Goa s’en prend à la SLN : « Des propos intolérables », pour L’avenir en confiance

Le comité directeur extraordinaire de l’Union calédonienne s’est tenu ce week-end à Poya. Daniel Goa en a profité pour attaquer la SLN avant d’aborder les provinciales. L’avenir en confiance condamne sans réserve les propos du président de l’UC.

Devant les militants, le président de l’UC n’a pas mâché ses mots lors du discours d’ouverture du comité de Poya. Daniel Goa a eu des propos d’une extrême fermeté envers la SLN. L’entreprise serait coupable, selon lui, « d’intolérables menaces permanentes au chantage à l’emploi, au retrait et à la fermeture de sites », ajoutant que les industriels opérateurs et miniers « nantis et coupables d’évasion fiscale (…) n’étaient là que pour l’argent » laissant « la pollution » derrière eux. Daniel Goa est même allé plus loin : « Nous ne les retiendrons pas s’ils estiment que les conditions économiques de l’activité nickel ne sont pas bonnes en Nouvelle-Calédonie. » La solution pour le président de l’UC serait de récupérer la souveraineté sur les gisements une fois le pouvoir en main. « Nous réorienterons la politique de l’accès aux ressources naturelles pour en tirer des rentes au profit du pays, de ses habitants et des générations futures. (…) Nous réclamerons le retour de nos titres miniers dans la STCPI ou dans une structure ad hoc et demanderons la prise de contrôle de la société à hauteur de 76 %. »

Des propos condamnés

L’avenir en confiance n’a pas tardé à condamner sans réserve les propos de Daniel Goa. La véhémence avec laquelle s’est exprimé Daniel Goa est « proprement intolérable. Ses propos font insulte à des générations de Calédoniens qui travaillent ou ont travaillé à la SLN, aux sous- traitants qui agissent pour le développement économique, à des milliers de familles qui ont toujours tiré fierté d’œuvrer aux côtés de la plus vieille usine métallurgique du territoire ».
Le président de l’UC a clairement dévoilé ses thèses : le départ d’Eramet, la prise de contrôle de la société par la Nouvelle-Calédonie et la nationalisation du domaine de la SLN. L’avenir en confiance s’oppose fermement à cette conception « mortifère marxiste de l’économie et des finances publiques » et en profite pour affirmer sa position : Eramet doit demeurer un acteur engagé dans la SLN et apporter « sa puissance technologique et son soutien capitalistique ».

La Calédonie doit préserver l’équilibre de ses finances publiques en refusant de prendre la majorité de la SLN dont « la dette et les diffcultés ne peuvent être supportées par les contribuables et conduiraient à la faillite de la collectivité. » Enfin, L’avenir en confiance rappelle que la liberté du commerce et d’entreprendre, y compris en matière minière et métallurgique, doit être préservée, « sans que cette position occulte une réflexion sur la fiscalité relative aux extractions. »

Pour la liste d’union, les dernières déclarations de Daniel Goa sont à rapprocher de celles d’octobre dernier, lorsqu’il avait qualifié les partis loyalistes « d’axes du mal » et soutenu que « ce pays kanak obtiendra inéluctablement son indépendance, avec ou sans eux ». Pour L’avenir en confiance, « désormais les choses sont claires ! »

Mobilisation pour les provinciales

Si Daniel Goa a pu donner ce week-end à ses sympathisants sa position sur les mines et la SLN, ce sont les provinciales qui devaient pourtant être au cœur de ce comité directeur de Poya. Le président de l’UC a tenu à rappeler certains points et en mettre d’autres en avant, comme le renouvellement de ses rangs dans le cadre des élections de mai. Daniel Goa en appelle ainsi aux jeunes : « Les ignorer nous vaudra une sanction sans équivoque. Il faut faire émerger des jeunes leaders politiques indépendantistes pour gagner les élections provinciales, mais aussi pour le référendum de 2020. »

Autre objectif, arriver à changer la donne sur le Grand Nouméa. Le leader indépendantiste pense qu’il faut inciter les populations du Nord et des Îles, qui résident dans le Grand Nouméa, mais votent dans leur village ou tribu, à changer de bureaux de vote. « Nouméa ne doit plus être une ville blanche, elle est une ville colorée et métissée à l’image de notre peuple. C’est une citadelle à prendre. Il en est de même pour les trois autres communes (ndlr : Mont-Dore, Païta et Dumbéa) », a déclaré Daniel Goa.

Enfin dernier objectif, l’UC souhaite ouvrir ses listes à d’autres formations indépendantistes, en priorité dans le Nord où la « poussée nationaliste » est « très forte ».

C.S

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