aux abords du festival.

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