Sonia Backes : « À nous maintenant de redonner de la confiance »

Les provinciales ont consacré L’Avenir en confiance. Sonia Backes, la tête de liste en province Sud, revient sur ces élections.

DNC : Votre liste a obtenu plus de 40 % des voix en province Sud. Passée l’euphorie du dépouillement, quel est aujourd’hui votre sentiment ?

Sonia Backes : Tout d’abord un sentiment de satisfaction. La satisfaction que les Calédoniens nous aient fait confiance. Mais aussi la responsabilité qui s’ouvre à nous, car il y aura tant de choses à faire, compte tenu de la situation dans laquelle est plongée la Calédonie d’aujourd’hui. Une responsabilité d’autant plus grande surtout lorsque nous allons découvrir la réalité, l’état des institutions par l’ancienne majorité.

Il est vrai qu’après le référendum, nous avons vécu le dépouillement de dimanche comme un véritable électrochoc, car nous ne pensions pas obtenir un tel résultat. L’union des loyalistes est allée au-delà des résultats escomptés. Nous avons réussi à redonner confiance aux Calédoniens, à redonner de l’espoir et je remercie pour cela tous les électeurs de nous avoir soutenus.

Il est vrai que nous ne nous attendions pas à un tel effondrement de Calédonie ensemble, même si nous avions ressenti pendant la campagne, sur le terrain, qu’il y avait un vrai ras-le-bol concernant leurs propositions, l’absence de clarté, leur politique économique ou l’absence d’une réelle politique sécuritaire. Mais nous ne pensions pas qu’ils perdraient autant de voix.

Est-ce uniquement le bilan de Calédonie ensemble qui a fait pencher la balance en votre faveur ?

Avec Thierry Santa, Gil Brial et moi-même, nous sommes très humbles sur cette victoire, car nous sommes bien conscients qu’il y a certes eu un vote sanction important envers Calédonie ensemble. Il y avait donc vraiment une volonté des Calédoniens d’arrêter cette politique qui les a fait souffrir, ces suppressions d’emplois, ces gens qui ne peuvent plus sortir le soir en toute tranquillité, etc. C’est certainement cela qui a été sanctionné, mais nous avons surtout ressenti une véritable adhésion à notre volonté d’union. A nous maintenant de redonner de la confiance et c’est ce que nous allons faire rapidement, dès la mise en place des institutions. Il faut redonner de l’espoir. Ce résultat de dimanche redonne déjà de l’espoir aux Calédoniens, à nous de le transformer en réalité.

Quelles sont vos priorités ?

Le calendrier est fixé par la loi organique et la priorité est de mettre en place l’assemblée de la province Sud. Il faut donc que les discussions se fassent et des accords se trouvent avant, pour que les institutions soient stabilisées et que tout le reste découle le plus rapidement possible. Pour ma part, je serai donc candidate à la présidence de l’assemblée de la province Sud.

Que pensez-vous de l’émergence du vote communautaire avec l’Éveil océanien ?

C’est un fait politique de ces élections que nous avons vu venir avec toutes ces personnes qui se sont déplacées pour assister aux réunions de l’Éveil océanien. On s’est tous posé la question de savoir s’il allait passer la barre ou pas. Ce parti obtient au final quatre sièges à la province Sud et trois au Congrès. Les voix qui se sont portées sur l’Éveil océanien sont principalement issues de Calédonie ensemble, c’est donc, là aussi, un vote sanction pour Calédonie ensemble qui n’a pas su écouter les demandes de la communauté wallisienne et futunienne.

L’Avenir en confiance obtient la majorité à la province Sud, mais cela ne suffira pas pour le Congrès. Que comptez-vous faire ?

L’Avenir en confiance est devenu la première force politique en Nouvelle-Calédonie, le premier groupe au Congrès avec 18 sièges, mais il en faut 28 pour avoir la majorité absolue. 28, c’est en fait le cumul des voix non-indépendantistes, avec celle de L’Avenir en confiance, Calédonie ensemble et l’Éveil océanien. Donc il nous faut, si l’on veut garder un gouvernement à majorité non indépendantiste, faire le plein des partis qui ont appelé à voter non au référendum. C’est à quoi on s’attelle et on a déjà lancé des appels à Calédonie ensemble et à l’Éveil océanien pour savoir comment les institutions peuvent s’organiser. Car encore une fois, il faut que les institutions, comme le Congrès, doivent représenter la majorité des Calédoniens et en particulier ceux qui ont voté pour la France.

Les indépendantistes progressent encore avec un siège de plus au Congrès et ils se maintiennent à la province Sud avec sept sièges. Qu’en pensez-vous ?

C’était une vraie inquiétude et nous avions raison, car nous sommes passés très près de la catastrophe. Si les indépendantistes avaient fait plus de voix en province Sud, nous nous serions retrouvés à égalité de voix avec eux au Congrès. Pourtant, quand nous analysons les chiffres de plus près, il faut remarquer qu’il n’y a pas de progression du vote indépendantiste, puisqu’ils représentent 42 % des voix sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie pour ces provinciales alors que nous étions à un peu plus de 43 % au moment du référendum.

Ils arrivent pourtant à obtenir un siège de plus boulevard Vauban. Cela s’explique par la division dans le Nord et dans les Îles des partis non indépendantistes. Avec une entente, nous aurions pu faire inverser la tendance et les faire reculer au Congrès. Mais le temps n’est plus de savoir qui porte cette responsabilité. Nous avons, dans le Sud au moins, su faire une union, la plus large possible, et cela a porté ses fruits.

C’est la dernière mandature de l’Accord de Nouméa. Comment la voyez-vous ?

Tous ceux qui ont une légitimité au Congrès devront être autour de la table des discussions tout simplement parce que nous arrivons au bout de l’Accord de Nouméa et qu’il va falloir construire un nouveau statut, qu’il y ait encore deux ou trois référendums. En tous cas, L’Avenir en confiance sera autour de la table pour porter clairement la voix des 57 % des Calédoniens qui ont voté non à l’indépendance le 4 novembre dernier. Il va falloir, comme le souhaitent les indépendantistes d’ailleurs, mettre à plat les souhaits de chacun pour construire le statut qui corresponde le mieux aux attentes des Calédoniens.

C.S.

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