Un navire échoué aux Chesterfield

Un bateau a été très probablement volontairement échoué sur le récif de Bampton, dans la réserve intégrale des Chesterfield du parc de la mer de Corail, il y a une quinzaine de jours. Une mission de la Marine nationale a été dépêchée sur les lieux afin de recueillir davantage d’éléments. Les militaires ont pu constater l’abandon du navire par son équipage qui aurait soigneusement pris le temps d’effacer ses marques d’identification. Une évaluation des risques de pollution a été engagée, d’autant que selon les premières constatations, le navire est fortement échoué et ses cales sont remplies d’eau. Un déséchouement pourrait s’avérer délicat, sans compter que le bateau se trouve loin des côtes.

Le gouvernement indique, par ailleurs, que ce caboteur d’une trentaine de mètres a fait l’objet d’un « suivi attentif par la Marine nationale, en lien avec les autorités australiennes ». Si le suivi était « attentif », il est étonnant que les autorités ne disposent pas d’information plus précise. Le procureur de la République, Alexis Bouroz, a indiqué pour sa part qu’une enquête judiciaire avait été confiée à la gendarmerie maritime pour trois séries d’infractions. L’enquête portera notamment sur l’infraction à l’arrêté instaurant des réserves à Chesterfield, Bellona, Entrecasteaux, Petrie et Astrolabe, l’occupation illégitime du domaine public maritime et l’infraction au code des transports pour dissimulation de pavillon et de l’identité du navire.

Cet événement met en lumière le manque de moyens mis en place pour assurer la surveillance et la protection du parc naturel de la mer de Corail qui couvre une surface de 1,3 million de kilomètres carrés. Si le parc a été créé en 2014, il reste encore de très nombreux dossiers à traiter et en particulier, la création de la structure censée en assurer la gestion. De la même manière, certains membres du comité de gestion continuent de dénoncer des déséquilibres et l’absence de prise en compte de leurs positions. Le cas des croisières prévues par la compagnie du Ponant aux Chesterfield en est la parfaite illustration. Après avoir défendu la venue de bateaux à proximité de ces récifs pristines, le président du gouvernement a finalement retourné sa veste et décidé d’un classement de cette zone en réserve intégrale, sans même avoir consulté le comité scientifique.

M.D.

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