Dossier législatives : Qui accèdera au second tour ?

Le premier tour des élections législatives, dimanche 12 juin, opposera huit candidats dans la première circonscription (Nouméa et les Îles) et neuf dans la seconde. Du côté des députés sortants, Philippe Dunoyer se représente, Philippe Gomès s’est mis en retrait de la vie politique.

 

« Les électeurs qui souhaitent s’abstenir ont une alternative »

Pascal Lafleur, candidat surprise et sans étiquette dans la première circonscription, fustige l’« immobilisme » des élus, côté non-indépendantiste notamment. Décidé à revenir à « l’esprit de la poignée de main », le chef d’entreprise espère convaincre les déçus et les abstentionnistes de sanctionner les « professionnels de la politique » en votant pour de nouveaux visages.

DNC : Après ces trois semaines de campagne, pensez-vous que votre candidature puisse percer dimanche ?

Pascal Lafleur : Je crois sincèrement qu’il peut y avoir une surprise. La mobilisation est forte, notamment sur ma page Facebook. Cela veut dire qu’il y a un besoin d’information sur une candidature qui n’était pas attendue, de la part de gens qui soutenaient l’action de mon père, qui sont indécis ou mécontents de la situation. Les électeurs qui souhaitent s’abstenir ont une alternative : ils peuvent s’exprimer sans subir des candidats qui les ont démotivés.

Pensez-vous que l’abstention soit la responsabilité de vos concurrents ?

Quand on regarde les chiffres depuis 2012, malgré l’augmentation du nombre d’inscrits, la participation est de plus en plus faible. Les partis qui se présentent perdent en représentativité. Celui de Philippe Dunoyer, Calédonie ensemble, pèse de moins en moins. Et pourtant, il est le candidat d’une alliance dont le seul argument est la constitution d’une majorité présidentielle. Pour moi, on cherche à abuser l’électeur.

 

Philippe Dunoyer est le seul candidat d’une alliance dont le seul argument est la constitution d’une majorité présidentielle. Pour moi, on chercher à abuser l’électeur.

 

Dans cette union, vous semblez considérer que Calédonie ensemble est le problème…

Leur choix de société ne me convient pas. Je n’ai jamais voté pour Calédonie ensemble. J’ai voté pour l’Avenir en confiance, qui avait une orientation institutionnelle qui me plaisait davantage. Il n’existe plus tel qu’on l’a connu et une partie s’est rapprochée de Calédonie ensemble. Sur quel projet se sont-ils alliés ? Je n’en sais rien.

Vous proposez de « revenir à l’esprit de la poignée de main », un discours déjà tenu par de nombreux candidats. Cela suffira-t-il à rassembler les électeurs ?

Je ne propose pas que cela. Mais effectivement, d’autres parlent de la poignée de main, mais ce sont des paroles. Dans leurs actes, ils font l’inverse. J’ai entendu que certains voulaient recréer le RPCR… Il y avait une charte, une vision… Ils n’ont rien de tout cela. Je souhaite défendre cet esprit des Accords parce que j’y crois, parce que l’on ne peut pas faire autrement. Mais je propose également des orientations sur l’avenir institutionnel, avec deux provinces au lieu de trois. Et des orientations économiques, car avec uniquement une solution institutionnelle, on peut aller dans le mur en cinq ans. Les Calédoniens subissent la vie chère, le chômage…

Sur la vie chère, quelles sont vos propositions ?

Le coût de la vie est principalement importé. La Calédonie ne représente que quelques secondes de production pour les fournisseurs, donc la négociation est difficile. Les taxes qui sont votées par le gouvernement contribuent à ce coût de la vie. Je souhaite aborder les choses différemment : par le cercle vertueux du développement économique. Les gens quittent le territoire parce qu’ils sont matraqués fiscalement et qu’ils n’ont pas le droit de vote. Il ne faut pas de nouvelles élections sans que ces gens puissent voter. Il faut que tous les Calédoniens – et j’entends par Calédoniens l’ensemble des habitants qui se sentent investis dans la vie du territoire – aient le droit de s’exprimer.

Les indépendantistes font du dégel du corps électoral une ligne rouge. S’il y a clash sur cette question, comment envisagez-vous les choses ?

Je crois qu’il faut savoir pourquoi les indépendantistes s’accrochent à ce point. Quand on le saura, on pourra peut-être apporter des solutions qui les rassureront. Je suis contre l’exclusion : celle des gens qui n’ont pas le droit de vote, mais aussi celle des indépendantistes, qui forment une minorité d’électeurs. Donc il faut que l’on trouve un système où ils conservent une place sur le plan politique, et où les Mélanésiens ne sont pas exclus sur le plan culturel.

Sur toutes ces notions qui les ont amenés à être indépendantistes, il y a certainement eu des erreurs de faites dans le passé. Mais aujourd’hui, on se comprend mieux, on dialogue, on développe. Si on garantit aux gens leur culture et une amélioration de leurs conditions de vie, ils seront moins indépendantistes.

 

Propos recueillis par G.C.

 

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