Un bateau infesté de punaise renvoyé

Le Carmen, un porte-conteneur s’est récemment vu interdire l’autorisation d’accoster en Nouvelle-Zélande. Les services d’inspections phytosanitaires ont notamment détecté la présence de punaises diaboliques, potentiellement dangereuses pour l’agriculture. Grâce à nos voisins, une catastrophe a peut-être été évitée sur le territoire.

Le 29 novembre, les services de biosécurité néo-zélandais priait l’équipage du Carmen de bien vouloir quitter ses eaux territoriales. L’inspection du cargo, contenant notamment des véhicules, avaient permis de retrouver des punaises diaboliques. Cet insecte est considéré comme un ravageur et s’attaque à toute sorte de cultures et en particulier les arbres fruitiers et les plantes herbacées. Pour éviter d’introduire cette peste, les autorités néo-zélandaises ont tout simplement refusé que le navire touche terre.

Après la Nouvelle-Zélande, le Carmen devait se rendre en Nouvelle-Calédonie. Les services phytosanitaires ont un temps envisagé une désinfection du bateau que les néo-zélandais, dont le système de bio-protection est un des plus efficace au monde, s’était refusé à faire en raison de risques trop élevés. Face au danger pour l’agriculture calédonienne, c’est finalement le gouvernement lui-même qui a pris la décision de renvoyer le bateau.

Si la catastrophe a été évitée, elle pose une nouvelle fois la question du rôle de la Direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales. C’est cette direction, comme son nom l’indique, qui est censé assurer la protection des Calédoniens en matière de sécurité sanitaire, ce qui comprend également la question des pesticides. Ces dernières années, de nombreux ratés ont été enregistré en la matière, mettant directement en cause les équipes des différents services de la DAVAR.

Les conséquences de manquement en matière zoo-phytosanitaire pouvant avoir des conséquences catastrophiques pour la santé humaine mais également l’agriculture et plus généralement l’économie, Philippe Germain, le président du gouvernement avait demandé à l’État qu’un audit soit effectué sur l’organisation phytosanitaire de la Nouvelle-Calédonie. Un expert du conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux a ainsi effectué une mission au mois d’octobre 2016. Le déplacement de Jean-Pierre Chomienne a ainsi donné lieu à un rapport apportant un certain nombre de recommandations. Dès les premières pages du document, l’expert pointe d’un manque de « compétences spécifiques, ce qui conduit en particulier à une maîtrise insuffisante de l’action phytosanitaire territorialisée ». Les exemples mettant en cause les services de la Nouvelle-Calédonie sont nombreux. Introduction du mildiou sur la pomme de terre, babésiose, bunchy top, homologations des produits phytosanitaires régulièrement annulées par le tribunal administratif, sans parler du dossier des cantines dans les écoles primaires du Grand Nouméa.

Autant de dossiers qui ont eu des conséquences considérables sur l’économie calédonienne et, pire, sur la santé des calédoniens, sans qu’il n’y ait eu véritablement de remise en cause des services. Comme nous le précisions dans notre dernière édition, le tout nouveau directeur adjoint de la Davar a même été condamné récemment pour prise illégale d’intérêts. Les dysfonctionnements sont plus que nombreux sans que les responsables politiques ni l’administration n’appliquent la moindre sanction.

M.D.

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