« Il faut que la Nouvelle-Calédonie devienne une destination vélo »

Deux cadres de la Fédération française de cyclisme (FFC) sont sur le territoire afin de dispenser des formations et faire l’état des lieux des structures. Interview croisée de Jérôme Krier, responsable des équipements sportifs à la FFC, et de Tommy Vanoudendycke, président du Comité régional cycliste calédonien.

De gauche à droite, Tommy Vanoudendycke, président du Comité régional cycliste calédonien, et les deux cadres de la Fédération française de cyclisme, Jean-Charles Romagny et Jérôme Krier.

DNC : Quelle est la raison de la venue de deux cadres de la Fédération française de cyclisme ?

Tommy Vanoudendycke : J’avais formulé une demande auprès de la FFC afin qu’une délégation se déplace ici pour plusieurs raisons. D’abord, sur le volet pédagogique, il y a la mise en place du dispositif « Savoir rouler à vélo » et un besoin de formation auprès de nos clubs et de leurs bénévoles. L’autre axe, c’était de faire à la fois un état des lieux des sites de pratique et une évaluation de nos projets.

Quel est votre programme ?

Jérôme Krier : Je vais visiter des équipements, par exemple le vélodrome de Magenta, afin de voir s’il est possible de faire une réfection ou s’il faut le détruire pour en construire un autre. Après, il y a les sites VTT et les espaces de pratique. On est plutôt dans une démarche de labellisation : on vient voir si certains sites peuvent rejoindre le giron du réseau national. Et puis il y a aussi ce qui n’existe pas encore, comme ce projet de création d’une piste de BMX Race.

Que peut-on faire pour que la pratique du vélo prenne plus d’ampleur ?

J.K. : Je pense qu’il faut travailler pour que la Nouvelle-Calédonie devienne une destination de vélo en proposant des séjours cyclistes, que ce soit sur route, en VTT ou en « gravel » (sentiers, NDLR). C’est un angle touristique qui va du haut niveau au sport santé et qui pourrait structurer toute la filière.

T.V. : Au niveau du comité, on voit deux axes forts. Le premier, ce sont les jeunes. On voudrait les capter en milieu scolaire, avec le dispositif « Savoir rouler à vélo », afin d’emmener du volume dans nos clubs et nos pratiques. Et puis, il y a le tourisme, en faisant connaître tout le potentiel du territoire. C’est le message qu’on veut faire passer aux institutions, notamment pour pouvoir les accompagner dans cette démarche avec, par exemple, la mise en place d’installations normées et leur suivi. Si plusieurs disciplines sont représentées, on peut toucher des publics différents : le VTT, la route, demain le BMX, et d’autres (quatorze disciplines différentes sont affiliées à la Fédération française de cyclisme, NDLR) .

 

On voudrait capter les jeunes en milieu scolaire afin de les faire venir dans nos clubs.

 

Le BMX est inscrit au programme des Jeux olympiques d’été depuis 2008. Comment développer cette discipline sur le territoire ?

T.V. : Je pense que tous les ingrédients sont réunis. On a des clubs qui sont prêts à s’y mettre plus sérieusement : pour le moment, ils pratiquent sur des pumptracks, mais cela ne leur suffit plus, ils veulent passer au niveau supérieur. Il ne manque donc plus que les infrastructures. On pense que dès qu’une piste de BMX Race ouvrira, on aura un boom de licenciés, entre 150 et 200 en plus, alors que nous sommes à 450. Ce n’est pas anecdotique.

J.K. : Aujourd’hui, l’évolution du nombre de licenciés au sein de la Fédération française de cyclisme est essentiellement supportée par la filière BMX. C’est un public très jeune, avec un profil plus urbain. C’est une discipline moderne, spectaculaire et complète. Son seul problème, c’est qu’il faut une véritable piste pour pouvoir pratiquer le BMX Race.

Peut-on dire que la Nouvelle-Calédonie est une terre de vélo ?

J.K. : Elle l’a toujours été. L’histoire du cyclisme ici est remarquable. Il y a un eu trou d’air ces dernières années, mais on sent qu’il y a une nouvelle émulation. On met des choses en place, des structures, des filières, mais derrière, il y a un vrai besoin de former des cadres. En tout cas, la FFC voit, pour les deux ou trois ans à venir, une dynamique très positive et innovante.

T.V. : On a connu le creux de la vague. Depuis une dizaine d’années, on a du mal à faire émerger des champions. Là, on redémarre tout doucement. Depuis trois ans, on arrive à envoyer de jeunes Calédoniens dans les structures nationales, aussi bien sur route, que sur piste ou en VTT. On récolte notamment les fruits du Pôle espoirs. On s’appuie sur un milieu bénévole au sein de nos clubs et il a fallu faire un travail de formation, notamment pour combler notre manque de ressources en matière d’éducateurs. On est sur la bonne voie pour construire de belles années.

 

Propos recueillis par Titouan Moal (© T.M./Archives DNC/AB)

 

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