Un espoir pour la maladie de Parkinson

Le 11 avril, c’est la Journée mondiale Parkinson. En Nouvelle-Calédonie, ils sont en moyenne 250 à souffrir de la maladie. Une nouvelle piste de recherche innovante pour stopper le processus dégénératif de la maladie vient d’être dévoilée.

Sur le territoire, on recense en moyenne 250 à 270 personnes touchées par la maladie de Parkinson. « Le chiffre est stationnaire entre les personnes qui décèdent de la maladie et les nouvelles personnes touchées. Les patients sont âgés de plus de 60 ans généralement, mais 10 % ont quand même moins de 50 ans », précise l’APNC (Association des parkinsoniens de Nouvelle-Calédonie). Cette maladie suscite des traitements longs et en Nouvelle-Calédonie, les moyens mis à la disposition des malades sont insuffisants « Il n’existe pas de centre spécialisé, les personnes atteintes résident généralement chez elles ou en maison de retraite. Être parkinsonien ici est plus difficile à vivre que dans des grandes villes métropolitaines ou ailleurs, avance l’APNC. Aucune structure adaptée, peu d’aide, une chirurgie à l’étranger et des traitements difficiles parfois à obtenir rapidement sont le lot quotidien des malades. Quand la maladie est à un stade trop avancé, ceux qui le peuvent partent à l’étranger pour finir leur vie dans de meilleures conditions. » Sur le territoire, seule l’APNC vient en aide aux malades en offrant un accompagnement aux familles, en organisant des groupes de parole et des ateliers de gymnastique deux fois par semaine, à Medicoach, sur Nouméa.

Une nouvelle piste de traitement

Malgré de nombreuses avancées en termes de traitement ces trente dernières années, la maladie continue de progresser. Les traitements – médicamenteux et chirurgicaux – associés notamment à de l’activité physique ont permis des progrès considérables… mais il faut aller plus loin. Une des pistes nouvelles et prometteuses est l’immunothérapie. À l’occasion de la Journée mondiale Parkinson, le professeur Philippe Damier, neurologue à l’hôpital de Nantes, a détaillé en exclusivité cette nouvelle piste de recherche dont son CHU est partenaire. « Prenez le cerveau : il est rempli de protéines alpha-synucléines. Mais chez quasiment tous les patients de la maladie de Parkinson, elles s’agrègent de façon anormale, notamment dans les cellules à dopamine, indispensable au contrôle des mouvements du corps. D’où l’idée d’aller éliminer à la source ces dépôts anormaux par l’immunothérapie », explique-t-il.

Comme pour le cancer, où l’immunothérapie fait ses preuves, la cellule ne contrôle pas sa multiplication. « Dans celui de la maladie neurodégénérative, elle active un programme de mort cellulaire. Il y a comme un mécanisme de miroir. Or, l’immunothérapie renforce les défenses du patient. Dans notre essai Parkinson, on injecte un certain type d’anticorps dits monoclonaux (issus d’une même souche de lymphocytes, les globules blancs essentiels à l’activation du système immunitaire, NDLR). Leur mission : cibler les dépôts de protéines et les détruire. Nous commençons la phase II de l’étude clinique internationale avec des patients perfusés tous les mois. »

Des essais encourageants

Le CHU de Nantes n’est pas le seul à étudier la piste de l’immunothérapie. New-York, aux États-Unis, Vienne, en Autriche… d’autres résultats préliminaires de la première immunothérapie dans la maladie de Parkinson sont encourageants. Un essai pivot de phase 1 a rendu ses premiers résultats. L’immunothérapie évaluée dans l’essai est nommée PD01A. Elle s’attaque à l’alpha-synucléine, une protéine impliquée dans la maladie via son accumulation néfaste dans les neurones. PD01A doit « éduquer le système immunitaire pour qu’il génère des anticorps dirigés contre l’alpha-synucléine », avance la société autrichienne biotechnologie, à l’origine d’un vaste projet.

Sur cette nouvelle piste, le professeur Philippe Damier, du CHU de Nantes, dont les essais sont très avancés, indique que « le but est de ralentir le processus dégénératif, voire de le stopper si on arrive au tout début de la maladie. Cela veut dire une bien meilleure qualité de vie, moins de fatigue, de raideurs, de problèmes gestuels, de troubles intestinaux. Notre essai clinique, baptisé Pasadena, porte sur des patients jeunes – certains ont 40 ans – qui sont au début de leur maladie. Ce que nous voyons est encourageant. Il faudra bien sûr con rmer et consolider les résultats. »

Un bel espoir, car si cela marche pour Parkinson, cela le pourrait pour Alzheimer même si ce sont deux maladies neurodégénératives très différentes. Mais l’espoir perdure au sein de la communauté scientifique internationale, car si les chercheurs arrivent à agir sur Parkinson, cela bénéficiera à d’autres pathologies.


L’Association des des parkinsoniens

Une permanence est tenue tous les jeudis matin aux Cerisiers bleus à Nouméa.
Son but est de réunir toutes les personnes concernées par la maladie, de la faire connaître au plus grand nombre et de soutenir les malades.

Contact : 76 12 92

C.S

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