Litige électoral « Il ne s’agit plus de suspicion, mais d’une réalité »

Les groupes politiques sont en pleine préparation du Comité des signataires prévu du 4 au 6 février à Paris avec, au menu des discussions en particulier, les transferts de compétences, la mine et les listes électorales. Tous ces sujets ont été abordés lors du comité directeur de l’UC samedi et du bureau politique élargi du FLNKS mardi où l’on a surtout souhaité communiquer sur le litige électoral. Entretien avec le secrétaire général de l’UC, Gérard Reignier.

DNC : Les résultats des travaux du professeur Mélin-Soucramanien ont été publiés au mois de décembre. Après analyse, le FLNKS réclame le réexamen de l’inscription de 3 388 personnes sur les listes spéciales ?

Gérard Reignier : Le travail de M. Mélin-Soucramanien était de quantifier le litige électoral. C’est ce qu’il a fait. À partir de là, et pour régler le litige électoral, le bureau du FLNKS a proposé de réexaminer le cas de 3 388 personnes dans les commissions administratives spéciales au mois de mars. (Ndlr : la contestation portait sur 3 974 cas. 586 recensés avant le 5 novembre 1988 ont été déduits). Le mérite de ces travaux est de dire que tant de personnes posent problème face à la loi. Il ne s’agit plus de suspicion, mais d’une réalité. Désormais, les signataires et l’État, qui est responsable des listes électorales, ne peuvent que prendre en compte cette réalité. Il faut avoir la volonté de régler le litige et il faut passer un cap supérieur. C’est ce que nous demandons. Maintenant, s’il y a le maintien du rapport de force, cela veut dire que l’on ne veut pas régler le litige électoral et l’État devra prendre ses responsabilités.

DNC : Les positions défendues par l’UC sur le sujet de la mine restent-elles inchangées pour le Comité des signataires ?

Gérard Reignier : Nous partirons avec un document qui reprend les grandes orientations, connues, de l’Union calédonienne, à savoir la notion d’entité pays qui pourrait être propriétaire et gestionnaire des titres miniers, la prise majoritaire au sein du conseil d’administration de la SLN, à 50,01 %, l’entrée de la province Sud dans la SMSP et puis la volonté de réduire progressivement l’exportation de minerai brut. Forcément, on parle aussi derrière d’une fiscalité et d’une stratégie pour l’ensemble du pays et des partenaires.

DNC : Quelles sont vos prérogatives sur les transferts de compétences, autre sujet du prochain Comité ?

Gérard Reignier : Un compte-rendu va être fait sur les réunions qui ont eu lieu depuis un an au sujet du transfert des compétences régaliennes, et on va certainement proposer que l’on aborde cela plus longuement dans un prochain Comité des signataires. Un comité qui serait dédié justement à ces compétences régaliennes, au mois de septembre prochain, et qui aurait lieu localement. Sur ce sujet, si on peut faire valoir le positionnement politique et arrêter une méthode, ce sera une avancée importante. Nous allons aussi préconiser, sur le transfert des compétences de l’article 27, que l’on puisse se mettre d’accord sur un calendrier qui permette le transfert d’ici 2018. Il faudrait aussi réactiver la cellule dédiée aux transferts au gouvernement. Au final, on va essayer de trouver une meilleure lisibilité lors de ce Comité des signataires pour la mise en pratique de la fin de l’Accord de Nouméa afin d’aborder plus sereinement la question de l’accession à la pleine souveraineté en 2018.

Propos recueillis par C.M.

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