Retraites complémentaires : « pour le moment, il n’y a pas lieu de s’inquiéter »

Pierre Steff, le président d’Humanis, groupe paritaire de protection sociale qui gère les caisses Agirc-Arcco et donc la CRE-Ircafex localement, était récemment sur le territoire. Il vient fêter les 20 ans de la généralisation de la retraite complémentaire en Nouvelle-Calédonie. L’occasion de faire un point avec lui sur les mesures concernant ces retraites complémentaires et leurs répercussions sur les cotisants calédoniens.

DNC : 20 ans de retraite complémentaire en Nouvelle-Calédonie, est-ce la seule raison de votre venue ?

Pierre Steff : Nous en profitons bien évidemment pour rencontrer tous les partenaires sociaux, mais oui, cette visite est essentiellement destinée à marquer l’évènement. Obtenir, il y a 20 ans, la retraite complémentaire en Nouvelle-Calédonie fut à un véritable enjeu et un challenge réussi grâce à la volonté des partenaires sociaux du territoire et la collaboration entre les institutions et la métropole. Ce fut un évènement pour les Calédoniens et aujourd’hui, nous tenons à célébrer cet anniversaire. Il faut poursuivre dans cette dynamique sachant qu’il va falloir faire face à une forte augmentation de retraités. Si les plus de 60 ans représentent aujourd’hui 11 % de la population, ils seront 23 % en 2030.

DNC : Vous venez alors qu’un accord (*) sur les retraites complémentaires est sur le point d’être signé en métropole entre patronat et syndicats. Est-ce que ces accords auront des incidences en Nouvelle-Calédonie ?

Pierre Steff : A ma connaissance non, même si en métropole les négociations viennent d’aboutir après un an de travaux sur de nouvelles modalités. Je rappelle que sur le territoire, ce sont des règles d’alignement établies par les partenaires sociaux locaux qui fixent les modalités des retraites complémentaires. Il est nullement question d’une retraite à 63 ans, ni d’un bonus-malus : pour le moment, les Calédoniens bénéficient d’une pension de retraite, donc d’une retraite complémentaire dès 57 ans et demi, s’ils ont cotisé leur quarante annuités. A ma connaissance, je le répète, il n’est pas question de remettre en cause cet accord et les particularités du territoire.

DNC : Pourtant ces règles d’alignement devront être rediscutées prochainement pour qu’un nouvel accord local sur les retraites complémentaires soit signé en 2017. Est-ce à dire que rien ne va pas bouger pour les cotisants calédoniens ?

Pierre Steff : Je ne veux pas anticiper, je peux juste vous dire que le groupe Humanis gère, pour le compte des fédérations Agirc-Arcco, la CRE-Ircafex et nous appliquerons ce qui débouchera de ces négociations concernant le départ de l’âge à la retraite. Par contre, concernant les cotisations, les décisions prises en métropole, et notamment sur l’augmentation du taux d’appel, pourraient certes avoir des incidences sur le territoire et voir les cotisations augmenter. Mais pour le moment, je n’ai rien entendu du côté de l’Agirc-Arcco concernant l’entame ou non de négociations sur ce point comme sur l’âge du départ à la retraite. Pour le moment, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

*L’accord pour sauver les régimes complémentaires
Dans les grandes lignes, l’accord trouvé entre patronat et syndicats métropolitains repose sur un système de « bonus-malus » conçu pour inciter à prolonger l’activité d’un salarié au-delà de 62 ans.

C.S 

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