À 23 ans, le rappeur et slameur Wyka organise plusieurs ateliers auprès des jeunes et de différents publics. Il transmet sa passion de l’écriture et aide chacun à trouver sa voix.
Assis autour d’une table avec des enfants, Wyka les initie au slam. Une feuille, un stylo et quelques mots prononcés spontanément suffisent pour former des rimes. Depuis qu’il a découvert cette pratique, adolescent, le chanteur de 23 ans a su qu’il en ferait quelque chose plus tard. « J’avais 14 ans quand Simane* est venu dans ma classe animer un atelier de slam. C’est à ce moment que j’ai commencé à écrire […] Par la suite, j’ai fait mon stage découverte de 3e avec lui, je l’accompagnais dans ses ateliers. J’ai compris que c’était que je voulais faire dans la vie », raconte-t-il.
Encouragé par sa professeure de français, il remporte deux concours de slam au Conservatoire de musique (Conservatoire des arts aujourd’hui). En parallèle, il crée des morceaux de rap, où il délivre des messages engagés. Il fonde avec un ami son groupe, Baby Old Mic.
L’écriture est pour lui une thérapie. Elle l’aide dans un premier temps à surmonter la disparition de son père, puis à traverser les bas de sa vie. « Ça m’a aidé à mettre des mots sur des maux et à alléger le poids que j’avais sur les épaules », décrit-t-il.
« DES ÉTOILES DANS LEURS YEUX »
À son tour, il organise ses propres ateliers de slam, animé par l’envie de « transmettre et partager ». Il en propose dans différents quartiers de Nouméa, mais aussi au sein de certaines structures, comme au Giep, Groupement pour l’insertion professionnelle, et au Camp-Est. Des ateliers qui ont sans doute porté leurs fruits, puisqu’« on me rappelle souvent après. Le bouche à oreille a fonctionné ».
Avec le Rex, il participe au projet « Studio mobile », visant à faire des ateliers de slam et de rap sur plusieurs communes, des quartiers populaires de Nouméa jusqu’à Houaïlou. « Nous avons permis à beaucoup de jeunes d’enregistrer leurs sons. » La joie sur le visage des enfants et l’impression de contribuer au bonheur d’autrui le nourrissent. « J’ai déjà vu des personnes fondre en larmes à la lecture d’un texte qu’ils avaient écrit en atelier », se souvient-il.
Les ateliers avec les enfants semblent être ses préférés. « Souvent lorsqu’on commence, ils pensent que ça va être un cours de français. Puis peu à peu, je vois des étoiles dans leurs yeux. C’est satisfaisant ».
Son rêve : que sa musique soit diffusée dans le Pacifique. En 2024, il a eu l’occasion de participer au Fest’Napuan, « un grand festival de musique organisé au Vanuatu, auquel ont assisté plus de 40 000 personnes ». Aux jeunes qui souhaiteraient suivre son chemin, il aimerait dire que « des opportunités existent dans la musique. Elle peut nous ouvrir des portes, il est possible d’aller loin ».
Nikita Hoffmann
*Simane Wenethem, slameur et danseur.

