Centres de loisirs pour handicapés : les places sont chères

En matière de handicap, tout le monde sait que la Nouvelle-Calédonie a un train de retard. L’accessibilité des personnes à mobilité réduite aux centres de loisirs est particulièrement mauvaise puisque seule la Fédération des œuvres laïques (FOL) pratique l’inclusion. 

Depuis le début de l’été, les places en centres de loisirs attribuées aux personnes à mobilité réduite sont prises d’assaut. Pas étonnant puisque la FOL est la seule structure à pratiquer l’inclusion, c’est à dire l’accueil de jeunes handicapés et valides en même temps. « Il y a plus d’une dizaine d’années que l’on fonctionne ainsi. La demande avait été faite par les parents de handicapés. Catherine Poëdi, l’ancienne directrice de la FOL, aujourd’hui présidente de la maison Gabriel-Poëdi a mis le dispositif en place », explique Gwladys Mendez, l’actuelle directrice de la FOL.

Sur 910 inscriptions depuis le début de l’été, 174 sont réservées à des personnes en situation de handicap, soit un peu moins de 20 %. « C’est vraiment dommage qu’il n’y ait pas plus de structures comme celle-ci. Beaucoup préfèrent la facilité, car c’est vrai qu’accueillir des handicapés demande un peu d’organisation », constate Maéva Jehl, jeune enseignante en activité physique adaptée et intervenante pour la FOL. La jeune femme, diplômée d’une licence Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), est spécialisée dans l’activité physique avec les personnes à mobilité réduite. Elle a été formée pour accueillir un public mixte et possède les techniques adaptées pour favoriser l’inclusion. « Certaines activités s’y prêtent plus que d’autres. Le tennis de table permet aux enfants, par exemple, d’échanger naturellement. »

Cette semaine, elle intervient en fitness dans un centre de vacances baptisé « Sport, santé, bien-être », à l’école Éloi-Franc. Une trentaine d’enfants dont sept en situation de handicap sont accueillis du lundi au vendredi. C’est le cas de Melvin Phadom, polyhandicapé, hébergé à la maison Gabriel-Poëdi. Melvin se déplace surtout en fauteuil roulant, mais il participe, comme les autres, à la séance de fitness. « On le sent très à l’aise, il adore être parmi les autres enfants, on voit à son visage qu’il est détendu », témoignent Françoise Vivi Paouro et Nadège Tamaititahio, ses deux accompagnatrices de vie.

Cette fois, l’inclusion a fonctionné et Melvin s’est même levé en fin de séance sous les applaudissements de ses camarades. « Ce n’est pas toujours simple, car le handicap fait peur à beaucoup d’enfants. Le but, c’est vraiment de réussir à mettre tout le monde à l’aise », explique Maéva Jehl.

Et c’est justement pour mettre tout le monde à l’aise que des animations de sensibilisation au handicap sont organisées tous les lundis, dans chacun des centres de loisirs de la FOL. « En général, on propose des activités en lien avec le handicap des personnes qui participent », précise Amandine Omar, responsable du pôle jeunesse. Les jeux proposés permettent de cerner différents types de handicap et les difficultés quotidiennes que cela implique.

« Mais il n’y a pas de secret, si l’on veut que cela fonctionne, il faut que tout le monde joue le jeu, les adultes doivent travailler ensemble et communiquer », précise-t-elle. Des accompagnatrices de vie impliquées, des animateurs qui jouent la carte de la cohésion, l’inclusion ne s’improvise pas et exige de la méthode et de l’anticipation. C’est pour cette raison qu’avant chaque inscription, les enfants handicapés sont reçus avec leurs parents afin de déterminer la meilleure solution d’accompagnement et l’atelier dans lequel ils pourront s’épanouir.


Nouméa plage joue le jeu

Nouméa plage prévoit, depuis quelques années, un accès pour handicapés aux animations et à la baignade. Cette année, au Kuendu Beach, le dispositif handicap a été renforcé. En déménageant au Kuendu Beach, l’opération Nouméa plage est à la fois plus familiale et accessible, y compris pour les handicapés. Davantage de places pour se garer et d’espace pour déambuler, moins de vagues pour se baigner… Tous les ingrédients sont réunis pour faciliter l’arrivée des personnes à mobilité réduite.

Chaque jour, des jeunes de la maison Gabriel-Poëdi, de Nouville (MGP), et du service d’accueil de jour (SAJ), entre autres, se relaient pour profiter de la plage et des animations. « Ils sont vraiment contents d’être là, les jeunes que nous accompagnons adorent l’eau. Dès qu’ils savent qu’ils viennent à Nouméa plage, ils sont impatients », explique Cécile Lopez, une aide- soignante de la MGP accompagnée de deux accompagnatrices. Arrivés vers 9 h 30 ce vendredi matin, les quatre jeunes sont repartis en début d’après- midi, après un pique-nique collectif sous la tente. Ce moment convivial leur a permis de profiter de l’ambiance estivale.

La MGP accueille une quarantaine de personnes de 6 à 26 ans polyhandicapées. Quelle que soit leur difficulté, elles participent tous à Nouméa plage en se relayant par petits groupes accompagnés d’une infirmière, d’aides-soignantes et d’accompagnatrices de vie. « Certains jeunes participent même aux activités et aux animations. Ce matin, c’était du tir à l’arc », explique Antoine Bargain qui pilote l’opération Nouméa plage cette année. Au niveau de l’espace handicapé, la mairie a installé deux tentes pour assurer un peu d’intimité, des toilettes accessibles et des douches. Elle a aussi mis à disposition deux tiralos, ces fauteuils amphibies destinés aux personnes à mobilité réduite qui permettent à la fois de rouler sur la plage que de flotter dans l’eau.


Le premier centre de vacances dédié à l’obésité s’achève

Six jeunes du dispositif d’éducation thérapeutique Pass’Ado NC, destiné aux adolescents en surpoids ou obèses, sont rentrés à la maison après une semaine de vacances. La FOL s’est associée au programme, initié par la docteure Isabelle Missotte en 2014, pour organiser cette première semaine de « colo spécialisée » au centre des activités nautiques de la Côte-Blanche. Promenade, navigation sur un voilier, baignade, mais aussi visite de l’aquarium, sortie au phare Amédée, les jeunes ont pu profiter d’un vrai programme de vacances.

« L’objectif pour la FOL serait d’intégrer petit à petit ces jeunes dans nos centres de vacances avec d’autres enfants », explique Gwladys Mendez, directrice de la FOL. L’obésité et les pathologies associées atteignent un niveau alarmant, selon l’Agence sanitaire et sociale. D’après une étude réalisée en 2011-2012 auprès des enfants scolarisés dans les écoles élémentaires et les collèges, 22,5 % des jeunes de plus de douze ans seraient en surpoids et 20,5 % obèses. Le programme Pass’Ado NC vise à stabiliser le poids de ces jeunes en les impliquant au maximum.

V.G.

 

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