Yann Caron, directeur de l’IEOM NC : « Elles sont plus petites, plus légères et plus pratiques »

À partir du 1er septembre, une petite révolution va toucher nos porte-monnaie. Les pièces de un et de deux francs vont progressivement disparaître tandis que celle de 200 francs sera mise en circulation. Yann Caron nous explique les modalités et les conséquences de cette évolution.

DNC : De nouvelles pièces entrent en circulation à partir du 1er septembre. Qu’est-ce qui va changer ?

Yann Caron : Les pièces de un et de deux francs vont progressivement être retirées de la circulation, ce qui va nécessiter l’utilisation de la règle des arrondis. Parallèlement, la gamme va être élargie avec la mise sur le marché d’une pièce de 200 francs qui a pour objectif de simplifier les achats. L’introduction de cette pièce émane assez largement des attentes des autorités et des collectivités avec lesquelles nous travaillons. En résumé, nous disposerons donc d’une nouvelle gamme de pièces de 5 à 200 francs.

Sur quels critères ont-elles été élaborées ?

Un choix a été fait concernant les alliages, les dimensions et le magnétisme, pour ne pas les confondre avec d’autres pièces en circulation. Il fallait aussi qu’elles puissent être facilement identifiées par des mal voyants. Elles sont plus petites et plus légères, donc plus pratiques. Enfin, cette gamme possède moins de métal pour préserver l’environnement.

Concrètement, comment va se dérouler l’introduction des nouvelles pièces ?

On va tout faire par le biais des achats via les commerçants et les entreprises. Il faut savoir que chaque billet et chaque pièce qui circulent en Nouvelle-Calédonie proviennent de l’IEOM. Sauf, évidemment, lorsque quelqu’un introduit de la monnaie de Polynésie française ou de Wallis-et-Futuna. Lorsqu’un commerçant a besoin de cash, il en fait la demande à sa banque qui nous transmet la commande. Les pièces sont fabriquées en Métropole, elles arrivent par bateau et nous les stockons en sécurité. Les transporteurs de fonds viennent chez nous, prennent la quantité demandée et l’apportent aux banques qui les reversent aux magasins ou aux commerçants lorsqu’il s’agit d’une grande surface, par exemple. Les nouvelles pièces vont être émises par ce circuit.

Comment allez-vous récupérer les anciennes ?

Le circuit de retour se fait en parallèle du circuit d’émission. Lorsque vous irez chez un commerçant ou au marché, par exemple, vous allez payer avec d’anciennes pièces. Le commerçant vous rendra la monnaie avec les nouvelles. Ces anciennes pièces seront ensuite envoyées à l’IEOM et nous les expédierons par bateau en Métropole. C’est le moment de ressortir toutes les petites pièces qui traînent ou que l’on stocke dans des pots de confiture pour s’en débarrasser !

Pendant combien de temps les anciennes et les nouvelles pièces vont-elles cohabiter ?

Neuf mois. Jusqu’au 1er juin 2022, on peut utiliser toutes les pièces. Mais il va falloir que, petit à petit, on retire les anciennes. C’est très important d’étaler cette opération dans le temps. Cela va permettre aux gens de s’habituer et de procéder à l’échange. Mais l’enjeu, c’est qu’au 1er juin, il n’y ait que les nouvelles pièces en circulation et que nous ayons récupéré toutes les anciennes.

Et si l’on retrouve d’anciennes pièces après cette date ?

Les gens ne pourront plus les utiliser chez les commerçants, car elles n’auront plus de cours légal. En revanche, ils pourront les rapporter à l’IEOM pour qu’on les échange. C’est ce qui est fait avec les anciens billets, retirés de la circulation en 2014.

Les nouvelles pièces vont-elles pouvoir servir dans les caddies, les horodateurs et autres automates ?

Si vous mettez une ancienne pièce dans un parcmètre, elle sera rejetée ou elle bloquera l’appareil. Les automates vont devoir être réglés par des spécialistes. Ce travail va se poursuivre.

Comment les entreprises vont-elles ajuster leur comptabilité par rapport aux arrondis ?

Certaines entreprises ont dû ajuster leurs prix, leur comptabilité ou leur système informatique. Elles ont le choix, mais il faut qu’elles soient prêtes au 1er septembre ou qu’elles aient de la souplesse durant la phase intermédiaire. Nous avons aussi travaillé avec l’ordre des experts- comptables qui a donné des consignes avec l’accord des services fiscaux.

Doit-on s’attendre à une augmentation des prix ?

La règle des arrondis s’équilibre en ajustant les prix au dessus ou en dessous. Certaines entreprises vont être amenées à arrondir leurs prix. Là encore, au dessus ou en dessous, ça devrait donc aussi s’équilibrer. Si la monnaie est une compétence de l’IEOM, les prix sont une compétence gouvernementale, nous ne pouvons donc pas donner de directives sur ce point.


Cagou et flèches faîtières

Cette nouvelle gamme est commune aux trois archipels : Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et Futuna. Sur chacune des pièces figurent des motifs de faune et de flore, déjà présents sur nos billets actuels. « Les autorités locales tenaient beaucoup à ce que des signes culturels figurent sur les nouvelles pièces », précise Yann Caron. On retrouve désormais des flèches faîtières sur la pièce de 200 francs, une case sur la pièce de 100 francs et un cagou sur la pièce de 50.


180 millions

C’est le nombre de pièces mises en circulation en Nouvelle-Calédonie depuis plus de quarante ans… On importe habituellement cinq millions de pièces par an, simplement pour assurer le flux quotidien. « Certaines ont été perdues ou dégradées, donc il y en a un peu moins à récupérer aujourd’hui », indique Yann Caron.


Les 1 et 2 francs refondus

Les anciennes pièces de un et de deux francs vont être collectées puis réexpédiées en Métropole à la Monnaie de Paris qui les rachète au poids du métal. « Ces étapes sont hautement sécurisées, on ne transporte pas des cacahuètes. » Les pièces sont ensuite refondues et réutilisées.

V.G.

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