Les Républicains pour la liberté d’exporter

La stratégie minière à l’échelle du pays est en panne. Cela n’empêche pas la planète nickel de tourner et les mineurs de négocier leurs contrats. Le gouvernement semble toutefois peu enthousiaste à l’idée d’ouvrir une nouvelle filière d’exportation des latérites à destination de la Chine. Le groupe Les Républicains estime qu’il faut être pragmatique et savoir saisir les opportunités au bon moment.

Une tonne de nickel métal à 11 000 dollars, c’est faible, très faible. Les métallurgistes ne diront pas le contraire, la conjoncture n’est pas bonne et une des causes est à chercher du côté de la Chine qui a constitué des stocks de nickel vertigineux, stocks qui pèsent de manière négative sur les cours du LME, qui ne parviennent pas à retrouver des couleurs malgré les espoirs des observateurs. Des observateurs qui tablaient sur une reprise en 2015 et qui en sont pour leur frais.

Si les cours du nickel métal sont historiquement bas, ce n’est pas le cas du minerai qui, lui, fait défaut aux métallurgistes. Rare, il s’échange aujourd’hui à un prix relativement élevé. Au moment de la renégociation des contrats des mineurs calédoniens avec la société australienne Queensland Nickel (QNI), pour le moment le seul client pour les latérites (minerai à très faible teneur qui n’est pas valorisable en Calédonie) et ce, depuis 1988.

Une fiscalité
sur les exportations ?

Avec la renégociation, des contrats, c’est une nouvelle opportunité qui s’offre aux Calédoniens : exporter vers la Chine. Le gouvernement, dont l’autorisation est indispensable, n’y est pas forcément favorable. Philippe Germain, le président, estime qu’il est plus prudent de poursuivre un partenariat avec l’Australie plutôt que de tenter l’aventure avec les Chinois. Tout d’abord parce qu’exporter vers la Chine, étant donné son poids dans l’économie mondiale, c’est se tirer une balle dans le pied en confortant des prix bas sur le marché du nickel métal. Mais c’est aussi un risque que l’on fait courir aux petits rouleurs. En cas de suspension des contrats, ou d’offres plus alléchantes (en particulier en provenance des Philippines qui produisent un minerai nettement moins cher que les Calédoniens), les rouleurs et notamment ceux de la côte Est, se retrouveraient sans activité.

Ne pas être
« doctrinaire »

Pour les Républicains, « il ne faut pas être doctrinaire. Il faut s’adapter à un marché qui ne nous attend pas, note Grégoire Bernut. Le contexte est favorable pour le minerai. Maintenant, nous devons maîtriser la teneur et les volumes de manière à préserver nos intérêts économiques et sociaux. Ce contexte favorable est aussi le moment de lancer une réflexion sur la fiscalité. Pourquoi ne pas mettre en place une taxe sur le chiffre d’affaires des exportateurs, une taxe qui pèserait finalement sur les clients. » L’idée des Républicains est donc simple : faire en sorte que les opérateurs soient libres d’exporter, y compris vers la Chine. Et ce n’est pas le faible tonnage qui pourrait être vendu aux Chinois qui plombera davantage le cours du métal.

La liberté assurerait également, selon le nouveau groupe du Congrès, de meilleures conditions pour les Calédoniens (teneur, volume ou encore conditions de chargement) et l’impossibilité d’être pris en otage par QNI, en cas de ralentissement ou d’arrêt de l’usine de Yabulu, comme ce fut le cas en mars 2009. Une question loin d’être anodine, en particulier pour les rouleurs de la côte Est, dépendants de l’exportation des latérites. Le comité extérieur du nickel qui se réunit jeudi matin (après le bouclage de notre édition) devrait être animé, mais aussi l’occasion de voir quelle sera finalement la position officielle du gouvernement.

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L’Usoenc met son nez dans le nickel 

Comme elle l’avait déjà fait en 2010, l’Union des syndicats des ouvriers employés de Nouvelle-Calédonie (Usoenc) a présenté un nouveau rapport sur le nickel, réalisé en partenariat avec le cabinet d’études Syndex. L’Union syndicale donnera ses recommandations mardi 4 août mais a déjà donné quelques éléments de ce document de 120 pages. Il montre en particulier que la teneur à partir de laquelle on considère qu’un minerai est pauvre n’est pas forcément de 1,8 %, comme il est d’usage de le penser en Calédonie. Un élément important dans le cadre de négociation autour des latérites.

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L’UC affiche sa stratégie et soutien André Dang

Dans un communiqué, l’Union calédonienne a souhaité apporter son soutien à André Dang. D’après Daniel Goa, le président de l’UC, le patron de la SMSP et le président du gouvernement ont été violemment pris à partie par des membres du syndicat des rouleurs, des menaces de mort ayant même été proférées.

Impliqué dans la construction du pays et plus spécifiquement d’une politique minière, l’UC, par la voix de son président, apporte son soutien à André Dang et appelle à des discussions fondées sur l’intérêt général, l’équité et le respect des uns et des autres. Daniel Goa a également rappelé les dernières motions adoptées par le parti en matière minière, en novembre 2014. L’UC demande l’arrêt total des exportations de minerais bruts non générateurs de plus-values pour le pays, dans un processus progressif à achever d’ici 2019. Une redevance doit par ailleurs être mise en place au bénéfice du pays et des communes et l’Union calédonienne réclame enfin un véritable cadre réglementaire pour régir les exportations de minerais bruts.

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