La Calédonie et les pesticides, une longue histoire

L’UFC-Que choisir a récemment diffusé plusieurs communiqués de presse en lien avec les pesticides. Elle alerte quant aux pratiques de certains agriculteurs puisque les analyses des autorités ont montré l’emploi de produits interdits. L’association pointe également des problèmes dans le processus d’homologation des pesticides qui dégradent la confiance entre les producteurs et les consommateurs.

Les pesticides, plus pudiquement appelés produits phytosanitaires, font l’objet de nombreux recours de la part du collectif Ensemble pour la planète et de l’association de protection des consommateurs, UFC-Que choisir. Pour être plus précis, il s’agit de recours contre des substances actives homologuées par la Davar, Direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales, en charge de ce dossier. Dans la plupart des cas, les associations estiment que la dangerosité des produits justifie de ne pas les utiliser, d’autant que le territoire dispose d’une expertise scientifique extrêmement limitée quant aux conséquences de ces produits employés en milieu subtropical (beaucoup sont importés d’Europe où le climat est différent).

L’UFC-Que choisir a fait savoir, le 13 avril, que sa fédération et un collectif d’autres associations avaient eu gain de cause devant le Conseil constitutionnel concernant la « procédure d’élaboration des chartes départementales permettant de réduire les distances minimales d’épandage des pesticides près des habitations, appuyant sa décision

sur la Charte de l’environnement ». Une décision qui ne concerne pas directement la Nouvelle-Calédonie, mais est l’occasion pour l’UFC de s’interroger sur le bon respect de la réglementation calédonienne. L’association rappelle que les pesticides ne peuvent pas être utilisés avec des vents au-delà de sept à dix noeuds (12 à environ 18 km/h). De la même manière, l’agrément de pesticides doit faire l’objet d’une consultation publique qui, selon l’UFC, est souvent inadaptée aux connaissances du grand public, parfois incomplète ou encore sans note explicative détaillée justifiant l’absence d’alternatives.

Quelles suite aux constatations des dépassements ?

L’association insiste enfin sur les conditions de participation du public sur les questions environnementales. Un principe de la Charte de l’environnement qui a valeur constitutionnelle et s’applique péniblement en Nouvelle-Calédonie, selon l’UFC.

Le Congrès ne s’y est toujours pas penché et ce sont finalement les interventions de quelques associations qui poussent les institutions à consulter le public sans d’ailleurs forcément tenir compte des idées avancées par la société civile.

La Chambre d’agriculture fait régulièrement valoir à raison que les pratiques ont évolué (les importations de pesticides à usage agricole ont sensiblement reculé ces dernières années et des formations existent depuis plusieurs années) et les analyses montrent que les concentrations de résidus de pesticides sont nettement moins importantes sur la production locale que sur les produits importés. Les campagnes de prélèvements, sur lesquelles la communication du gouvernement se limite à sa plus simple expression, montrent des irrégularités et pas uniquement sur les produits importés même s’ils conservent toutefois la palme. Ainsi, le raisin affiche des dépassements de limites autorisées et, pire, l’usage de cocktails de substances non agréées.

Concernant la production locale, les échantillons révèlent l’usage de neuf substances non agréées en Europe. On retrouve également la présence d’un mélange de cinq substances sur un échantillon de melons, de quatre sur des tomates et trois sur des poivrons et de la salade. À noter, la présence de carbendazime, interdite en Europe et en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs années. Autant d’éléments qui posent question quant aux contrôles réa- lisés par la Davar et des moyens qui lui sont alloués pour réaliser ses missions. L’associa- tion recommande de consommer des fruits locaux et de saison, moins gourmands en engrais et en pesticides, de privilégier l’achat de produits labellisés « BioPasifika » et enfin, d’interroger les producteurs de produits « Agriculture responsable », un label qui limite l’usage des pesticides, mais ne les interdit pas. L’UFC demande par ailleurs aux institutions de sanctionner sévèrement l’emploi de subs- tances non homologuées, les dépassements de limites des résidus de pesticides et l’infor- mation du public concernant les suites don- nées à ces constatations, comme la saisie des pesticides interdits.

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