Changer les mentalités sur la question des règles

Le gouvernement a présenté, le 30 avril, l’opération pilote « Changeons les règles ». Il vise à modifier les mentalités autour de la question des règles, et plus généralement de la puberté. Cette opération a aussi pour objectif de lutter contre la précarité menstruelle.

L’adolescence est une période difficile, peut-être un peu plus chez les jeunes filles pour lesquelles la puberté signifie l’apparition des règles. Un phénomène biologique qui est parfois douloureux et auquel elles ne sont pas toujours bien préparées. C’est sur la base de ce constat que le gouvernement et le vice- rectorat ont décidé de mettre en place le programme « Changeons les règles » au travers d’une approche bienveillante de la puberté dans quelques établissements pilotes. L’idée est également de lutter contre la précarité menstruelle. Chaque mois, de nombreuses jeunes filles ont des difficultés à se fournir en protections périodiques.

Les témoignages d’adolescentes qui utilisent du tissu ou encore du papier journal en guise de serviettes hygiéniques sont inquiétants. Pour nombre d’entre elles, il s’agit avant tout d’un manque de moyens financiers, mais pas seulement. La honte ou le fait que le sujet soit tabou dans certaines familles ne leur permet pas d’échanger sur ces questions et d’accéder de manière simple aux protections hygiéniques. Il existe un risque sanitaire sans compter que cela se traduit parfois par de l’absentéisme. Les moqueries au sein des établissements scolaires, notamment des garçons, n’aident pas vraiment non plus. L’absence de poubelles dans certains établissements pousse également les jeunes filles à passer la journée avec leurs protections usagées dans leurs cartables. L’ambition est de pouvoir, à terme, installer des distributeurs de serviettes dans les établissements.

Le programme prévoit aussi des séances de sensibilisation sur cette question et plus généralement sur la puberté. Un livret devrait être réalisé en collaboration avec des élèves volontaires ainsi qu’un vade-mecum pour les enseignants des cycles 3 et 4 afin de les accompagner sur ces questions de puberté et de menstruations. Avant même la mise en place de ces séances, l’association CP2S assurera l’animation au sein des établissements scolaires pilotes. Une intervention qui sera également réalisée auprès des internes du lycée professionnel Petro-Attiti. L’objectif est que les élèves puissent mieux appréhender les modifications physiques qui marquent l’adolescence, mais aussi de rappeler l’importance du respect de son corps et de celui des autres.

Des réflexions pour réduire le coût des protections

Plus spécifiquement sur les règles, les membres de l’association pour la promotion de la santé sexuelle apporteront de l’information sur les principes d’une bonne hygiène intime, ainsi que sur les personnes et les lieux vers lesquels les jeunes peuvent se tourner en cas de difficultés. Sur la question de l’accès aux protections, un partenariat a été conclu avec Cellocal qui distribue la marque U by Kotex, particulièrement engagée sur la question. Le partenariat permettra de distribuer une trousse aux 1 200 élèves, aussi bien filles que garçons, afin de les familiariser avec ces produits. Pour la représentante de la société, les règles commencent de plus en plus tôt et il est important de communiquer auprès des plus jeunes, notamment sur le fait qu’elles ne doivent pas les freiner dans leurs activités.

Le dispositif est très largement inspiré d’une expérimentation réalisée en Métropole en 2020. La Nouvelle-Zélande a également mis en place un programme de ce type. D’autres pays vont beaucoup plus loin, et en particulier l’Écosse, qui a rendu l’accès aux protections périodiques gratuit, fin 2020, et pas seulement pour les jeunes filles.

Une décision qui répond de manière radicale à la problématique du prix de ces protections. D’autres pays, comme l’Irlande ou encore le Canada, les exonèrent de taxes. Une revendication portée depuis des années en France, notamment par des militantes féministes, où la TVA s’applique, mais à un taux réduit. Comme l’a révélé une étude réalisée par le gouvernement, 30 % des Calédoniennes souffrent ou ont souffert de précarité menstruelle. En Nouvelle-Calédonie, c’est le taux de TGC sur les biens de première nécessité qui est appliqué. Le souhait d’Isabelle Champmoreau, la membre du gouvernement en charge de l’enseignement, serait de voir les protections totalement exonérées de taxes.


Ce qu’ils en pensent

• 14 % des garçons ne savent pas pourquoi les filles ont leurs règles.
• 20 % pensent que les règles sont sales et 5 % qu’il s’agit d’une maladie. • 22 % n’osent pas en parler.
• 23 % des jeunes filles vivent mal les menstruations.

• 77 % savent qu’il faut utiliser une protection périodique, mais 11 % ont recours à des solutions alternatives (chiffons, papier journal).


Les établissements pilotes

Quatre établissements pilotes du bassin de Rivière-Salée participeront au dispositif : les écoles primaires Maurice-Devambez et Marguerite- Arsapin, le collège de Rivière-Salée et le lycée professionnel Petro-Attiti. Ces quatre établissements scolaires ont participé à une enquête, en 2020, qui visait à établir un diagnostic du niveau de connaissances des jeunes. Les collèges des Portes-de-Fer, Boulari, Mont-Dore et Louise-Michel, à Païta, feront également partie du programme.

M.D.

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