Le gouvernement appelle à se mobiliser contre la dengue

La Nouvelle-Calédonie est au niveau 3 de l’épidémie de dengue. Les autorités s’inquiètent de la possibilité d’une explosion des cas. Elles appellent les Calédoniens à prendre des précautions et à lutter contre les gîtes larvaires.

Les autorités sanitaires sont inquiètes. Les chiffres ne sont pas bons et les perspectives ne laissent pas entrevoir de ralentissement du nombre de personnes contaminées par l’arbovirose. Jean-Paul Grangeon, le directeur adjoint de la Dass-NC, prévient même que « cette épidémie pourrait être l’une des pires que la Nouvelle-Calédonie ait connues ». En cause, le type de la dengue qui frappe l’ensemble du territoire, mais de manière plus importante encore le Grand Nouméa. « Cela fait près de vingt ans que les Calédoniens n’ont pas été confrontés au type 2, ils ne sont donc pas immunisés », précise encore le docteur Grangeon.

Depuis le 1er janvier, plus de 1 430 cas ont été enregistrés par les autorités sanitaires. Dans ce laps de temps, 89 personnes ont été hospitalisées dont sept placées en réanimation et une est décédée, le 6 février. Pour faire face au pire et éviter les 13 décès enregistrés en 2017, le gouvernement a engagé près de 100 millions de francs afin d’apporter une aide aux communes et renforcer ses propres dispositifs. Une unité est ainsi prête à être activée au sein du CHT à partir du moment où plus de cinq patients sont admis par jour.

Respecter les bonnes pratiques

Mais au-delà des actions engagées par les collectivités, les autorités appellent les Calédoniens à la plus grande vigilance. Elles les encouragent aussi à se protéger grâce à des répulsifs et des moustiquaires, en particulier pour les personnes les plus fragiles. Il convient notamment d’appliquer des répulsifs aux enfants avant de les emmener à l’école le matin. Pour bien choisir son répulsif, la Direction des affaires sanitaires et sociales publie sur son site internet un flyer détaillant les préconisations des autorités sanitaires internationales. Les produits efficaces doivent notamment contenir un minimum de 20 % de substances actives. Il est également important de détruire les gîtes larvaires et de vider tous les récipients pouvant contenir de l’eau au moins une fois par semaine. Le gouvernement conseille encore de se protéger des piqûres en portant des vêtements clairs, qui couvrent les bras et les jambes sans oublier l’usage des diffuseurs électriques en intérieur et des tortillons en extérieur.

En cas d’apparition de symptômes, en particulier fièvre avec douleurs musculaires ou articulaires, éruption cutanée, asthénie, douleur rétro-orbitaire, il faut consulter son médecin. Il convient également de boire beaucoup d’eau, au moins deux litres par jour, de prendre au besoin du paracétamol sans dépasser les 3 grammes par jour les adultes. Les personnes présentant des symptômes doivent absolument se protéger des piqûres afin d’éviter de transmettre la maladie. Il ne faut surtout pas prendre d’aspirine, ni d’anti- inflammatoire et consulter son médecin si les malades suivent déjà un autre traitement. Les enjeux sont importants en matière de santé publique, mais également du point de vue économique. La Dass-NC a ainsi estimé le coût d’une épidémie moyenne pour les collectivités à 1,6 milliard de francs. Un coût qui comprend, la prise en charge des patients hospitalisés ou encore les arrêts maladie.


La dernière épidémie à Nouméa ?

Depuis près de deux ans, la mairie de Nouméa, l’Institut Pasteur, le gouvernement ainsi que l’université australienne Monash travaillent sur le projet Wolbachia, une bactérie qui bloque la transmission du virus de la dengue, mais aussi celui du Zika et du chikungunya. Une étude sur la perception du programme par la population est actuellement en cours. Concrètement, cela va consister à inoculer la bactérieWolbachia à des moustiques, puis de les relâcher afin qu’ils puissent transmettre la bactérie aux autres moustiques. La Dass- NC estime que le programme 90 % de chance de réussir. Les premiers lâchers devraient commencer début juillet et durer six mois. Le risque d’épidémie pourrait être réduit dès 2020.

M.D.

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