« Attention à ne pas trop tarder pour inverser la tendance ! » prévient Grégoire Bernut

Si quelques engagements économiques importants ont été pris lors du Comité des signataires, notamment sur le nickel, à Paris les loyalistes ont démontré que le pays était en difficulté aux représentants de l’État, lucides sur la situation économique de la Nouvelle- Calédonie. Une situation alarmante, malgré le déni du président du gouvernement et de l’alliance CE- FLNKS qui avancent des chiffres sur la croissance hors de la réalité. Grégoire Bernut, secrétaire général des Républicains calédoniens nous livre son analyse.

DNC : La Nouvelle-Calédonie traverse une période de ralentissement économique et les perspectives d’un retour à la croissance sont faibles. Comment l’expliquez-vous ?

Grégoire Bernut : Plusieurs facteurs ont contribué à ce ralentissement économique. Il y a bien sûr la période actuelle, marquée par une forte incertitude sur l’avenir institutionnel du territoire. En particulier depuis que les indépendantistes ont déclaré qu’ils souhaitaient organiser le deuxième voire le troisième référendum dans la foulée du premier. La conjoncture du secteur du nickel, dont les cours ont récemment et à nouveau chuté autour de 11 000 dollars la tonne, et la possible faillite de la SLN entretiennent également cette morosité ambiante. Mais ce n’est pas tout. La politique économique, fiscale et sociale de ces quatre dernières années a également porté un coup non négligeable à la croissance.

Quelles sont les conséquences de cette politique économique ?

L’économie calédonienne est asphyxiée par la fiscalité et les charges. Les prélèvements sont désormais trop lourds, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. Ils sont devenus contre-productifs, en particulier pour nos nances publiques et nos régimes sociaux dont les ressources ne cessent de dégringoler depuis quatre ans. Mais également pour l’emploi dans le secteur privé, qui ne cesse de reculer depuis quatre ans.

Comment inverser cette tendance ?

En cette période de sortie de l’Accord de Nouméa, l’économie de la Nouvelle-Calédonie a bien trop souvent été sacrifiée sur l’autel de la politique. C’est vrai en ce qui concerne son avenir institutionnel. Tant qu’aucune solution institutionnelle ne sera trouvée pour offrir de nouvelles perspectives aux Calédoniens, qui n’attendent que ça pour renouer avec la confiance comme au lendemain de la signature de l’Accord de Nouméa, l’instabilité prévaudra.

Quel est le poids de l’annonce des autres référendums voulus par les indépendantistes ?

Ce ne sont pas les deuxième voire troisième référendums qui permettront d’arranger les choses. Bien au contraire… Nous devrons donc rapidement envisager la suite pour retrouver le chemin de la confiance. L’espace de dialogue proposé par le Premier ministre dans le cadre du Comité des signataires n’étant envisagé par les partenaires qu’après les élections provinciales, il faudra donc attendre. Mais attention à ne pas trop tarder non plus ! C’est également vrai en matière de nickel.

Et en particulier en ce qui concerne la SLN ?

La SLN, dont la possible faillite aurait des conséquences systémiques désastreuses sur l’économie de la Nouvelle-Calédonie. Pour éviter cette catastrophe économique et sociale, pour préserver l’existant, un vrai dialogue sur son sauvetage à long terme est désormais indispensable. Nous sommes dos au mur et les indépendantistes devront une fois pour toutes se positionner clairement sur ce qu’ils souhaitent pour son avenir. En ce sens, pourvu que cela se traduise rapidement par des mesures concrètes, nous pouvons nous féliciter des avancées obtenues au dernier Comité des signataires concernant la volonté des partenaires d’accompagner la SLN. Pour autant, il en faudra plus pour sauver la vieille dame et le sujet devrait rapidement revenir sur la table.

Pouvez-vous aller plus loin quand vous dites que la politique économique, fiscale et sociale de ces quatre dernières années a également porté un coup non négligeable à la croissance ?

S’il est un domaine où l’économie de la Nouvelle-Calédonie a été sacrifiée sur l’autel de la politique, c’est bien celui de la politique économique, fiscale et sociale. Prenez l’exemple de la TGC. Qui peut croire en effet que l’instauration d’une nouvelle taxe va faire baisser les prix ? Cela relève de la plus élémentaire des démagogies. La fiscalité est faite pour garantir des ressources budgétaires stables et pérennes à la collectivité et, parallèlement, pour être utilisée comme un outil de développement, d’incitation à l’activité économique. Soutenir l’emploi pour redonner à nos entreprises l’envie d’embaucher, rendre du pouvoir d’achat pour redonner aux ménages calédoniens l’envie de consommer, rétablir l’équilibre des finances publiques et sauver notre système de protection sociale, voilà les objectifs précis qu’il nous faudra atteindre durant les prochains mois. C’est à ce prix que nous pourrons inverser la tendance.

C.S

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