2021, une année de transition

Le vice-recteur, accompagné du directeur de l’Enseignement de la province Sud et de celui du service d’État de l’agriculture, de la forêt et de l’environnement, a présenté, le 10 février, les grandes lignes de cette rentrée scolaire. La mise en œuvre de la réforme du lycée se poursuit et celle du primaire se concrétise.

« La société respire au rythme de l’école et les jeunes sont aujourd’hui dans l’attente de se retrouver ». Si Erick Roser, vice-recteur de Nouvelle-Calédonie, traduit avec justesse le poids de l’école, la majorité des élèves sont probablement plus pressés de retrouver leurs copains que les salles de classe. Au total, ce sont 65 980 élèves qui sont attendus à partir de lundi 15, de la maternelle au lycée, aussi bien dans le public que dans le privé. Dans le détail, 26 340 sont inscrits dans le premier degré public (7 415 dans le privé) et 22 898 dans le second degré public (8 902 dans le privé) et 425 dans le privé hors contrat. Le privé accueille environ le quart des effectifs. Les enseignants seront, quant à eux, 4 489 (1 730 dans le premier degré et 2 759 dans le secondaire). La rentrée se déroulera normalement sur l’ensemble du territoire, hormis dans les établissements Havila et Hnaiziannu, à Lifou, qui ont subi des dommages lors du passage de Lucas. La rentrée y est décalée de deux jours.

En matière de moyens, la situation n’évolue pas vraiment avec 53,9 milliards de francs de crédits de l’État et de la Nouvelle- Calédonie (4,1 milliards sur les 53,9) dévolus au secondaire public et au primaire et secondaire privé. Un budget essentiellement consacré au paiement des salaires du personnel pour 48,1 milliards de francs. À ces quelque 54 milliards de francs, il faut ajouter les dépenses des collectivités, provinces et communes, pour le primaire pour un montant de l’ordre d’une cinquantaine de milliards de francs également. De manière générale, l’enseignement représente un budget d’un peu plus de 100 milliards de francs. En revanche, l’enseignement privé a vu sa situation se précariser en province Sud avec des conventions de financement trimestrielles au lieu de conventions annuelles voire pluriannuelles par le passé.

La réforme du primaire

2021 sera l’année de la mise en œuvre de la réforme des programmes du primaire, votée en 2019, mais annulée suite à un recours du groupe Rassemblement-LR du Congrès. Elle a finalement été adoptée le 13 janvier. Il s’agit de mettre en œuvre le socle commun de connaissances, de compétences et des valeurs qui prévoit, par exemple, davantage de contextualisation en matière d’histoire- géographie ou encore l’ouverture des éléments fondamentaux de la culture kanak aux autres cultures présentes en Nouvelle- Calédonie. Les enseignants ne sont plus au stade de découverte de la réforme puisque certaines évolutions ont été expérimentées ces deux dernières années.

Trois outils ont néanmoins été produits pour accompagner sa mise en œuvre. Le premier est recueil de repères de progressivité de la maternelle au CM2. L’ouvrage, de plus de 400 pages, doit aider les enseignants à mieux programmer les apprentissages des élèves.

Un livret scolaire unique sera aussi instauré. Cet outil numérique permettra d’évaluer les élèves et de communiquer avec les familles. Le troisième outil est un vade-mecum qui recense l’ensemble des modifications de la réforme (il est disponible sur le site de la direction de l’enseignement, www.denc.gouv.nc). L’idée de ces réformes est également d’assurer davantage de continuité entre les niveaux. C’est dans ce sens que seront créés les conseils « écoles/collèges » et les conseils d’école. Ils permettent de regrouper l’ensemble des acteurs et de travailler collectivement sur les différentes problématiques.

La réforme du lycée

Comme l’a souligné le vice-recteur, la réforme du lycée entame sa dernière étape. D’ici la fin de l’année, les premiers « bacheliers nouvelle formule » se verront décerner leur diplôme. L’objectif est avant tout de mieux préparer les élèves aux études supérieures tout en améliorant l’orientation des élèves. Les deux grands changements résident dans la prise en compte du contrôle continu dans le baccalauréat (40 % de la note finale) et le choix de deux spécialités en complément du tronc commun. Autre nouveauté, le « grand oral » qui vise à développer les capacités de communication et constitue un « élément de justice sociale », pour reprendre les mots du vice-recteur, l’oral étant parfois peu travaillé alors qu’il est essentiel pour la recherche d’emploi, par exemple.

