Des interrogations après la découverte d’un cas positif à Aircalin

Un cas de coronavirus a été détecté, lundi, sur un pilote d’Aircalin, quatre jours après son retour en Calédonie, alors qu’il observait sa quatorzaine à domicile comme le prévoit le protocole en vigueur. Heureusement, ses quinze cas contacts ont été testés négatif. L’occasion de revenir sur le dispositif en place.

Les cas de Covid-19 ne sont pas rares dans les lieux de quatorzaine réquisitionnés par le gouvernement. Nous en avons eu encore deux, vendredi dernier, à l’issue des tests réalisés en fin d’isolement. Ces personnes ont la particularité d’être sous surveillance dans le cadre d’un confinement strict, ce qui est plutôt rassurant pour l’ensemble de la population.

La vraie inquiétude est arrivée lundi, après le dépistage positif d’un pilote d’Aircalin qui figurait parmi les 187 personnes testées ce jour-là. Asymptomatique, il a cependant été immédiatement isolé à l’unité Covid du Médipôle. Il était revenu d’une rotation sur Tokyo dans la nuit du 4 au 5 février, soit quatre jours auparavant, et se trouvait en isolement à domicile, comme le prévoit le protocole réservé au personnel navigant, ont expliqué les autorités.

La Direction des affaires sanitaires et sociales a réalisé une enquête afin de recenser les cas contacts. Pas moins de quinze personnes ont été identifiées : huit de son entourage familial et sept membres d’équipage avec lesquels ce pilote a réalisé son dernier vol. Tous ont été conduits dans un hôtel pour y effectuer une quatorzaine. Heureusement, les tests de dépistage se sont tous révélés négatifs. Ces personnes seront de nouveau testées au 14e jour après leur dernier contact étroit avec le pilote et devront présenter un test négatif pour regagner leur domicile.Les sept membres d’équipage resteront en quatorzaine jusqu’au 18 février et les huit personnes de l’entourage familial jusqu’au 22 février.

Le gouvernement affirme que ces personnes contacts « n’ont pas pu en contaminer d’autres dans leur entourage avant d’être conduites en quatorzaine » puisqu’elles présentent des tests négatifs (le délai d’incubation est de trois à cinq jours en cas de contamination). Il s’agira néanmoins de voir comment leur état de santé évolue dans les prochaines semaines, les symptômes pouvant apparaître jusqu’à 14 jours après le contact avec la personne positive. Nous pourrions alors avoir une première transmission locale.

Le protocole

Cette annonce a légitimement suscité des questionnements et des inquiétudes au sein de la population. De fait, le protocole d’exemption qui concerne le personnel navigant (un effectif de 137 personnes) ou encore les professionnels de santé accompagnant les évasanés est moins connu, plus souple et forcément plus inquiétant. Ce protocole, rappelons-le, est en vigueur parce que ces professionnels sont amenés à effectuer des vols réguliers et qu’une quatorzaine stricte à l’hôtel serait impossible (ils passeraient leur vie dans un avion ou en isolement).

Les hôtesses, stewards et pilotes sont donc soumis à un auto-confinement à domicile de deux semaines après chaque vol passagers avec Tokyo ou après la rotation de Wallis lorsque des personnes en provenance de Métropole se trouvent à bord. Ils n’y sont pas soumis sur les vols cargo ou les vols dans la « bulle » avec Wallis.
En quatorzaine à domicile, ils doivent surveiller leur état de santé deux fois par jour (température, etc.), ne sortir qu’une heure par jour pour leurs activités physiques et éviter tout contact avec l’extérieur. Il y a également toute une série de règles d’hygiène et de distanciation en extérieur ou au domicile à respecter. L’entourage familial doit aussi opérer une surveillance, limiter ses déplacements, réduire ses activités sociales et les contacts avec les personnes fragiles. Le protocole ne prévoit pas de contrôle à domicile par la Dass, seulement une vérification des données sanitaires.

En escale, les équipage d’Aircalin sont également confinés et leurs interactions réduites au strict minimum. Un contrôle général de l’état de santé est effectué avant chaque vol et au retour, à Tontouta. En cas de symptômes, où qu’ils se trouvent, ils doivent immédiatement alerter les autorités compétentes qui les prennent alors en charge.

Se pose ensuite la question du dépistage. La règle indique qu’il « doit être réalisé régulièrement, tous les 14 jours, de préférence 48 à 72 heures avant le prochain vol ». Il appartient à chaque membre d’équipage de prendre ces rendez-vous. Autre élément, un test systématique à l’arrivée n’aurait pas forcément de sens en raison du délai d’incubation de trois à cinq jours, selon les autorités. Ce qui explique probablement pourquoi en l’occurence le test n’a été effectué qu’au bout de quatre jours après son retour.

En première ligne

Il a été confirmé que cette personne avait reçu la première injection du vaccin, dans le cadre de la campagne de vaccination en cours à Aircalin qui aurait déjà concerné la moitié des effectifs navigants. L’ensemble du personnel de la compagnie et désormais son entourage font effectivement partie des personnes prioritaires. Le vaccin, évidemment, n’empêche pas la maladie ou la contagion, mais uniquement les formes graves. Ce qui peut néanmoins être rassurant pour ces personnes qui sont en première ligne. (À l’échelle de la Calédonie, on le sait, c’est un moyen de construire une immunité collective).

Alors que les critiques fusent, il convient de rester pragmatique. S’il est vrai qu’il faut absolument s’assurer qu’il n’y ait pas de faille dans le système et que le protocole soit bien respecté pour éviter toute propagation sur le territoire, il est aussi important de comprendre que l’on pourrait difficilement soumettre les membres d’équipage de la compagnie aérienne à une vie avec quatorzaine stricte (personne ne le ferait !). Gardons aussi à l’esprit que ce sont finalement les seuls Calédoniens à s’exposer à un risque quotidien (pour eux, leur entourage, et toute la Calédonie), pour que subsistent les trajets de fret et de personnes, ces dernières étant pour beaucoup, dans des situations délicates.

Éléments internes de communication à destination des personnels navigants. 


Quelques chiffres

50 cas de Covid-19 ont été confirmés en Nouvelle-Calédonie depuis le début de la crise.

548 personnes sont actuellement en quatorzaine dans un hôtel.

21 513 tests ont été réalisés.

1 672 personnes ont reçu leur première injection vaccinale.


La vaccination ouverte aux personnes âgées

La Nouvelle-Calédonie entre dans la deuxième phase de sa campagne vaccinale qui concerne désormais aussi les plus fragiles. Les personnes de 75 ans et plus sont ainsi appelées à se faire vacciner. Pour l’instant, l’unique centre de vaccination se situe au Médipôle. Il suffit de contacter le 05 00 33 (numéro vert), du lundi au vendredi de 8 heures à 17 heures, pour prendre rendez-vous. Une consultation médicale a systématiquement lieu en cas d’antécédents exposant à un risque d’effets secondaires. La vaccination est gratuite et non obligatoire. Elle nécessite deux injections à 21 jours d’intervalle. La campagne a débuté localement le 20 janvier.

C.M.

©Aircalin 

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