En route pour un nouveau round d’Oceania

La réunion des pays et territoires d’Océanie pour le développement durable commence un nouveau cycle. Après 21, Oceania devient 22, à l’instar de la COP des Nations unies. Le sommet, qui s’est tenu du lundi 11 au mercredi 13 avril à Gouaro Deva, a proposé une réflexion sur les savoirs traditionnels et a fixé la ligne des pays océaniens en vue de la COP22, à Marrakech, en novembre. Ils entendent rappeler l’importance de ne pas reculer.

La grand-messe est dite. La COP21 de Paris, si elle n’a pas tenu toutes ses promesses, n’a pas connu l’échec des précédents sommets. Les pays doivent maintenant ratifier cet accord afin de confirmer leurs engagements, ce qui est loin d’être le cas. Si Fidji a été la première nation à adhérer, les grands pays ont encore du travail devant eux.
À l’image de l’engagement fidjien, les pays et territoires d’Océanie souhaitent, au travers du sommet Oceania 22 qui s’est déroulé à Gouaro Deva du 11 au 13 avril, rappeler aux participants de la COP qu’il s’agit maintenant de traduire les engagements en réalité. C’est sur ce message que les pays du Pacifique se sont accordés et qui sera porté à la COP22 de Marrakech, en novembre prochain.

« L’événement prend du poids »

Pour Nicolas Imbert, directeur exécutif de la Green Cross France*, représentant la société civile à cette quatrième édition, ce sommet est celui de la maturité. Lancé en 2013, le contenu se structure et la réunion commence à gagner en crédibilité. C’est du moins ce qu’estime le directeur de l’ONG environnementale qui constate le soutien des structures financières régionales et internationales. Un avis partagé par François Bockel, responsable du service de la coopération régionale au gouvernement. « L’inclusivité a été démontrée par la présence de délégations de toutes les organisations intergouvernementales. C’est une preuve de la crédibilité d’Oceania, ce qui n’était pas forcément vrai au départ. L’événement prend du poids », estime le responsable du service.

A-t-il pour autant un impact sur les grandes négociations internationales ? C’est loin d’être sûr si l’on considère la Déclaration de Lifou, le document dont avait accouché la troisième conférence. Pour certains observateurs de la COP de Paris, la Déclaration n’était pas particulièrement agressive ni démesurément revendicative. Pour Anthony Lecren, membre du gouvernement en charge du développement durable, le rassemblement océanien qu’il a lancé dans la continuité de son opération « Un arbre un jour une vie », « est le premier jalon depuis la COP21 et à vocation à enfoncer le clou ». D’où le sous-titre de la réunion, « De Paris à Marrakech, l’Océanie montre la voie ».

Après les grands affichages, il faut maintenant mettre la main à la poche et c’est sur ce point que les Océaniens souhaitent voir des avancées. Le Fonds vert, qui a vocation à financer les opérations des pays les plus vulnérables, est désormais installé mais il reste encore à définir les modalités d’attribution et, plus important encore, doter le fonds. Les nations du Pacifique entendent pouvoir bénéficier de ces investissements pour adapter leurs économies aux changements climatiques.

Protéger les savoirs traditionnels

Pour la Nouvelle-Calédonie, au même titre que la Polynésie française, l’enjeu est encore de savoir si les projets pourront être éligibles au fonds. Point positif, lors de son passage en Polynésie en février dernier, François Hollande a assuré que le territoire pourrait en bénéficier.

En dehors de cette volonté de faire avancer ce dossier, Oceania 22 sera l’occasion de se pencher sur la question de la protection des savoirs traditionnels, point également abordé lors de la COP21. C’est une des particularités d’Oceania que d’associer étroitement aux discussions les représentants coutumiers des différents pays et territoires.

Une réflexion qui ne pourra être que profitable pour la Nouvelle-Calédonie dont les acteurs ont du mal à s’accorder sur le sujet. Pour preuve, le gouvernement et le Sénat coutumier ont chacun déposé un projet de loi au Congrès. Deux textes en concurrence qui devraient conduire à la rédaction d’une nouvelle mouture selon Anthony Lecren qui, en plus du développement durable, est en charge des affaires coutumières.

* La Green Cross International a été fondée en 1993. L’idée reprend celle de la Croix-Rouge sur les questions d’environnement. Son action porte tout particulièrement sur les liens existants entre la pauvreté, la sécurité et l’environnement. La Green Cross est présente dans une trentaine de pays.

M.D

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L’environnement au cœur des préoccupations du Pacifique

Oceania, Guerriers du climat, forum… Les initiatives se multiplient en Nouvelle- Calédonie et dans le Pacifique. Du 4 au 8 avril s’est tenu le premier forum Jeunesse et développement durable. L’idée de ce regroupement, chapeauté par la province Sud, était de rassembler une centaine de jeunes autour de projets écocitoyens de lutte contre le réchauffement climatique bien concrets. Les meilleurs projets seront présentés et récompensés en novembre.

Lancée par l’ONG 350.org, l’initiative des Guerriers du climat du Pacifique est nettement moins consensuelle que les sommets intergouvernementaux. L’idée est de sensibiliser directement les populations, notamment les plus jeunes, sur les conséquences du réchauffement climatique au travers d’ateliers. L’objectif est à la fois de lutter contre les activités, comme l’industrie pétrolière ou du charbon, sources du réchauffement, tout en incitant les plus jeunes à renouer avec leur culture.

En ce qui concerne Oceania, le rendez-vous initié et exclusivement financé par la Nouvelle-Calédonie, jusqu’à présent, pourrait se tenir ailleurs à l’avenir. Deux pays ont notamment fait la demande d’organiser l’événement. Si en matière de bilan d’Oceania dans les négociations internationales, le gouvernement reste imprécis, une chose est sûre, le sommet est un important vecteur d’intégration régionale pour la Nouvelle-Calédonie.

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