Aircalin sollicitée pour les Evasan d’extreme urgence

La compagnie aérienne a été sollicitée par la Cafat, il y a dix jours, pour assurer des évacuations sanitaires d’extrême urgence vers Sydney. Un premier vol a été opéré dans ce cadre la semaine dernière.

L a caisse de protection sociale a traversé de sérieux problèmes d’organisation pour les évacuations sanitaires, dernièrement, en raison de l’indisponibilité de ses partenaires habituels. Selon Xavier Martin, directeur de la Cafat, les deux appareils d’Air Alizé sont indisponibles pour des raisons techniques ou de maintenance et la compagnie australienne spécialisée Care Flight ne souhaite plus réaliser des rotations avec la Nouvelle-Calédonie, après une évolution de la politique sanitaire australienne qui oblige désormais les pilotes à effectuer une quatorzaine systématique à leur retour, même s’ils ne sortent pas des appareils. Problème, les personnes en situation d’urgence vitale ne peuvent pas attendre les vols évasans réguliers, organisés avec Aircalin une fois par semaine.

Résultat, la Cafat a dû récemment faire appel aux forces armées et la peur de voir cette situation se reproduire, voire de perdre un patient, a poussé ses responsables à se tourner vers la compagnie internationale locale qui a donc l’habitude de s’occuper des évacuations sanitaires non urgentes. Avec, en face, « un niveau de réactivité extraordinaire à saluer, selon les mots de Jean-Pierre Kabar, président du conseil d’administration de la Cafat.

« Ça peut paraître incongru de faire ce genre d’opération d’urgence sur un A320, commente Didier Tappero, directeur général d’Aircalin, mais vu le contexte et notre disponibilité en raison du peu de vols opérés, nous avons souhaité agir auprès des Calédoniens dans ces moments difficiles. » L’idée est de placer cette coopération « non sous un angle commercial, mais sanitaire et solidaire », a-t-il précisé. La compagnie peut être mobilisée en douze heures pour ces urgences vitales et est tout à fait à même de recevoir les équipements et appareillages, comme les civières, l’oxygène, etc.

Le coût de l’opération est de cinq millions de francs par vol pour la Cafat et à peu près autant pour Aircalin, les principaux postes de dépenses étant le carburant, les charges aéroportuaires et la maintenance des avions. Au-delà de l’intérêt des malades, il s’agit de faire voler les appareils et les équipages. Habituellement, le coût d’une Evasan d’urgence est compris, selon la Cafat, entre quatre et douze millions de francs, selon les opérateurs (quatre millions avec Air Alizé, entre cinq et huit avec Care Flight et jusqu’à douze millions avec l’armée). L’opération avec Aircalin est donc jugée « acceptable ».

Moins d’Evasan avec le Covid

Les évacuations d’urgence concernent principalement les pathologies neurochirurgicales ou relevant d’une chirurgie cardiaque imminente. Elles sont en légère augmentation (88 en 2019 et 106 en 2020). En Australie, les patients sont évacués vers les hôpitaux du groupe Ramsay, avec lequel un accord a permis de maintenir cette filière vitale pour un certain nombre de patients calédoniens, les hôpitaux publics n’acceptant plus de malades étrangers. Pour cette raison, de plus en plus de personnes qui ne sont pas en urgence vitale sont envoyés en Métropole.

De manière générale, la crise sanitaire a divisé par deux le nombre d’évacuations (1 534 en 2016, 1 332 en 2019, 728 en 2020). Certaines indications, comme la PMA, ne sont pas privilégiées et des patients renoncent également, quand ils le peuvent, à partir à Sydney pour subir un examen, sachant qu’il faut effectuer une quatorzaine à l’arrivée et au retour.

C.M.

©C.M. / DNC 

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