Des conseils pour se lancer

Avec son bureau d’études Tilt, Catherine Glanois élabore des plans de mobilité employeurs avec les collectivités et les entreprises - « obligatoires en Métropole pour les sociétés de plus de 100 salariés » -, à la fois sur les déplacements professionnels et ceux entre le domicile et le travail. (© A.-C.P.)

Covoiturer, prendre le bus ou le vélo, télétravailler, faire des visioconférences… Autant d’alternatives que Catherine Glanois, gérante du bureau d’études Tilt, spécialisé en mobilité, propose pour réduire son empreinte carbone.

« Si la voiture électrique est bien l’avenir de la voiture, ce n’est pas celui de la mobilité. » Alors avec Tilt, bureau d’études spécialisé en mobilité, Catherine Glanois s’attache à valoriser les autres formes de déplacement auprès des entreprises et des collectivités. « On demande beaucoup aux particuliers, mais pour qu’ils puissent changer, l’entreprise est un bon cadre pour les accompagner. »

Cela peut passer par la mise à disposition d’un vélo à assistance électrique. Une fois par semaine suffit à faire une différence. « Cela représente 20 % des déplacements en moins, une voiture sur cinq en moins sur la route et 1/5 des dépenses de carburant en moins. C’est moins contraignant et ça a déjà un impact important. » Certaines entreprises se sont lancées en testant le vélo bus. « Le faire en groupe aide à lever les peurs, les blocages, de réaliser que ça fait du bien et de s’assurer son itinéraire. » L’employeur peut aussi prendre en charge une partie des frais de bus. Le plus dur ? Dépasser « l’image très négative » qu’il renvoie et qui serait infondée, selon Catherine Glanois, également utilisatrice. « En regardant les lignes, on se rend compte qu’il y en a souvent une qui amène jusqu’à son travail, les horaires, qu’on peut suivre en temps réel sur une application, sont respectés, et surtout ça coûte moins cher que d’utiliser sa voiture ».

Sur Nouméa, où 28 % des ménages n’en ont pas, 10 % des déplacements se font en bus. L’autre solution est de partager son véhicule. Si la mise en service d’une application de covoiturage est en cours (lire par ailleurs), elle n’est pas indispensable pour s’y mettre. « Dans l’Hexagone, les ¾ des trajets se font hors application, entre collègues, amis, famille, voisins… On est déjà les champions du covoiturage. Quand on fait nos enquêtes dans les Îles, on se rend compte que 40 % des gens viennent au travail comme ça. » Si de tels changements dans les habitudes semblent lourds, Catherine Glanois évoque le poids des idées reçues. « Quand on fait des plans de mobilité employeurs, les salariés répondent à des questionnaires, et on se rend compte que seuls 30 % des gens ont des enfants à amener à l’école par exemple. Beaucoup n’ont finalement pas de contraintes. »

« ENCLENCHER QUELQUE CHOSE »

L’autre moyen de réduire ses émissions de CO2 est tout simplement de moins se déplacer. En télétravaillant une journée par semaine. « Cela diminue de 20 % son impact et permet à l’entreprise de diminuer la place qu’elle utilise pour le stationnement, etc. » En organisant davantage de réunions en visioconférence. « Le taux d’occupation des voitures, c’est entre 1,2 et 1,4. On transporte 2 tonnes de métal pour une personne. » Ou encore en dématérialisant les services. Des changements aux effets immédiats dès qu’ils sont mis en place.

Catherine Glanois avance d’autres solutions qui n’existent pas encore sur le territoire : des scooters en libre-service, des petites voitures électrique en location… L’objectif n’est pas de convaincre tout le monde, mais que certaines personnes se mettent au covoiturage, d’autres au bus ou au vélo. « Si on arrive à faire diminuer la part de la voiture de 10 %, c’est déjà une victoire. Et plus on aura du monde, plus les collectivités mettront les moyens. L’idée est d’enclencher quelque chose. »

A.-C.P.