Lara Grangeon : “J’ai toutes les cartes en main pour les JO. ”

Avec un titre de vice- championne d’Europe sur le 25 km en eau libre en Hongrie lundi, la nageuse calédonienne a prouvé, après quelques contre-performances, qu’il faudra compter sur elle aux Jeux olympiques de Tokyo.

DNC : Quel regard portez-vous sur ce titre européen ?

Lara Grangeon : C’est mon meilleur résultat en eau libre pour l’instant à ce niveau. Donc je suis très satisfaite. Ce 25 km a été très compliqué, il faisait très froid et je me suis pris un coup dans le visage au cinquième kilomètre. Ensuite, à la fin du septième tour, quand l’Allemande (Lea Boy, NDLR) est partie seule, j’ai eu un point de côté et je me suis arrêtée pour me reposer. Lorsque je suis repartie, j’avais déjà 50 mètres de retard sur le groupe de tête. Mais en me concentrant sur ma respiration, j’ai réussi à récupérer et retrouver le groupe devant. Mais ça a été de gros efforts. À la fin, l’Italienne (Barbara Pozzobon, NDLR) m’a aussi tiré les pieds, donc j’ai dû crier pour attirer l’attention des juges et éviter de me faire coincer pour la deuxième place.

Donc il y a eu beaucoup de rebondissements ?
C’est vrai que cette médaille a été difficile à aller chercher, mais c’est une satisfaction d’autant plus grande que je suis allée au bout de moi-même. Je pense que cela va beaucoup me servir pour mon 10 km aux JO. L’eau libre, c’est long, il y a des coups de moins bien et il faut savoir rester concentré. C’est ce que j’ai réussi à faire (lundi).

Cette course s’est faite avec une combinaison néoprène, qui vous a causé pas mal de soucis par le passé. Comment gérez-vous ce facteur aujourd’hui ?
C’est vrai que je n’aime pas du tout ça. Je suis une nageuse issue du bassin avec une combinaison en tissu. Aujourd’hui, je ne peux toujours pas dire que je suis à l’aise avec une néoprène et que j’aime ça. J’ai réussi à faire de bonnes performances en Hongrie, mais je ne me sens pas en pleine possession de mes moyens. Cette matière me compresse et je pense que cela joue sur ma respiration. Mes points de côté viennent de là, je pense, j’ai du mal à bien gérer ma respiration.

Quel est l’importance de ce titre dans l’optique des Jeux olympiques ?
Cela m’a montré que j’avais les ressources puisque j’arrive à aller sans problème au bout du 25 km et que j’ai la vitesse pour rattraper les autres filles. Si je n’ai pas pu rivaliser avec l’Allemande durant la course, en revanche, lors du sprint face à l’Italienne, j’étais aussi assez lucide. Donc ce que je peux retenir, c’est qu’en cas d’arrivée au sprint, je serai présente et si ça part vite aussi. J’ai l’impression que j’ai pas mal de cartes en main pour être bien à Tokyo.

Peut-on comparer les deux courses ?  Non. Les conditions seront totalement différentes au Japon. Mais je pense que ce sera à mon avantage : je suis bien plus à l’aise dans l’eau chaude, vu que je suis habituée aux eaux de notre lagon et en plus, j’aurai une combinaison en tissu et non en néoprène. Et puis je vais faire mon dernier stage avant les Jeux à Font-Romeu, dans les Pyrénées, où je vais pouvoir travailler dans une thermo-room, une salle chauffée avec beaucoup d’humidité pour reproduire les conditions d’un été à Tokyo.

En Hongrie, votre moins bon classement a été celui du 10 km. Est-ce que cela vous inquiète ?
Non, pas du tout. Il faut bien voir qu’aux championnats d’Europe, beaucoup de filles n’avaient pas fait le 5 km avant le 10 km comme je l’ai fait. De toutes les filles devant moi au classement, seule Sharon Van Rouwendaal a doublé et je pense que cela a joué. Sharon est d’ailleurs très forte en néoprène, mais il n’y a plus autant d’écart entre elle et moi qu’en 2018, à Glasgow.

Les organisateurs de Tokyo-2020 ont prévu des Jeux extrêmement stricts sur le plan sanitaire. Est-ce que cela fait une différence pour vous ?
C’est sûr qu’il faudra faire très attention. On aura des tests tous les jours et en cas de contamination au Covid, on ne pourra pas prendre part à la course. Mais ces conditions sanitaires strictes sont devenues une habitude sur le circuit. C’était déjà le cas à Doha, lors de la manche de Coupe du monde. À Budapest, nous n’avons jamais pu sortir de l’hôtel pour autre chose que d’aller à la piscine ou au lac pour les entraînements et la compétition. Je sais qu’au Japon, on va privilégier l’hôtel par rapport au village pour croiser le moins de monde possible.


La France brille en eau libre

Alors que débute cette semaine les épreuves en bassin en Hongrie, l’équipe de France n’aura pas manqué ses Europe si on ne regarde que les résultats en eau libre. Dans l’eau fraîche de Budapest, les Bleus ont remporté cinq médailles dont le titre d’Axel Raymond sur le 25 km. S’ajoutent ensuite deux médailles d’argent pour Marc-Antoine Olivier (5 et 10 km), une pour Lara Grangeon (25 km) et une troisième place pour Océane Cassignol sur le 5 km.

A.B.

©FFN/Deep Blue Média

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