Dans l’enseignement professionnel, l’accompagnement sera davantage personnalisé dans le cadre du plan de valorisation de la voie professionnelle. De la co-intervention sera mise en place afin de permettre aux élèves de bénéficier d’un double regard, des disciplines générales et professionnelles, sur les situations possiblement rencontrées dans leur futur métier. Une idée qui a pour objectif de donner du sens aux apprentissages. Les élèves devront également réaliser un « chef d’œuvre » tout au long du cursus, une fois encore afin de les valoriser.

Transition dans l’agriculture

Les enseignements agricoles vont également évoluer. Si le nombre d’élèves est constant, les Maisons familiales et rurales sont en pleine évolution. D’ici l’année prochaine, des projets hors des sentiers battus devraient être présentés. Les MFR pourraient gagner en effectif, fruit d’un travail engagé il y a deux ans. De la même manière, l’Asee qui gère le lycée agricole Do Neva de Houaïlou, est en inscrits, 1 397 nouveaux arrivants dont 878 qui viennent d’obtenir leur baccalauréat. Une quarantaine de formations sont proposées. Les départements les plus fournis sont les sciences et techniques (891 inscrits), les lettres, les langues et les sciences humaines (784) et le pleine remise en question. L’établissement devrait prochainement proposer de nouveaux enseignements.

Les grandes priorités

Enfin, les responsables de l’enseignement ont présenté les grands enjeux de cette année. On retrouve les classiques tels que la maîtrise des fondamentaux en mathématiques et en français. Un autre enjeu concerne la prévention du décrochage scolaire. Autre dossier sur lequel des moyens ont été apportés : l’inclusion des élèves en situation de handicap. Cette année, près de 70 unités d’accueil serviront cet objectif (40 Ulis dont 7 Ulis pro et 30 Clis). Au total, 822 élèves sont attendus en Segpa et 418 en Ulis. La politique de santé scolaire est également sur le point d’être intégralement refondue. Un groupe de travail a planché sur la question et formulé des propositions. Un comité de pilotage doit maintenant les valider avant qu’elles puissent être mise en œuvre. Deux points de vigilance seront suivis avec attention : la santé mentale et la santé sexuelle et affective. L’égalité et la lutte contre les stéréotypes est un autre classique travaillé au sein des établissements scolaires.


L’histoire calédonienne, un sujet sensible

L’histoire de la Nouvelle-Calédonie, de la colonisation et de la décolonisation, ne fait pas vraiment consensus. Elle occupe déjà une grande partie des programmes du primaire, mais c’est bien l’histoire contemporaine qui fait débat. Un séminaire sera organisé dès le mois de mars afin de réunir les enseignants d’histoire et géographie. L’idée sera notamment de plancher sur les ressources audio- visuelles disponibles. Un concours d’histoire contemporaine sera également organisé avec la volonté que les jeunes s’approprient un moment de l’histoire, le développent et le mettent en valeur.


10 % d’étudiants en plus à l’UNC

Les étudiants de l’université de la Nouvelle-Calédonie ont effectué leur rentrée, lundi, à Nouville. Les effectifs enregistrent, pour l’instant, une hausse marquée de 10 % par rapport à 2020 (contre 2,3 % ou 4 % les autres années), en grande partie en raison de la pandémie de Covid-19. Certains étudiants ont souhaité reporter leur départ en Métropole ou à l’étranger et d’autres reviennent pour se réorienter au sein de l’université.

Les chiffres définitifs seront arrêtés au mois de mars, mais l’UNC recense pour l’instant 2 824 inscrits, 1 397 nouveaux arrivants dont 878 qui viennent d’obtenir leur baccalauréat. Une quarantaine de formations sont proposées. Les départements les plus fournis sont les sciences et techniques (891 inscrits), les lettres, les langues et les sciences humaines (784) et le droit, l’économie et la gestion (615). À noter, cette année, la réforme de la première année commune aux études de santé (Paces) qui devient la licence « accès santé » (proposée ici en physique chimie et en SVT).

M.D.

©C.M. DNC 

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