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Le Ruamm au bord de l’effondrement

Le régime unifié d’assurance maladie et maternité de la Cafat sera prochainement en cessation de paiement si aucune réforme n’est menée. Après consultation, le gouvernement a dressé un inventaire des pistes et l’a transmis dès aujourd’hui, jeudi, au Congrès. Ce sera à la première institution de trancher.

Les élus sont arrivés au bout de l’exercice. Après avoir laissé la situation s’enliser pendant des années, il est arrivé ce qui devait arriver : elle a littéralement pourri. On pourrait presque rire de cette incurie si les Calédoniens, tous les Calédoniens, n’allaient pas être impactés par les mesures qui vont devoir être prises pour sauver le système de protection sociale calédonien. Si rien n’est fait, le Ruamm sera en cessation de paiement d’ici août-septembre et plus aucun soin ne sera remboursé. Autant dire qu’il y a urgence.

Créé en 2002, le régime couvrait 261 755 bénéficiaires, fin 2017, et était essentiellement financé par des cotisations (77 %) plutôt stagnantes, alors que les dépenses ne cessent de progresser (4,4 % en moyenne). En 2017, des subventions de l’ordre de 18,3 milliards de francs ont permis de boucler le budget. Pour 2018, le déficit s’est encore creusé, atteignant 23 milliards de francs. L’Agence sanitaire et sociale n’a cependant pas les moyens de combler ce déficit. Au mieux, elle pourra verser 14,4 milliards de francs. Il va donc rester un trou, pour ne pas dire un gouffre, de 9,9 milliards de francs.

Éviter l’instrumentalisation politique

Le seul point positif de la situation est que la fuite en avant doit maintenant cesser, faute d’argent public. Mais que faire ? Le gouvernement a effectué un travail d’expertise au travers de 25 réunions avec les professionnels, en présence de la Cafat, d’une mission de l’agence de coordination des organismes de sécurité sociale, d’une mission de la Caisse nationale d’assurance-maladie, d’une mission de l’Inspection générale des Affaires sociales, ainsi que d’une étude de l’Isee. Toutes ces propositions et ces chiffres, le gouvernement les a reçus, mercredi matin, avant de les retransmettre dès le lendemain (jeudi) au Congrès.

Pour Nicolas Metzdorf, le porte-parole du gouvernement également en charge du budget, « cette réforme doit être porté par l’ensemble des groupes politiques afin d’éviter toute instrumentalisation politique au Congrès ». Reste que le Congrès aura bien du mal à se dépatouiller avec un document relativement brut qui ne priorise aucune des actions et ne propose pas véritablement de plan d’action pour sortir de la crise. Car les mesures d’urgence devront rapporter de l’argent et rapidement.

Un plan de sauvetage

Comme l’a rappelé le membre du gouvernement en charge du budget, il faudra travailler aussi bien sur les dépenses que sur les recettes. Les Calédoniens peuvent donc s’attendre à être « grignotés » par les deux bouts. Et si Nicolas Metzdorf n’a pas voulu s’avancer quant aux mesures qui pourraient être indispensables, il fait peu de doute qu’il sera question de l’augmentation de la contribution calédonienne de solidarité, ainsi que de la TSS. Mais même ces mesures d’importance ne seront pas suffisantes. Il faudra probablement revoir l’alignement des cotisations des travailleurs indépendants sur celles des salariés ou encore déplafonner les cotisations pour la deuxième tranche de cotisations.

Autant de nouvelles peu réjouissantes qui devraient s’accompagner de mesures d’économies sur les dépenses qui pourraient aller d’une simple baisse des remboursements à un déremboursement complet de certains actes. Si les assurés sont probablement davantage mis à contribution, il est à peu près certain que tout le monde devra faire des efforts. Ce sera au Congrès de définir la part de chacun. Une chose est sûre, les élus du boulevard Vauban vont devoir faire vite d’ici l’ouverture de la session ordinaire, prévue en juin, s’il veut encore pouvoir sauver ce qui peut l’être. Et c’est sans même parler du travail à faire pour pérenniser le système et pas seulement le sortir de l’ornière.

M.D.

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