Branle-bas de combat dans les mairies

Les trente trois mairies du territoire sont en première ligne, avec le haut-commissariat, pour l’organisation et l’encadrement du scrutin de dimanche. Conscientes de l’enjeu qui se profile, elles prennent leur mission très à cœur. Exemple de ce travail de l’ombre, au Mont-Dore.

Les mairies sont les garantes de l’organisation matérielle des élections et leur irréprochabilité. L’enjeu de cette échéance est forcément particulier, tout comme le travail à accomplir, qui difère sensiblement des scrutins habituels.

Le Mont-Dore, deuxième commune plus importante du territoire, comptait en début de semaine 17 394 électeurs sur sa liste spéciale. La ville tiendra dimanche 25 bureaux de vote et en raison de son étendue, se reposera sur deux centres pour le matériel électoral, en mairie à Boulari et en mairie annexe à Plum.

Le service de l’état civil et des élections comprend quatre agents, aidés pour cette mission par cinq personnes polyvalentes et ponctuellement, de membres d’autres services, d’élus. Il n’en fallait certainement pas moins, vu la tâche à accomplir.

Liste évolutive

Le premier volet d’intérêt pour la mairie est la liste électorale spéciale pour le référendum, la fameuse LESC. Comme partout, il s’agit d’œuvrer pour qu’elle soit la plus exhaustive possible, la plus juste. Bien qu’elle ait été établie dans sa large majorité, elle est susceptible d’évoluer jusqu’au dernier moment, avec des inscriptions supplémentaires, l’effacement de doublons éventuels, de personnes décédées ou de radiations, selon les éléments analysés par la justice, le haut-commissariat et l’Isee. Toutes les inscriptions sont rentrées dans un logiciel unique dénommé Sigal.

Mardi, vingt-deux nouvelles inscriptions sont ainsi parvenues au bureau des élections du Mont-Dore « dont celle d’un jeune qui avait la même situation que sa sœur, mais qui, contrairement à elle, ne gurait pas sur la liste », détaille Vaea Frogier, adjointe au maire en charge des élections, de l’état civil et du service à la population.

La mairie est aussi partie prenante dans ce processus d’établissement de la liste. Depuis des mois, tous les moyens ont été utilisés pour sensibiliser les administrés au vote, à la liste spéciale, à la carte électorale, aux procurations : il y a eu des affichages classiques, des avis dans les boîtes aux lettres et même des mots sur les redevances d’ordures ménagères, à la caisse des écoles…

Le bureau reçoit par ailleurs les personnes au sein de ses permanences, aide à monter les dossiers quand c’est nécessaire. Et puis la collectivité a surtout fait le choix d’aller au devant de la population. Les agents, aidés d’élus, de médiateurs de nuit et de jeunes du dispositif Action citoyenne ont sillonné la commune durant deux jours et demi pour distribuer directement 11 000 cartes électorales. « L’idée de cette action de proximité était vraiment de tout faire pour déminer les situations avant le jour du vote pour éviter les problèmes », poursuit Vaea Frogier.

Cette action de terrain a aussi permis aux équipes municipales de « continuer à faire de la pédagogie sur les conditions du vote, de sensibiliser à l’acte du vote, mais aussi de vérifier que les gens avaient un moyen de se déplacer le jour J et sinon, d’établir une procuration ».

Les problématiques sont diverses : il y a de « rares cas » d’erreur matérielle, il y a aussi des non-natifs qui s’offusquent de ne pas être sur la liste sans avoir fait de démarches, d’autres qui se plaignent que leur bureau de vote est trop loin de leur domicile, là encore, sans avoir fait de démarche pour signifier leurs changements d’adresse aux autorités.

Les réclamations peuvent encore être reçues tout comme les procurations (plus de 500 ont déjà été établies). La mairie gardera sa permanence ouverte toute la semaine et exceptionnellement, ce jeudi, jour férié, à la demande du haut-commissariat, pour recevoir les administrés.

Enfin, s’il est trop tard pour les soucis organisationnels des bureaux, toutes les informations collectées sur le terrain et en mairie, quelles qu’elles soient, viendront enrichir les fichiers de la mairie et seront donc utiles pour la suite.

Circulaire, après circulaire

Outre les situations des administrés, au fil des jours, les communes doivent aussi prendre en compte les circulaires de l’État. Elles viennent détailler ou préciser le matériel qui doit figurer dans les bureaux de vote, les conditions à remplir pour être assesseur ou scrutateur du dépouillement ou encore l’affectation des délégués de la Commission de contrôle, les délégués de l’Onu et notifier la présence de membres du Fer de lance ou du Comité des sages. « Même si nous avons l’expérience des scrutins précédents, il y a de vrais spécificités et il faut pouvoir être très réactif quand nous recevons ces informations de la part de l’État », nous dit Nathalie Jean, chef du service de l’état civil et des élections.

Pour faire face aux problèmes éventuels, les mairies de l’agglomération peuvent compter les unes sur les autres et sur un lien permanent avec le haut-commissariat. « Nous regardons aussi ce que font les autres mairies et pouvons nous inspirer », ajoute Vaea Frogier nous montrant un avis à la population émis par la ville de Koumac.

Dernière ligne droite

En mairie, une salle dont la clé a été refaite « par mesure de sécurité » renferme déjà tout le matériel des bureaux de vote. Il a fallu recompter l’ensemble des bulletins, enveloppes, affichages, feuilles destinées aux assesseurs… Ne reste qu’à ajouter les listes et le tout pourra partir vers les bureaux, dimanche. Le jour J, il faudra aussi gérer toute la logistique des bureaux, nourrir le personnel et travailler jusqu’au soir pour le dépouillement.

Un dispositif « habituel » de sécurité, nous dit- on, a été mis en œuvre pour la commune avec la gendarmerie et la direction de la sécurité. « Nous n’avons pas ce sentiment que nous avons pu avoir par le passé, de cocotte-minute », note Vaea Frogier, rassurante.

Le lendemain, lundi, la vie reprendra normalement à la mairie du Mont-Dore, avec la satisfaction d’un gros travail accompli. Quel que soit le résultat, les agents seront au service des administrés et « s’adapteront aux besoins qui se feront ressentir ». Et puis il s’agira de poursuivre les missions du quotidien, gérer les cantines, les décorations de Noël et un millier d’autres choses…


Dérogation pour l’île Ouen

L’île Ouen est le seul bureau de vote du territoire à avoir reçu une dérogation sur les horaires d’ouverture. Le bureau sera ouvert de 7 h à 17 h tandis que les autres seront ouverts de 8h à 18h. Alors que Tiga et Belep bénéficieront d’un hélicoptère pour acheminer le matériel et le personnel des bureaux de vote, il faudra à l’île Ouen faire un acheminement par bateau et donc s’adapter à la météo pour pouvoir être dans les temps. Le haut-commissariat permet ce genre de dérogation en fonction des contraintes, « à condition que l’on reste sur la même amplitude horaire d’ouverture ». La journée devrait être calme à l’île Ouen : 96 électeurs y sont inscrits.

C.M

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