DOSSIER : « On doit complètement repenser la construction »

Les 2 et 3 juin au centre Tjibaou, à l’initiative du gouvernement, la Biennale de la construction réunira un secteur qui fait le deuil de la période des grands chantiers. L’avenir se trouve dans la rénovation — cette idée fait déjà consensus — mais également dans l’amélioration de la qualité des bâtiments, et notamment de leur performance énergétique et écologique, insistent les organisateurs. Ils comptent sur les entreprises pour adhérer aux nouvelles normes de qualité, une évolution que les professionnels de l’écoconstruction attendent depuis de longues années.

La Biennale, un tournant ?

♦ Rénover et surtout progresser

En 2015, près de 750 appartements et maisons neufs avaient trouvé preneur. En 2017, la Confédération de l’immobilier estimait que la demande de logements n’avait pas encore été « rassasiée » à Nouméa. Deux ans plus tard, 10 % des habitations du pays étaient inoccupées. La frénésie de construction s’est arrêtée net : seuls 94 logements neufs ont été livrés en 2020.

« On a beaucoup construit, désormais, il faut beaucoup rénover. » C’est le sentiment des professionnels, résumé et partagé par Djamil Abdelaziz, chef adjoint de la Direction des achats, du patrimoine et des moyens (DAPM). Une évolution vue « dans de nombreux pays » : en région parisienne, la construction ne représenterait plus que 40 % du marché. Cette rénovation doit aussi et surtout être l’occasion d’améliorer la qualité des bâtiments.

♦ Créer des métiers à « forte valeur ajoutée »

La Biennale de la construction, organisée par le gouvernement, a pour but d’« explorer tous les champs d’innovation qui permettront d’améliorer le niveau de performance » : diminution des sinistres, baisse de la consommation énergétique des bâtiments, amélioration de l’empreinte écologique par l’utilisation de matériaux recyclés…

Djamil Abdelaziz y voit notamment un intérêt purement économique. En misant sur la qualité, « on espère créer de l’ingénierie, des métiers à plus forte valeur ajoutée et des compétences qui sont parfois loin de la Nouvelle-Calédonie ».

♦ S’adapter au mode de vie océanien

Vaimu’a Muliava avait donné le ton lors de la présentation de la Biennale, au mois d’avril. « Nous sommes partis d’un constat : les logements ne sont pas du tout adaptés au mode vie océanien », estime le membre du gouvernement chargé de la Construction. « Pour bien vivre dans sa maison, il faut qu’elle soit performante, mais il faut aussi qu’on s’y sente bien. La façon dont on organise sa vie ne doit pas être perturbée par une architecture inadaptée », insiste Djamil Abdelaziz. La Biennale aura donc également pour thème l’adaptation au mode de vie océanien.

♦ Un « point  d’inflexion ? »

« On doit complètement repenser la construction », résume Djamil Abdelaziz qui espère que la Biennale sera « un point d’inflexion, un moment où la trajectoire change ». Il défend pour cela une approche non contraignante, « bienveillante », acceptée par toutes les parties prenantes. « On ne peut y arriver que s’il y a des alignements entre la capacité à faire et le besoin politique. »

 

Gilles Caprais (© G.C.)

 

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