Dossier : Mieux préserver le parc, un difficile compromis

2022, une année charnière pour le parc naturel de la mer de Corail, né il y a huit ans, en avril 2014. Les arrêtés encadrant les activités doivent être définis en vue de l’élaboration du plan de gestion 2023-2027. Quelle politique pour l’avenir ? Faut-il davantage préserver, comment et à quel endroit ? Que faire dans les domaines de la pêche, du tourisme et de l’exploitation des fonds sous-marins ? Les avis sont partagés face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

 

Une richesse exceptionnelle

Cinquième aire marine protégée au monde, le parc renferme une remarquable biodiversité qui représente un intérêt patrimonial.

♦ 1,3 million de km2

C’est la surface du parc, qui recouvre l’ensemble de la ZEE, zone économique exclusive, au-delà des eaux provinciales. Il abrite quatre écosystèmes, récifs coralliens, monts sous-marins, milieu hauturier et îles hautes, et environ 2 000 espèces y sont recensées. Une de ses particularités est de constituer une zone de passage, de nourrissage et d’habitat pour de nombreux animaux emblématiques comme les frégates du Pacifique, les requins blancs, les raies mantas, les baleines à bosse et les tortues vertes.

♦ Niveau de protection

En 2018, l’ensemble des récifs coralliens ont été classés réserves naturelles ou intégrales : Chesterfield, Entrecasteaux, Bellona, Pétrie et Astrolabe. Ils hébergent 30 % des récifs coralliens encore vierges (dits « pristines ») de la planète, qui n’en compte plus que 1,5 %. « La Nouvelle- Calédonie est l’épicentre de la plus grande diversité mondiale de coraux profonds, indique Manuel Ducrocq, directeur du service du parc et de la pêche. Il y a une vraie responsabilité vis-à-vis de l’humanité. » Les réserves représentent 2,4 % de la surface du parc, soit 28 000 km2 : 20 000 km2 en réserve naturelle et 7 000 km2 en intégrale. L’accès est soumis à autorisation et la pêche y est interdite.

♦ Et maintenant ?

Après l’adoption par le Congrès d’une loi du pays relative à la sécurisation des aires marines protégées en décembre, le comité de gestion du parc se penche sur les arrêtés qui vont encadrer les activités. Le défi ? Trouver le bon équilibre entre la pression de l’homme, celle des usages et la préservation sur le long terme. « Le curseur ne sera pas placé au même endroit selon les gens, affirme Joseph Manauté. Il faudra beaucoup discuter avant de prendre une mesure afin de trouver le bon équilibre. »

♦ Retard et manque de moyens

Le parc est cogéré par l’État et le gouvernement. Ils s’appuient sur un comité de gestion, dont il s’est doté en 2015, composé de 32 membres représentant les institutions, les coutumiers, les socioprofessionnels et les associations environnementales, ainsi qu’un comité scientifique, créé en 2018, constitué de quinze membres. Deux instances qui tournaient au ralenti. « La priorité était de remettre en route le comité de gestion, qui doit bientôt se réunir, de renommer le comité scientifique, ce qui a été fait, et de travailler sur la loi du pays, explique Joseph Manauté, membre du gouvernement en charge du parc. Il a également fallu doter le service du parc et de la pêche de moyens humains, on est en train d’y remédier. »

 

Anne-Claire Pophillat (Carte Gouvernement NC)

 

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